Perte des eaux : que faire, quelle quantité ?

Couleur, aspect, quantité, signe d'un accouchement imminent... pour beaucoup de femmes enceintes, la rupture de la poche des eaux est auréolée de mystère. On fait le point avec la sage-femme Sandrine Brame.

Perte des eaux : que faire, quelle quantité ?
© 123RF / Viacheslav Lopatin

Qu'est-ce que la poche des eaux ?

Composée de deux membranes (le chorion et l'amnios), la poche des eaux contient le fœtus et le liquide amniotique. Véritable enveloppe de protection, elle permet au bébé de se développer dans une bulle pourvue d'un liquide protecteur à température constante. Une sorte de cocon le protégeant des chocs, mais aussi des microbes car"la poche des eaux constitue une barrière mécanique aux infections" révèle la sage-femme. A noter également que selon l'alimentation de la maman, le goût de son liquide varie. En effet, c'est dans cette poche que le bébé déglutit, digère et urine.

Perdre les eaux, ça veut dire quoi ?

En principe, il s'agit d'une rupture à terme des membranes. Elle peut être associée à des contractions utérines, dans ce cas, le travail débute et la poche se rompt naturellement. Il s'agit-là du déroulé d'un accouchement classique. Néanmoins, "dans 5 à 10 % des cas, cette rupture des membranes s'effectue prématurément" note Sandrine Brame, c'est-à-dire avant la mise en route du travail et sans qu'il y ait de contractions.

Que faire en cas de rupture prématurée des membranes ?

Parfois, il arrive que la poche des eaux se fende ou se fissure prématurément, au cours du deuxième trimestre de la grossesse. La future maman est alors hospitalisée et reçoit un traitement antibiotique ainsi que des corticoïdes pour maturer le bébé car il y a un risque d'accouchement prématuré. Si cette rupture s'accompagne de contractions, un traitement pour tenter de les faire cesser peut également lui être administré. D'autre part, il y a une surveillance échographique pour vérifier la quantité de liquide afin que le bébé puisse continuer à se mouvoir et que sa cage thoracique ne soit pas compressée et ne nuise pas à son bon développement pulmonaire. Enfin, pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'infection, des prélèvements sanguins, urinaires et vaginaux sont effectués deux fois par semaine. En cas de risque infectieux, le médecin laissera l'accouchement se dérouler car celui-ci est alors plus important que le risque d'une naissance prématurée

Perte des eaux sans contractions : comment savoir ?

La rupture de la poche des eaux peut se faire sans contractions. En l'absence de ces symptômes, il est important de parvenir à faire le différentiel entre fuites urinaires, pertes vaginales abondantes et sensation d'humidité vaginale due à la chaleur, des situations fréquentes en fin de grossesse. Pour y parvenir, la sage-femme suggère de procéder à une petite toilette : changez vos sous-vêtements et mettez une protection hygiénique. Essayez également de maintenir une activité modérée, c'est-à-dire vous déplacer, bouger, sans rester allongée. Si au bout d'une demi-heure votre protection est toujours sèche, il ne s'agit sans doute ni d'une fissuration ni d'une rupture de la poche des eaux. "Quand il y a une fissuration des membranes, il y a une perte de liquide permanente jusqu'à la naissance, comme un robinet qui coule" assure-t-elle. Votre protection devrait donc être au moins humide.

Vous avez tout de même un doute ? Rendez-vous à la maternité pour effectuer un diagnostic. A l'aide d'un spéculum, la sage-femme essayera de visualiser du liquide. S'il s'agit d'une simple fissuration, elle n'observera pas forcément de liquide et pratiquera alors un test biologique à l'aide d'un petit bâtonnet inséré une minute. Si le résultat est positif, qu'il y a bien eu fissuration ou rupture de la poche des eaux, contractions ou pas, la future maman est gardée en hospitalisation pour surveiller.

Perte des eaux : de quelle couleur ?

C'est un liquide incolore qui a l'aspect de l'eau. Il est inodore, contrairement aux urines qui peuvent être colorées et légèrement odorantes. Exceptionnellement, le liquide peut être un peu teinté de vert, quand il y a une émission de méconium in-utero, c'est-à-dire une évacuation des selles du bébé. Dans ce cas, il est conseillé de se rendre dès que possible à la maternité. 

Perte des eaux : quelle quantité ?

La perte des eaux peut avoir lieu de deux manières : la perte de liquide peut se faire de manière franche, correspondant à environ un demi-verre d'eau, et vous allez alors mouiller vos sous-vêtements et vos vêtements. De l'eau peut également s'écouler le long des jambes si vous êtes en robe. Parfois aussi, il y a seulement une fissuration de la poche.  

Rupture de la poche des eaux : quand partir à la maternité ?

Perte des eaux et accouchement

"80 % des mamans ont rompu la poche des eaux avec la mise en route d'un travail spontané dans les 12 à 24 heures" note Sandrine Brame. Dans ce cas, une surveillance est effectuée 24 heures après la rupture par le biais d'une prise de sang et d'antibiotiques pour surveiller l'infection. En effet, quand la membrane est rompue, il n'y a plus cette barrière mécanique entre le vagin et le fœtus et donc un risque infectieux. Ensuite, l'accouchement est déclenché de manière artificiel entre 24 et 48 heures après la rupture s'il ne s'est pas fait spontanément. Enfin, certaines patientes en travail, ont des contractions, une dilatation du col mais la poche ne se perce pas. Alors, "le bébé peut naître dans sa poche, on n'est pas obligé de la rompre" explique la sage-femme. En fin de travail "si la dilatation est un peu plus lente, on peut décider de rompre artificiellement les membranes, cela va donner lieu à une petite décharge d'ocytocine naturelle et renforcer la contraction pour permettre le bon déroulement de l'accouchement" précise-t-elle. 

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