Cytomégalovirus et grossesse : dépistage, quels risques pour le bébé ?
Cause la plus fréquente d'infection congénitale, le cytomégalovirus (CMV) peut occasionner de lourdes séquelles sur le bébé à naître. Voici les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
"Lorsqu'une femme contracte l'infection à cytomégalovirus (CMV) dans les semaines qui précèdent sa grossesse ou au début de celle-ci, ce virus peut entraîner des conséquences importantes pour l'enfant, notamment des troubles auditifs ou neurologiques", précise la Haute Autorité de Santé dans un communiqué du 4 août 2026.
Cytomégalovirus pendant la grossesse : quels sont les risques ?
Bien que l'infection à CMV soit la plupart du temps sans gravité, il existe un risque de séquelles pour le bébé à naître lorsqu'elle est contractée par la femme dans les deux mois précédant le début de la grossesse ou durant le premier trimestre : perte auditive neurosensorielle unilatérale ou bilatérale, symptômes neurologiques, troubles du neurodéveloppement et/ou troubles de l'équilibre, rappelle la HAS qui préconise depuis juin 2025 un dépistage systématique du CMV chez les femmes enceintes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif.
"L'infection à cytomégalovirus est la cause la plus fréquente d'infection congénitale" rappelait l'Académie Nationale de Médecine lors d'une conférence organisée en 2019. Elle précise notamment que "des séquelles neurologiques et auditives de gravité variables surviennent chez environ 17 à 19 % de tous les nouveau-nés infectés". Tous les bébés concernés ne vont donc pas forcément souffrir de ces séquelles. En revanche, plus la contraction du CMV survient tôt durant la grossesse (au cours du 1er trimestre), plus le risque s'accroit (de 51 à 57 %) chez les nouveau-nés infectés. D'autre part, près de la moitié (soit entre 40 et 50 %) des femmes enceintes sont déjà immunisées. Si elles ne sont malgré tout pas à l'abri d'une réinfection, il y a alors peu de chances que le bébé soit contaminé.
Quand réaliser un dépistage du CMV durant la grossesse ?
En cas de dépistage antérieur négatif ou s'il n'a jamais été réalisé, une une prise de sang permettant de rechercher les anticorps dirigés contre le CMV est à réaliser afin de déterminer si la patiente a déjà été exposée au virus. "Si la sérologie n'a pas été réalisée avant le début de la grossesse ou que celle-ci s'est avérée négative, elle est à effectuer le plus tôt possible et avant 14 SA". En revanche, "si la sérologie n'a pas été réalisée avant 14 SA, le dépistage n'est plus pertinent", explique la Haute Autorité de Santé. Elle recommande par ailleurs de réaliser cette prise de sang avant de concevoir un enfant, y compris dans le cadre d'un parcours de PMA.
Quelle prise en charge en cas d'infection chez la femme enceinte ?
Un traitement antiviral par valaciclovir est à mettre en place rapidement (lors du premier trimestre de grossesse pour optimiser son efficacité) afin de limiter la transmission du virus de la mère au fœtus et ainsi de réduire le risque de séquelles. "Chez les femmes diagnostiquées primo-infectées, la HAS recommande de proposer une amniocentèse (prélèvement du liquide amniotique) le plus tôt possible à partir de 18 SA, afin de rechercher la présence du virus chez le bébé. En cas de résultat négatif, la HAS recommande d'interrompre le traitement par valaciclovir et de reprendre un suivi obstétrical classique. En cas de résultat positif, la HAS préconise de poursuivre le suivi de grossesse avec le CPDPN" précise la HAS.
Quelles recommandations contre le cytomégalovirus pendant la grossesse ?
Pour l'heure, la seule véritable manière de se prémunir du CMV consiste à respecter les recommandations d'hygiène suivantes, autant pour la femme enceinte que pour le co-parent :
- Eviter le contact avec la salive (incluant les bisous sur la bouche, les urines, les larmes, et les sécrétions nasales). Si vous êtes enceinte, évitez donc d'embrasser un bébé, ou un enfant de moins de trois ans sur la bouche, ou sur les joues pour le consoler lorsqu'il est en train de pleurer.
- Ne pas utiliser la même cuillère, manger dans l'assiette ou partager le même verre que l'enfant. Il est recommandé de ne pas goûter ou finir le plat de bébé, ni partager l'assiette, la bouteille ou un gâteau.
- Ne pas mettre sa tétine à la bouche. De nombreuses mamans ont tendance à sucer la tétine pour la nettoyer, ou à mettre le biberon dans la bouche pour vérifier la température du lait, mais ces "mauvaises habitudes" augmentent les risques. A la place, vous pouvez tester la température avec le dos de la main, ou si besoin goûter son repas avec une autre cuillère.
- Eviter de prendre un bain avec son bébé (qui pourrait uriner dans l'eau). Le HCSP conseille également aux femmes enceintes d'éviter de toucher le pyjama mouillé de son enfant.
- Si votre bébé est enrhumé, le HCSP recommande aux parents de ne pas l'embrasser sur les joues, ni aspirer son nez sans précautions. En cas d'utilisation d'un mouche-bébé par exemple, il est préférable de le nettoyer immédiatement en suivant la notice. Vous pouvez également utiliser des mouchoirs en papier, et les jeter immédiatement après usage.
- Pensez à bien vous laver les mains avec du savon (15 à 20 secondes), surtout après avoir mouché bébé. Si vous n'en avez pas la possibilité, utilisez alors du gel hydro-alcoolique.