Comment savoir si un vêtement est vraiment éco-responsable ?

Le message est clair, mais l'étiquette un peu moins. Si nous sommes de plus en plus attentifs à l'impact de notre garde-robe, certaines marques, elles, brouillent les pistes avec des vêtements qui n'ont d'éco-responsable que l'apparence. Découvrez comment déjouer le greenwashing.

Comment savoir si un vêtement est vraiment éco-responsable ?
© THINK b / stock.adobe.com

Avec l'éveil écologique de la société, le greenwashing des marques de mode est devenu une discipline olympique. Comme le dénonce le multimarque engagé WeDressFair avec sa campagne percutante révélée lors de la Fashion Revolution Week 2020, nombreux sont les faux-amis employés pour nous faire croire à des démarches green quand la réalité est tout autre. Derrière le vocabulaire éco-conscient en vogue se cache une multitude de ruses pour verdir son image sans passer par la case "action". Mais comment distinguer le vrai du faux dans cette guerre marketing où tous les coups sont permis ? Reconnaître un vêtement éco-responsable : mode d'emploi. 

Comment savoir si la fabrication est éthique ? 

En première ligne des mauvaises pratiques : les acteurs de la mode, de la production des matières premières à la confection dans les ateliers. Depuis l'effondrement du Rana Plaza en 2013, une des préoccupations principales autour du prêt-à-porter est la traçabilité. Qui fait nos vêtements et dans quelles conditions ?

Origine géographique : 

Pour s'assurer que la fabrication a été faite dans le respect de la dignité humaine, le réflexe est de s’intéresser à son origine géographique. Comme l'ont prouvés les scandales liés aux sweatshops, ces ateliers de fabrication miteux implantés en périphérie des grandes villes en Europe comme ailleurs, le tri par pays n'est pas pertinent. Le made in China n'est pas nécessairement gage de mauvaise qualité, tout comme made in Europe ne certifie pas de bonnes conditions de travail. Pour le "made in France", le mieux est de se référer à la certification Fabrication Française Garantie pour laquelle 50% du prix unitaire de revient doit être acquis en France. 

Protection sociale :

Pour être sûr des conditions de fabrication d'un vêtement, il vaut mieux faire confiance aux labels. Avec leurs spécificités propres, chacun garanti à sa façon le bon déroulement de la production et la protection des employés grâce à des contrôles réguliers. Les principaux labels de protection sociale fiables sont : Fair Trade, Fair Wear Foundation (FWF), SA 8000...

Protection animale :

Cuir, laine, plumes, soie... Les matières naturelles impliquent souvent une exploitation animale. Deux solutions s'offrent au consommateur : la mode vegan ou garantie sans cruauté animale. Certifiant l'absence totale de traite animale, le label le plus rependu est celui de la PETA. Pour ce qui est du traitement éthique des animaux, différentes certifications existent en fonction des matières premières et des animaux concernées. Pour la soie, la soie Eri se récupère sans tuer le cocon, la soie biologique le préserve des pesticides. Pour le cuir et le duvet, le Responsible Down Standard (RDS) garantit le bien-être animal. Pour la laine, il s'agit du Responsible Woof Standard (RWS)...

Comment savoir si la matière est écologique ?

La notion de matière écologique est très floue et aucune matière n'est parfaite, car chacune a un impact. Pour démêler les "meilleures fibres" des "moins bonnes", la solution est encore de faire appel à son bon sens, d'aiguiser ses connaissances en la matière, et comme toujours, de s'en remettre aux labels comme GOTS et sa charte biologique stricte.

Matières recyclées :

Issues du recyclage de produits finis ou de déchets industriels, les matières recyclées pullulent dans les rayons. Certaines matières comme la laine peuvent être 100% recyclées alors que le coton, lui, doit être mélangé à des fibres neuves. Les chutes de cuir se recyclent également. 
Au rayon synthétique, on recycle le polyester (rPET) ou encore le polyamide (Econyl). Pour chacune de ces matières, il y a des pour (nettoyer les océans, réutiliser les surplus) et des contre (recyclage chimique, recyclabilité du produit dans le temps, libération de particules pendant sa dégradation) de quoi passer des heures à analyser les étiquettes à la loupe. 

Matières secondaires :

Dans un autre genre, les matières issues des résidus industriels représentent une solution circulaire. Les déchets des uns sont transformés en matière par les autres comme avec l'ananas (Pinatex), la pomme (Frumat) et même le cuir animal avec l'agro-alimentaire. 

Matières vegan :

Si elles préservent les animaux, les matières alternatives au cuir ne préservent pas pour autant la planète. Souvent utilisés pour le remplacer, le polyuréthane issue de la pétrochimie ou le PVC sont des matières qui ont un impact catastrophique sur l'environnement. Mieux vaut se tourner vers des matières innovantes récentes qui prennent en compte l'impact chimique pour moins polluer.

Matières naturelles :

Les problématiques des matières naturelles végétales se situent à deux niveaux : leur culture et leur traitement. Pour ce qui est de leur culture, certaines matières sont plus gourmandes que d'autres en eau et en pesticides que d'autres (toujours privilégier le bio). Le coton, bio ou non, est un faux-amis car il est extrêmement gourmand en eau. La fabrication de la viscose de pulpe de bois nécessite beaucoup de produits chimiques. Au contraire, s'ils sont bio, le lin (beaucoup cultivé en France) et le chanvre sont de très bons élèves avec peu d'irrigation nécessaire. 
Les matières naturelles animales comme le cuir ou la soie sont également traitées pour être utilisables. Préférez le tannage naturel ou sans chrome et la teinture certifiée GOTS

Comment savoir si le vêtement pollue ?

Un vêtement peut polluer de plusieurs manières. D'abord pendant la fabrication de sa matière (synthétique ou non, biologique ou non, teintée et traitée avec des produits chimiques ou non), puis avec sa conception et enfin dans sa fin de vie (est-il recyclable ou bien ses nombreux détails rendent son démantèlement impossible ?). Présence rassurante, le label Oeko-Tex certifie l'absence de produits toxiques pour l'environnement et pour l'homme. 

En suite, avec son transport s'il est fabriqué loin de son lieu de vente. De nombreuses entreprises de mode passent au zéro déchet, utilisent des emballages simplifiés ou réutilisables pour les livraisons et les retours pour minimiser leur impact. Un vêtement éco-responsable est aussi un vêtement dont la commercialisation a été attentive à tous ces détails.