Manolo Blahnik, le spécialiste de l'escarpin

Styliste espagnol, Manolo Blahnik est le chausseur des stars. De "Sex & the City" à Rihanna, découvrez le parcours de ce créateur singulier.

Manolo Blahnik, le spécialiste de l'escarpin
© Efe/ABACA

De Carrie Bradshaw dans Sex & The City aux plus grandes stars, elles sont toutes fans des souliers parfaits de Manolo Blahnik. Mais qui est vraiment le chausseur espagnol ?

Une passion pour la mode

Manuel Blahnik Rodríguez voit le jour à Santa Cruz de La Palma, en Espagne, le 27 novembre 1942. Il grandit au cœur d'une plantation familiale de bananes, au beau milieu de la nature. Rien, donc, ne le prédestinait à se lancer dans la mode. Ses parents choisissent de lui faire l'école à la maison et l'emmènent régulièrement en vacances à Paris et Madrid. Des villes qui transpirent la mode et qui font naître chez lui une passion pour les vêtements et les accessoires. Très vite, il pique les magazines de mode auxquels sa mère est abonnée. Il observe d'ailleurs souvent cette dernière fabriquer ses propres souliers à partir de dentelle et de rubans. Sa famille déménage ensuite en Suisse, à Genève. Il y rejoint l'université de la capitale helvète; ses parents veulent alors qu'il devienne diplomate. Il s'envole finalement pour Paris pour étudier à l'École nationale du Louvre et à l'École nationale supérieure des beaux-arts dans le but de devenir décorateur de théâtre. En 1970, il s'installe à Londres, travaille quelque temps dans une boutique pour finalement être embauché en tant que photographe par la Sunday Times.

Des débuts prometteurs

Mais sa carrière va prendre un véritable tournant lors de vacances à New York, en 1971. Sous l'impulsion de ses amis Paloma Picasso et Eric Boman, il présente quelques dessins à Diana Vreeland, alors rédactrice en chef du Vogue américain. Le verdict est sans appel : elle lui conseille vivement de se lancer dans la chaussure. Il commence à proposer des dessins à la boutique londonienne Zapata. Il se fait remarquer en 1972 par les journalistes lorsqu'il réalise les souliers pour le défilé d'une amie, Ossie Clark. Mais il n'a aucune connaissance en fabrication de chaussures et son premier modèle, baptisé Ivy, est un échec. Il rachète Zapata en 1973 avec sa sœur, et ils ouvrent ainsi ensemble leur première boutique à Londres. Le succès frappe enfin à sa porte. En 1978, il s'installe chez Bloomingdale's, aux États-Unis, avant d'ouvrir une première boutique new-yorkaise sur la très célèbre Madison Avenue l'année suivante. Il offre ses services à de nombreuses maisons de mode — telles que Calvin Klein, John Galliano ou encore Oscar de la Renta.

Un style unique

Quelques ouvertures de boutiques partout dans le monde suffisent à asseoir sa notoriété. Sa marque de fabrique ? Les escarpins perchés sur des talons de 10 cm pourvus de perles et de rubans. "Vieux jeu" ? C'est ainsi que le designer se décrit, expliquant privilégier les modèles intemporels : des escarpins, donc, comme ses fameuses Mary Jane, mais aussi des mules, des sandales et des boots qui donnent le tournis. "Prenez mon sac, mes bijoux et ma montre, mais pas mes Manolo" : prononcée par Carrie Bradshaw (interprétée par Sarah Jessica Parker) dans la série américaine Sex & the City, cette phrase culte propulse le créateur au rang d'icône. Un statut avec lequel il n'est pas à l'aise, loin de là : "Si les gens me parlent de Sex & the City, ça me rend malade. Maintenant, même les chauffeurs de taxis me reconnaissent. Ça fait trop et ça me met mal à l'aise. Je n'ai jamais voulu être une célébrité", a-t-il un jour confié au Sunday Telegraph. En 2001, il reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le ministère de l'éducation, de la culture et des sports espagnol. Une récompense à la hauteur de son talent pour un créateur aussi adoubé par les stars, dont la chanteuse Rihanna avec qui il a collaboré à plusieurs reprises.
 

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