Grossesse tardive : après 40 ans, quel suivi médical ?

Les grossesses tardives sont aujourd'hui en hausse. Les risques augmentent pourtant avec l'âge. Interview du Docteur Joëlle Belaïsch-Allart, gynécologue.

Grossesse tardive : après 40 ans, quel suivi médical ?
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Etudes plus longues, carrière privilégiée, contraception maîtrisée, seconde union... Les grossesses tardives sont de plus en plus fréquentes. En effet, de plus en plus de femmes décident d'avoir des enfants vers 40 ans, pensant parfois que la médecine les aidera. Mais celle-ci ne résout pas tous les problèmes. Est-il encore utile de préciser que bien des tentatives de procréation médicalement assistée (FIV...) aboutissent à des échecs ? D'autant que les grossesses tardives sont rarement des grossesses faciles. L'infertilité ainsi que le risque de fausses couches augmentent avec l'âge. Pour autant, les futures mamans de cet âge se sentent davantage prêtes à accueillir un enfant. Celui-ci est souvent désiré depuis longtemps. Elles sont aussi plus sereines face à l'avenir... Leur carrière professionnelle est déjà installée. Mais quels sont les risques ? Quel suivi pour ces futures mamans ? On fait le point avec le Docteur Joëlle Belaïsch-Allart*.

Qu'appelle-t-on grossesse tardive ?

Joëlle Belaïsch-Allart* : Avant, on parlait de grossesse tardive à 35 ans, mais maintenant, c'est plutôt après 40 ans. Ces grossesses sont considérées comme ultra-tardives après 45 ans.

Plus de difficultés pour tomber enceinte

Il y a surtout un déni de savoir et de reconnaître qu'après 35 ans, il est plus difficile d'être enceinte. Et puis, même s'il peut y en avoir, les grossesses sont rarement spontanées après 45 ans. Ces femmes ont souvent recours à une procréation médicalement assistée, notamment au don d'ovocytes. On voit toujours dans les magazines des femmes resplendissantes après 40 ans, mais la réalité est bien différente : à cet âge, il est très difficile d'avoir un bébé. Et cela s'amplifie et prend plus de temps avec les années. Il est important de préciser qu'on ne tombe pas enceinte, on le devient ! Aussi, les gynécologues conseillent de consulter :

  •  Après un an de rapports sexuels réguliers si la grossesse n'arrive pas,
  •  Après 6 mois en cas d'antécédents gynécologiques (infections, fibromes...) ou de troubles de l'ovulation,
  •  Après 6 mois si vous avez plus de 35 ans.

Quels sont les risques d'une grossesse tardive ?

Les risques pour la mère sont différents si elle fait appel à un don d'ovocytes ou si c'est une grossesse spontanée.

  • Dans le cas où ce sont ses propres ovocytes, donc des ovocytes âgés, les risques de fausse couche, de diabète et de mortalité maternelle sont augmentés.
  • Pour les femmes qui ont recours à un don d'ovocytes, donc des ovocytes d'une femme plus jeune, les risques restent tout de même présents. Il faut toujours surveiller le diabète et la pré-éclampsie.
  • Il faut également préciser qu'au moment de l'accouchement, le nombre de césariennes augmente avec l'âge de la maman.
  • Le tabac a également des conséquences sur les grossesses, mais cela à n'importe quel âge. En plus d'accélérer la ménopause de deux ans, le tabagisme peut engendrer de l'hypertrophie chez les bébés.
  • Parmi les autres conséquences possibles d'une grossesse tardive : un décollement du placenta, un faible poids de naissance du bébé, et les fibromes utérins sont plus fréquents. Par ailleurs, le risque de prématurité est supérieur car l'utérus possède une moins bonne capacité à supporter la grossesse. 
Les grossesses tardives augmentent aussi les risques pour le bébé (mortalité in utero et périnatale (30 pour mille), prématurité (8,2%) et une probabilité plus élevée d'avoir un enfant trisomique). Rappelons enfin que la fertilité des hommes diminue elle aussi à partir de 45 ans. 

Grossesse après 40 ans : un suivi médical particulier

Une grossesse tardive demande en effet beaucoup plus d'assistance. Le suivi médicalisé est différent que pour une grossesse à 20 ou 30 ans. Comme on l'a vu précédemment, les risques augmentent avec l'âge. Malgré les apparences, les femmes de plus de 40 ans sont plus fatiguées et doivent être plus vigilantes aux petits signes comme les contractions par exemple. Pendant la grossesse, elles doivent faire, comme toutes les femmes enceintes, un dépistage du diabète afin de vérifier qu'elles ne souffrent pas de diabète gestationnel, et un dépistage de la trisomie 21. [Celui-ci se fait au premier trimestre de grossesse par le biais d'une prise de sang pour doser des marqueurs sériques, et d'une échographie pour mesurer la clarté nucale. Si le résultat est supérieur au seuil fixé, une amniocentèse est aussi proposée à la future maman. Depuis 2013, elle a également la possibilité de recourir aux tests ADN, plus fiables et moins invasifs que l'amniocentèse puisqu'il s'agit d'une simple prise de sang, ndlr.

*Propos recueillis en 2012. Docteur Joëlle Belaïsch-Allart, chef du service gynécologique du Centre hospitalier des quatre villes site de Sèvres (92) et vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Grossesse tardive : après 40 ans, quel suivi médical ?
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