Cette chanson qui dure 17 minutes est devenu un morceau mythique, encore culte 50 ans plus tard

Près de dix-sept minutes au compteur. Et pourtant, un statut de morceau culte qui ne se dément pas un demi-siècle plus tard.

Cette chanson qui dure 17 minutes est devenu un morceau mythique, encore culte 50 ans plus tard
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En 1977, le groupe Grateful Dead, figure légendaire de la scène rock de San Francisco, sort un album qui va marquer son histoire : "Terrapin Station". Le disque, neuvième effort en studio de la formation menée par le guitariste Jerry Garcia, paraît le 27 juillet 1977 sous le label Arista de Clive Davis. C'est leur premier vrai retour en studio après deux ans de pause loin des tournées.

L'écriture de la chanson-titre tient presque du conte. Le parolier Robert Hunter raconte avoir tout couché sur le papier en une seule séance, pendant un orage exceptionnel sur la baie de San Francisco. "Il y avait une grande tempête dehors et je me sentais vraiment galvanisé en la regardant par les fenêtres", expliquait-il. Le même jour, Jerry Garcia traversait le pont Richmond–San Rafael quand une mélodie lui est venue en tête. Il a fait demi-tour pour la noter chez lui avant qu'elle ne s'échappe. "Quand nous nous sommes rencontrés le lendemain, je lui ai montré les mots et il m'a dit : J'ai la musique", se souvient Hunter.

Le résultat, intitulé "Terrapin Station", dure seize minutes et demie et occupe à lui seul toute la face B du vinyle. Une suite en sept parties, à mi-chemin entre rock, folk et progressif, qui déroule une histoire mystérieuse de marins, de soldats, de destin et de sagesse, inspirée d'une vieille ballade anglaise, "The Lady of Carlisle". Trop long pour les radios classiques, le morceau est pourtant rapidement devenu l'un des plus aimés du groupe. Près de cinquante ans plus tard, fans et critiques en font toujours l'un des sommets artistiques des Grateful Dead.

Sur scène, "Terrapin Station" est vite devenu un moment à part. Dès les premières notes, le public savait qu'un grand passage allait s'ouvrir. Garcia lui-même, en 1977, expliquait que la version live était "plus lente, mais c'est juste parce que c'est le bon tempo". Avec deux batteurs qui cognaient en cadence derrière, disait-il en substance, on suit le mouvement ou on se fait rouler dessus. Le morceau est resté un pilier des concerts du groupe jusqu'à la fin de leur carrière.

L'album, lui, a profondément divisé la bande. Le producteur Keith Olsen, imposé par la maison de disques, avait ajouté cordes, cuivres, chœurs et arrangements orchestraux signés Paul Buckmaster, parfois à l'insu des musiciens. Furieux, Garcia avait résumé son sentiment d'une formule devenue célèbre : Olsen avait "mis les Grateful Dead en robe". Le disque a tout de même atteint la 28e place du Billboard 200 et décroché un disque d'or en 1987. Pas mal pour un album que les puristes ont longtemps boudé, et un morceau bien trop long pour passer un jour à la radio.