Sur sa chaîne YouTube, un créateur de contenu sud-américain raconte comment il a installé, dans la cour de sa maison, un système qui climatise les chambres de ses enfants Facundo et Uma sans la moindre prise électrique. Le secret ? Quelques tuyaux enterrés dans le jardin, et un peu de bon sens. Le résultat est tellement efficace qu'il a remplacé totalement la clim classique dans ces pièces.
Le principe repose sur une réalité toute simple : à quelques dizaines de centimètres sous terre, la température reste stable, été comme hiver. Quand il fait 35°C dehors, le sol, lui, garde sa fraîcheur. Selon un guide technique du gouvernement canadien sur les échangeurs air-sol, au-delà de deux mètres, la température reste quasi constante toute l'année. Mais bonne nouvelle : pas besoin de creuser si profond pour en profiter.
C'est exactement ce que démontre ce bricoleur avec son puits canadien, aussi appelé puits provençal. Une prise d'air est placée dans un coin frais du jardin, entourée de plantes (lauriers, peupliers, sauge) qui rafraîchissent et purifient naturellement l'air. Cet air est aspiré dans un tube enterré à seulement 70 cm de profondeur, parcourt une tranchée de six mètres, puis arrive directement dans les chambres. Pendant le trajet souterrain, la terre absorbe la chaleur comme une véritable "batterie thermique". Verdict d'Uma, qui dort dans l'une des pièces : le système est "super efficace" même lors des journées les plus chaudes.
Et contrairement aux idées reçues, ce n'est pas un chantier de pharaon. Le bricoleur balaye lui-même un mythe répandu : non, il n'est pas obligatoire d'enterrer les tuyaux à deux mètres. Ses essais entre 40 et 70 cm fonctionnent très bien. Il a aussi évité le tout-PVC, qui crée trop de condensation, et utilisé des matériaux recyclés trouvés sous la main : briques, carrelage, tôles. Pour couvrir la tranchée, une arche en terre-ciment fabriquée maison avec un simple coffrage en bois. Le système fonctionne ensuite tout seul, par convection : l'air chaud s'échappe, l'air frais prend sa place. Et si on veut booster le flux, un petit ventilateur suffit.
Une fois en place, le système ne consomme presque rien, n'utilise aucun gaz réfrigérant, et tourne pratiquement sans entretien. L'orientation de la prise d'air change selon l'endroit où l'on vit : au sud de la maison dans l'hémisphère sud, au nord chez nous. Plus on s'approche de l'équateur, moins ça compte. Détail malin : le puits canadien peut aussi servir l'hiver, en réchauffant l'air entrant grâce à la chaleur du sol. Bref, deux saisons pour le prix d'une. De quoi regarder son monobloc qui souffle dans le salon avec un peu de pitié.