Episiotomie : dans quels cas, comment ça se passe ?

L'épisiotomie effraie souvent les femmes enceintes, mais cette petite incision s'avère parfois nécessaire quand l'accouchement se complique. Dans quels cas la pratique-t-on, est-elle obligatoire, est-ce que ça fait mal ? Les réponses à vos questions.

Episiotomie : dans quels cas, comment ça se passe ?
© Henadzi Pechan -123RF

Episiotomie : qu'est-ce que c'est ?

Au moment de l'accouchement, le médecin obstétricien ou la sage-femme peuvent, lorsque cela est nécessaire, prendre la décision de réaliser une petite incision de 3 à 4 cm au niveau de la vulve sur la paroi vaginale et sur les muscles du périnée.  "L'épisiotomie survient lors de la phase finale de l'accouchement : elle est réalisée au moment où la tête (ou les fesses si le bébé est en siège) est sur le périnée", précise Thierry Harvey.

Comment se passe l'épisiotomie ?

Pour faire l'incision, la personne en charge de l'accouchement utilise un scalpel ou des ciseaux chirurgicaux, l'outil est introduit dans le vagin et permet de réaliser une épisiotomie dite "médio-latérale à 45°" : on sectionne le muscle transverse du périnée, au départ médiane sur 2 à 3 cm, puis latérale vers le côté droit ou gauche et ce, pour éviter d'atteindre le sphincter. Juste après la naissance, l'obstétricien ou la sage-femme suture l'incision avec des points et des fils résorbables : cela se fait sous l'effet de la péridurale, ou à l'aide d'une anesthésie locale. Ces fils s'enlèvent naturellement après deux semaines environ.

Dans quels cas pratique-t-on une épisiotomie ?

 

"Aujourd'hui, nous n'avons aucun argument scientifique pour justifier le recours ou non à l'épisiotomie : aucune situation n'exige une épisiotomie systématique, même lors d'un accouchement par forceps ou avec ventouse", affirme Philippe Deruelle, avant d'ajouter que "l'épisiotomie n'a d'ailleurs pas démontré son efficacité pour prévenir les risques d''incontinence urinaire ou anale, de prolapsus féminins (descentes d'organes) ou encore de déchirures sévères". C'est donc la personne en charge de l'accouchement qui va, sur des constatations visuelles, prendre la décision de recourir ou non à une épisiotomie : si le périnée est très distendu ou par peur d'un risque de déchirures très complexes. Mais dans tous les cas, "l'épisiotomie est réalisée seulement lorsqu'elle est indispensable : 

  • quand le périnée n'arrive pas à être franchi, malgré de bons efforts d'expulsion,
  • lorsque la tête du bébé coince
  • quand il y a une urgence à faire sortir le nourrisson (anomalies du rythme fœtal cardiaque, risques d'acidose...)".

Est-ce que l'épisiotomie fait mal ?

C'est très certainement la question la plus redoutée des femmes enceintes ! Au moment de l'accouchement, l'épisiotomie est indolore grâce à l'action de l'anesthésie péridurale, voire de l'anesthésie locale si nécessaire. De plus, elle est toujours pratiquée lors d'une poussée donc quand le périnée blanchit et qu'il n'est quasi plus innervé. Toutefois, c'est au moment de la cicatrisation de l'épisiotomie que l'on peut ressentir des douleurs.

L'épisiotomie est-elle obligatoire ?

Légalement, la patiente a toujours la possibilité de refuser un soin. C'est d'ailleurs la "loi Kouchner du 4 mars 2002" qui stipule qu'il est "interdit de pratiquer un acte médical sur une personne non-consentante". Idéalement, "l'accord ou le refus de faire une épisiotomie devraient être discutés avant l'accouchement - au moment de la préparation à la naissance ou au cours des consultations prénatales - et que cela figure dans le dossier médical", précise Philippe Deruelle. Toutefois, "grâce à un échange bienveillant et des discussions, on parvient à lever toute ambiguïté sur le caractère systématique de l'épisiotomie", nuance-t-il. Pour vous rassurer, sachez que vous êtes en mesure de demander le taux d'épisiotomies pratiqué par l'établissement et bien évidemment toutes les indications sur cet acte chirurgical. Car oui, "c'est souvent le manque d'informations sur l'épisiotomie qui effraie le plus les femmes", conclut-il. Rappelons que le recours à l'épisiotomie ne doit pas être systématique.

Episiotomie et cicatrisation : et après l'accouchement ?

Après l'accouchement, il faut laisser le temps aux jeunes mamans de cicatriser. Généralement, la cicatrisation de l'épisiotomie dure 4 semaines et les fils se résorbent d'eux-mêmes vers le 15e jour suivant la naissance du bébé.

Merci à Thierry Harvey, gynécologue médical.

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