Accouchement sous X : le débat relancé

Un père est actuellement devant les tribunaux pour tenter de récupérer son fils, né sous X et adopté par une autre famille. Cette affaire pose la question de la possibilité pour une femme, en France, d'abandonner son nouveau-né aux services de l'État et le droit de demeurer anonyme aux yeux de la société.

Accouchement sous X : le débat relancé
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Yohan Delorme, père d'un bébé de 18 mois né sous X, a saisi le procureur afin que sa reconnaissance de paternité soir présente sur l'acte de naissance de l'enfant. La procédure est longue, si bien que lorsqu'elle aboutit, le garçon a déjà été pris en charge par les services départementaux en vue d'une adoption. Malgré la décision du tribunal de grande instance de Nantes de restituer l'enfant au père, ce dernier n'a pas récupéré son enfant car le conseil général de Loire-Atlantique, ainsi que le parquet, ont fait appel de cette décision de justice.
Depuis plusieurs années, les gouvernements s'intéressent à une réforme de l'accouchement sous X sans prendre de décisions.
Faut-il laisser ouverte la possibilité aux femmes d'abandonner un nouveau-né sans laisser aucune trace ou doit-on respecter le choix de l'enfant de connaître son histoire ? De nombreux politiciens se sont penchés sur la question. Le projet de la loi famille devait trouver une solution, mais le gouvernement l'a reporté en 2015. Les associations se disent victimes de ce report. "Le besoin d'une réforme de l'adoption devient criant. On en parle depuis 2007. (...) Le temps que la loi soit votée et mise en application, il faudra encore attendre fin 2016 ou 2017. Pendant ce temps, les enfants attendent", a déclaré Nathalie Parent, présidente d'Enfance & Familles d'adoption (EFA) au Figaro. 
Les nés sous X, à la recherche de leurs origines, ont quant à eux, peur de voir abandonner la réforme alors que Dominique Bertinotti, secrétaire d'Etat à la famille dans le gouvernement Ayrault avait évoqué une levée de l'anonymat pour ces enfants. Suite au report, Laurence Rossignol a confié au Figaro : "Pour les femmes, il ne faut pas oublier que l'accouchement sous X est une alternative à l'accouchement "caché", à l'abandon ou à l'IVG. Bien évidemment, je défends le droit à l'IVG, mais on ne peut ignorer les femmes qui n'ont pas pu ou voulu y avoir recours et ne peuvent élever un enfant". Une opinion que beaucoup de féministes partagent.

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L'accouchement sous X est encore sujet à de nombreux débats © Olivier Le Moal - Fotolia.Com