Valentino Garavani, maître du glamour à l'italienne

Baigné dans la mode depuis les années 50, Valentino Garavani est reconnu comme l'un des plus grands créateurs qui soit. Comment en est-il arrivé là ? Retour sur son parcours.

Valentino Garavani, maître du glamour à l'italienne
© PIER PAOLO CITO/AP/SIPA

Valentino Clemente Ludovic Garavani voit le jour le 11 mai 1932 à Voghera, une petite cité italienne située entre Turin et Milan. C'est dans cette ville qu'il décide d'étudier le dessin de mode, au Santa Maria Institute avant de s'envoler pour Paris en 1949. Dans la capitale française, il s'inscrit à l'Ecole des beaux-arts et à l'Ecole de la chambre syndicale de la couture. Il est l'un des premiers créateurs à remporter le Woolmark Prize, une distinction que recevront aussi Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld quelques années plus tard, en 1953. Avec cette récompense, Valentino se fait remarquer et intègre dans la foulée la maison du couturier Jean Dessès. Avant de suivre l'un des dessinateurs de la griffe en 1957, qui décide de créer sa propre marque et d'emmener Valentino avec lui dans ses cartons.

Il passe en tout deux ans à travailler pour Guy Laroche, puis saute le pas et retourne en Italie, direction Rome, pour y présenter sa première collection avec le soutien moral et financier de son père. Une présentation qui a lieu dans son propre salon, Via Condotti. Coup de chance, Elizabeth Taylor se trouve alors dans la capitale pour le tournage du film Cléopâtre et tombe sous le charme des créations du jeune homme. Elle lui commande une robe blanche qu'elle arbore lors de la première mondiale du film Spartacus. Mais malgré ce beau coup d'éclat, les difficultés financières se font sentir au bout d'un an.

Le rouge Valentino

Alors, pour mener à bien son business naissant, Valentino choisit de s'associer à son compagnon de l'époque, un jeune architecte du nom de Giancarlo Giammetti à qui il confie la stratégie de la marque en 1960. Deux ans plus tard, Valentino Garavani fait ses premiers pas en haute couture avec un défilé au Pitti Palace de Florence qui lui permet d'acquérir une renommée internationale. L'inspiration de Valentino : le glamour d'Hollywood version old school. De la soie, de la dentelle, et un rouge Valentino, connu dans le monde entier pour être sa signature. Ce qui en fait l'un des favoris des actrices et des célébrités, nombreuses à opter pour ses créations.

Parmi ses fans : la princesse Margaret, Audrey Hepburn ou encore Jackie Kennedy. Cette dernière a d'ailleurs passé une commande très spéciale au créateur, puisqu'elle lui a demandé de confectionner pour elle ses robes de deuil après l'assassinat de son premier époux, le président américain John F. Kennedy. Puis, en 1968, sa robe de mariée pour son union avec l'armateur grec Aristote Onassis. Une pièce tirée de la Collection Blanche de Valentino, présentée cette année-là, alors que le monde est aux hippies, au tie & dye et aux couleurs flashys. A contre-courant de cette tendance, le créateur choisit de composer un défilé où seuls le blanc, le beige et l'ivoire ont droit de cité. Une ligne saluée dans le monde entier, au cours de laquelle il développe aussi son V, logo emblématique de la maison.

Face à une renommée qui ne cesse de grandir, Valentino ouvre son premier magasin de prêt-à-porter à Milan en 1969. Et règne sur la mode italienne des années durant, développant des parfums, des accessoires et sympathisant avec les stars du monde entier. Comme Gisele Bündchen qui a défilé pour lui des dizaines de fois, Anne Hathaway, dont il a dessiné la robe de mariage, ou encore Julia Roberts, qui lui doit l'une des plus belles robes portées sur tapis rouge aux Oscars de 2001...

En 1998, Valentino vend sa marque à Gianni Agnelli, riche industriel italien, pour 300 millions d'euros. Il en reste le directeur artistique jusqu'en 2008, année au cours de laquelle il présente son dernier défilé haute couture au Musée Rodin. Sa carrière a été saluée par le CFDA (Council of Fashion Designers of America) en 2000. Il a aussi été nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en 2006.