Christian Lacroix, entre mode et design

Couturier français, Christian Lacroix est un véritable touche-à-tout. Retour sur une carrière marquée par la création.

Christian Lacroix, entre mode et design
© Java/ABACA

Christian Lacroix voit le jour le 16 mai 1951 à Arles, dans le sud de la France. Il grandit dans une famille bourgeoise qui l'introduit très tôt à la mode. C'est enfant qu'il lit pour la première fois La Mode illustrée de 1860 trouvé dans le grenier de ses grands-parents. Passionné d'art, il étudie l'histoire de l'art à la faculté des lettres de Montpellier. Il rentre ensuite à La Sorbonne puis à l'École du Louvre, deux établissements renommés de la capitale. Il devient alors conservateur de musée.

Des débuts prometteurs

Il rencontre d'abord Jean-Jacques Picart, alors attaché de presse de plusieurs maisons de couture. Puis il croise également le chemin de Françoise Rosenthiel, qui sera son épouse et qui l'encouragera vivement à poursuivre sa passion en lançant sa propre maison. Il faudra attendre 1981 pour qu'il entre chez Jean Patou avant d'ouvrir 6 ans plus tard une maison à son nom soutenue par la Financière Agache (alors dirigée par Bernard Arnault). Ses sources d'inspiration ? La Provence, l'Espagne, Venise et ses masques, les traditions gitanes, les couleurs chaudes et les tendances du XVIIIe siècle. Bien décidé à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, il est également promu directeur artistique de la marque Emilio Pucci. Fasciné par les arts de la scène, il dessine les costumes pour plusieurs pièces et ballets — dont Cyrano de Bergerac, Carmen et Cendrillon. En 1988, il lance sa collection de prêt-à-porter. Il s'inspire alors des différentes cultures qui le touchent. En 1995, il se lance dans le linge de maison. Une ligne qui s'agrandit en 1998, avec des pièces en porcelaine, de l'orfèvrerie, du cristal ainsi que de la vaisselle. Il est appelé à plusieurs reprises pour des projets en lien de près ou de loin le design et la mode — les voitures du TGV Méditerranée, le timbre de Saint-Valentin de La Poste, les uniformes d'Air France, les illustrations du Petit Larousse, ou encore le décor du Petit Moulin, un hôtel parisien.

Christian Lacroix sans Christian Lacroix

2005 marque un tournant pour la marque française. Bernard Arnault décide alors de céder Christian Lacroix au Falic Fashion Group, basé aux États-Unis. Pour le créateur, rien n'est censé changer. En 2007, son travail est mis à l'honneur dans une exposition du musée des Arts Décoratifs de Paris. D'autres rétrospectives seront par la suite organisées, notamment au musée Réattu d'Arles, ainsi qu'au National Museum de Singapour. En 2009, c'est le coup de massue : la maison, qui avait de graves difficultés financières depuis plusieurs années, se déclare en cessation de paiement. En janvier 2010, le couturier quitte le navire. La marque qui porte son nom, quant à elle, continue de proposer foulards, bijoux, vêtements, valises et sacs à main siglés du logo Christian Lacroix. Mais aussi des housses de couette, du papier peint, des coussins et des plaids aux motifs multicolores. Le créateur, lui, se concentre depuis sur des activités éloignées du monde de la mode, comme le design de trains (TGV Atlantique), d'hôtels (le Bellechasse à Paris, le Jules César à Arles), de costumes de théâtre ou encore l'illustration de romans. Il développe, au fil des années, plusieurs parfums, dont le célèbre Absynthe, mais aussi une ligne de mobilier et de décoration baptisée CXL by Christian Lacroix. En 2013, Christian Lacroix présente une collection hommage à Elsa Schiaparelli (qui a marqué le monde de la mode de la première moitié du XXème siècle). La même année, il collabore avec Petit Bateau. En 2019, c'est avec Dries Van Noten qu'il travaille pour la collection printemps-été 2020 du styliste. Et depuis 2011, le créateur imagine chaque année une collection forte en imprimés pour la marque espagnole Desigual.