Grossesse chimique : qu'est-ce que c'est, causes et symptômes

Vous avez fait un test urinaire qui s'est révélé positif, mais vos règles sont arrivées quelques jours plus tard ? C'était peut-être une grossesse chimique. Quelles sont les causes de cette fausse couche ultra précoce ? Comment se manifeste-t-elle ? Le point avec le Dr Odile Bagot, gynécologue-obstétricien.

Grossesse chimique : qu'est-ce que c'est, causes et symptômes
© Olena Yakobchuk-123rf

Grossesse chimique : qu'est-ce que c'est ? 

À l'origine, le terme de grossesse chimique ou grossesse biochimique était utilisé dans le cadre du processus de PMA (procréation médicalement assistée). Il désigne une grossesse qui n'évolue pas. Autrement dit, un embryon a bel et bien été implanté dans l'utérus mais il a arrêté de se développer brutalement. On peut donc parler de "fausse couche" très précoce. "La grossesse chimique ou biochimique est un terme inventé par les femmes mais qui n'est pas reconnu officiellement en gynécologie, indique le Dr Odile Bagot. Cela signifie simplement que l'on a du bêta hCG positif (hormone de grossesse) qui circule dans le sang mais c'est une grossesse qui n'a pas évolué" nous précise le Dr Odile Bagot, gynécologue-obstétricien*. En pratique, il faut savoir que beaucoup de grossesses qui commencent au moment de la fécondation dépassent à peine la date des règles puis elles s'arrêtent naturellement. "Il peut également s'agir d'une môle hydatiforme, une anomalie de la fécondation qui se caractérise par un test de grossesse positif mais dans l'utérus ne se développent que les villosités choriales, il n'y a pas d'embryons. Pour arrêter la prolifération de ces villosités, on utilise le méthotrexate qui agit comme une chimiothérapie et qui assure une guérison complète", rassure-t-elle. 

Quelles sont les causes d'une grossesse chimique ? 

Les causes exactes de la grossesse chimique ne sont pas bien connues. Plusieurs pistes sont néanmoins avancées pour expliquer le fait que l'embryon ne parvienne pas à s'accrocher dans l'utérus : un âge avancé, un problème hormonal ou encore une anomalie chromosomique. "Cette grossesse qui s'arrête ultra précocement est un phénomène physiologique naturel parce qu'il faut savoir qu'à 30 ans, sur 10 grossesses qui vont commencer au moment de l'ovulation, on va en perdre 6 à 7 au cours des 15 premiers jours sans même se rendre compte qu'on était enceinte. À 40 ans, on en perd 9 sur 10, c'est la raison pour laquelle la fertilité diminue avec le temps", commente la gynécologue-obstétricien. 

Grossesse chimique et symptômes : comment savoir ?

La plupart du temps, une grossesse chimique passe inaperçue. "On peut éventuellement avoir remarqué des règles un peu plus abondantes que d'habitude, avec quelques jours de retard, des seins un peu plus tendus mais rarement plus. Contrairement à de nombreuses idées reçues, une grossesse chimique n'entraîne pas de douleurs ni de saignements à répétition", note la spécialiste. Le seul moyen de s'en rendre compte, c'est de faire un test urinaire. Celui-ci sera positif parce que le corps aura produit de la Bêta-HCG, l'hormone de grossesse, au moment de l'implantation de l'embryon. "L'hypothèse de la grossesse chimique va pouvoir être confirmée lors de l'échographie :  si le taux de BhCG est bas et si on ne voit pas d'embryon dans l'utérus, cela signifie très probablement qu'il s'agissait bel et bien d'une grossesse chimique. Cependant, on reste vigilant pour ne pas passer à côté d'une grossesse extra-utérine ou d'une grossesse évolutive très jeune en refaisant un dosage de l'hormone de grossesse 48h plus tard. Si le taux de Bêta-HCG reste élevé et que l'on voit juste les villosités choriales, alors il s'agit d'une môle hydatiforme", précise le Dr Odile Bagot. 

Grossesse chimique : que faire ?

Étant donné qu'une grossesse chimique n'entraîne presque jamais de symptômes, on ne sait même pas que l'on en a eu une, il n'y a donc rien à faire et il n'est pas nécessaire de consulter son gynécologue. "Rassurez-vous, cela n'aura aucun impact sur la fertilité. Au contraire, c'est un indice de fertilité puisque cela signifie que l'on est un couple qui arrive à faire des grossesses", tient à ajouter la gynécologue-obstétricien. Autrement dit, vous avez toutes vos chances de tomber enceinte par la suite. Alors soyez patiente et évitez de faire un test avant de constater un réel retard de règles, cela vous évitera d'angoisser et d'être déçue. 

*Odile Bagot est gynécologue-obstétricien, auteure de "Vagin & Cie, on vous dit tout !" aux éditions Mango, et du blog Mam Gynéco

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