DPNI : dépistage de la trisomie 21 pendant la grossesse

Une simple prise de sang pendant la grossesse permet de dépister la trisomie 21 dans l'ADN du fœtus. Ce diagnostic prénatal non invasif (DPNI), recommandé par la HAS depuis 2017, est remboursé par l'Assurance maladie dans certains cas.

DPNI : dépistage de la trisomie 21 pendant la grossesse
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DPNI : qu'est-ce que le dépistage prénatal non invasif ?

[Mise à jour du 31 mai 2022]. La trisomie 21 (également appelée syndrome de Down) est une anomalie génétique définie par l'existence d'un chromosome supplémentaire sur la 21e paire de chromosomes. Forme la plus fréquente de trisomie, la trisomie 21 peut être détectée pendant la grossesse grâce à un dépistage prénatal qui a pour but d'évaluer le risque, pour le nouveau-né, d'être porteur de trisomie 21. En fonction du risque, et notamment s'il est supérieur à 1/250, une amniocentèse était effectuée. Mais cet examen qui consiste à prélever le liquide amniotique à l'aide d'une aiguille est considéré comme étant "invasif". Depuis mai 2017, la Haute autorité de santé (HAS) recommande le test ADN. Ainsi, par une simple prise de sang pendant la grossesse, il est possible d'analyser l'ADN du bébé. Efficace à plus de 99%, ce dépistage prénatal non invasif (DPNI) est remboursé par l'Assurance maladie depuis le 18 janvier 2019, 

Le dépistage de la trisomie 21 est-il remboursé ?

Le dépistage prénatal non invasif est remboursé par l'Assurance maladie. Le dépistage de la trisomie 21 dans l'ADN du fœtus après prise de sang chez la mère figure en effet dans la liste des actes de biologie médicale remboursés. Néanmoins, il est remboursé dans certains cas :  le DPNI sera proposé et remboursé aux femmes enceintes dont le niveau de risque se situe entre 1/1000 et 1/51 suite aux premiers examens. Si le résultat de la prise de sang est négatif, les futures mamans n'auront pas besoin de faire d'amniocentèse. En revanche, elle sera indispensable en cas de test positif ou de risque supérieur à 1/50.

DPNI : quand faire le dépistage ?

Les futures mamans passent une échographie au cours du premier trimestre de la grossesse, combinée à une prise de sang qui permet de repérer certains marqueurs de la trisomie 21. D'après les probabilités, elles pourront alors effectuer le test ADN qui sera proposé en fonction des risques. 

Dépistage de la trisomie 21 du 1er trimestre : en quoi consiste-il ?

Réalisé au premier trimestre de grossesse, le dépistage de la trisomie 21 (dit "dépistage combiné" car le résultat final est calculé en fonction des résultats de plusieurs examens) est le fait de calculer le risque pour le fœtus d'être porteur de cette anomalie chromosomique. Il tient compte de trois éléments :

  • La mesure de l'épaisseur de la clarté nucale : elle est réalisée lors de la première échographie (entre la 11e et la 13e semaine d'aménorrhée + 6 jours) : plus la nuque est épaisse, plus le risque que le bébé soit trisomique est élevé. 
  • Le dosage des marqueurs sériques (protéines du sang) : il s'agit d'une simple prise de sang, qui peut être réalisée lors du 1er ou du 2e trimestre de grossesse et qui permet de doser au moins deux des trois hormones de la grossesse présentes dans le sang.
  • L'âge de la femme enceinte : plus il est élevé, plus le risque pour le bébé d'être porteur de trisomie 21 est important. La combinaison de ces dosages avec l'âge de la femme enceinte permet de déterminer un risque. Ce chiffre est à interpréter comme une probabilité et non comme une certitude.

Comment interpréter le risque de trisomie 21 ? 

Le risque est considéré comme "élevé" lorsque il est supérieur à 1/250. Concrètement, cela signifie que le bébé a un risque sur 250 d'être porteur de trisomie 21, mais il a surtout 249 chances sur 250 de ne pas être porteur de cette anomalie chromosomique.  

Le test ADN, plus pertinent que l'amniocentèse ?

Jusqu'à présent, seule une amniocentèse (ponction du liquide amniotique) ou une choriocentèse (ponction de villosités choriales) permettaient d'établir le caryotype du bébé et ainsi de diagnostiquer ou non une trisomie 21. En plus d'être anxiogènes pour les femmes, ces techniques invasives ne sont pas sans danger pour le fœtus (risques de fausses couches (environ 1 %) et d'accouchements prématurés). Pour limiter le recours à ces examens, des médecins de l'AP-HP ont testé l'efficacité et la viabilité d'un test ADN réalisé via une simple prise de sang. Son rôle ? Dépister la trisomie 21 par analyse de l'ADN fœtal dans le sang maternel. Coordonné à l'hôpital Necker-Enfants Malades AP-HP, ce dépistage prénatal non invasif (DPNI) a inclus dans 57 centres français plus de 2100 femmes à risque de trisomie 21 pour leur fœtus et a permis de préciser l'intérêt et les limites de cette technique. A savoir que ce type de test sanguin a déjà été recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) depuis mai 2017, mais que son utilisation demeure limitée. 

DPNI : quels avantages et limites ?

L'intérêt principal de cette technique ? "Réduire le nombre de prélèvements invasifs (environ 95 %), et potentiellement le risque de fausse couche", précisent les auteurs de l'étude baptisée "Safe 21" dans un communiqué du 14 août 2018. Ce test sanguin est sans aucun risque et est capable de détecter la trisomie 21 dans 99 % des cas. Il détecte également les trisomies 13 et 18. Toutefois, cette technique basée sur l'ADN libre circulant du fœtus ne permet pas d'éviter le recours à une amniocentèse. Si elle peut être évitée en cas de résultat négatif, elle reste indispensable si le résultat de la prise de sang est positif : "en effet, seule la réalisation d'un caryotype fœtal suite à une amniocentèse ou une choriocentèse permet de poser un diagnostic fiable à 100%", confirme la HAS. Mais ce test sanguin a tout de même l'avantage d'éviter un grand nombre d'amniocentèses, prescrites systématiquement chez les femmes ayant un risque supérieur à 1/250 qui sont dans la plupart du temps inutiles, compliquées et douloureuses pour la femme enceinte. Concrètement, à l'issue du dépistage combiné du 1er trimestre, la femme enceinte (dont le risque est inférieur à 1/50) pourrait donc avoir recours dans un premier temps à ce test ADN, et non plus à une amniocentèse, jusque-là proposée systématiquement à toutes les femmes avec un risque supérieur à 1/250. Cela réduirait ainsi le nombre de fausses couches

DPNI : quelles sont les recommandations de l'HAS ?

La HAS préconise de réaliser le test ADN aux femmes dont le niveau de risque estimé est compris entre 1 sur 1 000 et 1 sur 51 après avoir effectué la prise de sang et l'échographie du premier trimestre de grossesse. En revanche, elle maintient sa recommandation de proposer d'emblée aux femmes dont le risque est supérieur ou égal à 1 sur 50, "la réalisation d'un caryotype fœtal, mais en intégrant la possibilité pour celles qui souhaiteraient de réaliser dans un premier temps un test ADN". rappelle la HAS dans un communiqué.

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