Monitoring, à quoi ça sert ?

Le monitoring permet de surveiller le rythme cardiaque de bébé in utero, pendant la grossesse et l'accouchement, mais aussi de mesurer les contractions. Est-il indispensable et comment se déroule-t-il ? On fait le point.

Monitoring, à quoi ça sert ?
© gajus

En dehors de circonstances particulières, les futures mamans découvrent généralement le monitoring le jour de leur accouchement. Si les maternités ont des procédures différentes, les femmes qui se présentent avec des contractions et dont le travail est en route sont rapidement installées en salle de travail et placées sous monitoring. L'intérêt de cet examen est double : il va à la fois mesurer l'intensité des contractions, mais aussi surveiller le rythme cardiaque du bébé. 

Monitoring : comment ça marche ?

L'appareil qui sert à effectuer le monitoring s'appelle un cardiotocographe, et est muni de deux capteurs. Le premier est un capteur à ultrasons Doppler, qui va mesurer le rythme cardiaque du bébé et que l'on enduit de gel avant de le placer sur le ventre maternel en le maintenant avec une sangle. Le second, appelé tocomètre, est placé sur le ventre, au niveau de la face antérieure du fond utérin, pour mettre en lumière les contractions. Ces dernières, même lorsqu'elles sont indolores, sont détectées par l'appareil. Le monitoring est donc un très bon outil pour indiquer l'imminence de la naissance. Deux tracés parallèles vont alors apparaître sur un rouleau de papier qui sort au rythme d'1 cm par minute. La sage-femme ou le médecin va régulièrement l'observer afin de s'assurer que bébé supporte bien les contractions et ne manifeste pas d'anomalie du rythme cardiaque. S'il est en place seulement 30 minutes lorsqu'il est effectué pendant la grossesse, en période de travail, il est souvent laissé en continu. 

Les anomalies du rythme cardiaque détectées par le monitoring

Le cœur de bébé bat normalement entre 120 et 160 battements par minute (c'est à dire beaucoup plus rapidement que celui des adultes !). Grâce au monitoring, il est possible de déceler une éventuelle anomalie du rythme cardiaque et de prendre éventuellement la décision d'accélérer la naissance en procédant à une césarienne d'urgence. On peut notamment observer une bradycardie, c'est à dire une diminution de la fréquence cardiaque ou une tachycardie, qui correspond à l'inverse à une accélération du rythme cardiaque. Le monitoring montrera également un rythme de base trop fluctuant. Outre une difficulté pour le fœtus à supporter les contractions, ces anomalies du rythme peuvent avoir d'autres origines : une compression du cordon, une infection de la mère ou l'enfant, une fièvre maternelle. 

Le monitoring est-il obligatoire ?

Voilà un sujet qui fait débat, aussi bien parmi les soignants que parmi les futurs parents. Mais plus que de déterminer si l'examen en lui-même est utile, car il l'est, il s'agit plutôt de savoir s'il doit être systématique et mené en continu pendant l'accouchement. Placée sous monitoring, une femme ne peut plus se déplacer, et pour peu qu'elle soit également sous péridurale, elle est se retrouve rapidement clouée à son lit sans pouvoir bouger. Une situation que beaucoup de futures mamans déplorent. Il existe des enregistreurs sans fil, mais ce système est loin d'être généralisé. Alors que l'on encourage de plus en plus les femmes à se déplacer pendant le travail afin de faciliter la descente du bébé dans le bassin, cette recommandation est en contradiction avec celle qui impose un monitoring en continu. L'autre aspect négatif du monitoring est son côté anxiogène. Il peut en effet arriver que le rythme cardiaque de bébé connaisse des modifications pendant le travail, sans qu'elles soient pour autant pathologiques. Mais difficile pour les futurs parents de se rassurer avec une machine qui sonne constamment.

Le monitoring pendant la grossesse

Le monitoring n'est pas réservé à l'accouchement. Il peut également être un précieux outil de contrôle pendant la grossesse si la situation l'exige. C'est notamment le cas si un dysfonctionnement du placenta a été détecté, si le bébé souffre d'un retard de croissance ou bouge moins, mais aussi si la future maman souffre d'un diabète gestationnel ou d'une hypertension. Autre cas de figure qui nécessite la mise en place d'un monitoring régulier 1 à 3 fois par semaine : la menace d'accouchement prématurée. Si la future maman n'est pas hospitalisée, l'examen est alors réalisé à domicile. 

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