Baby blues : causes, que faire, comment rester positive ?

60% des femmes souffrent d'un baby blues après leur accouchement. Un état transitoire parfaitement normal auquel il faut pourtant être attentif. Combien de temps dure un baby blues ? Les conseils de Céline Masmonteil, psychologue, pour appréhender au mieux cette étape.

Baby blues : causes, que faire, comment rester positive ?
© daisydaisy

[Mise à jour du 16 mars 2022]. Heureuse d'avoir enfin son bébé dans les bras, la jeune maman peut être surprise de se sentir tout à coup triste et mélancolique. Elle passe du rire aux larmes sans raison apparente et se trouve généralement très démunie face à ces sentiments contradictoires. Aussi violent qu'il puisse être, le baby blues est pourtant parfaitement normal !

Qu'est-ce que le baby blues ?

Le baby blues est avant tout une réaction physiologique, notamment provoquée par la chute brutale du taux d'hormones qui survient après l'accouchement. "C'est un état réactionnel et transitoire qui ne doit pas être considéré comme pathologique, mais qui mérite écoute et attention. Il est toutefois bon de rappeler que si toutes les femmes vont avoir une chute hormonale, toutes ne font pas baby blues !" explique Céline Masmonteil, psychologue à Paris. La fatigue, le stress, l'épuisement psychologique plus les bouleversements hormonaux, tout ceci explique aisément que les jeunes mamans puissent se sentir perdues. La psychologue évoque de véritables "montagnes russes émotionnelles". L'immense responsabilité dont elles ont désormais la charge leur semble insurmontable. Elles vont être très exaltées puis tout à coup envahies par la tristesse et les larmes. 

Quand survient le baby blues ?

Il se produit généralement entre le troisième et le cinquième jour suivant la naissance.

Quand s'arrête le baby blues, combien de temps dure-t-il ?

Le baby blues peut durer de quelques heures à une dizaine de jours. "Au delà de 15 jours, il faut s'en inquiéter et en parler à un professionnel car il pourrait s'agir d'une dépression du post-partum qui nécessite un accompagnement plus adapté" souligne la psychologue. Il est alors impératif d'en parler avec des professionnels que l'on peut rencontrer dans les centres de Protection Maternelle Infantile (PMI) ou faire appel à une sage-femme, un médecin ou un psychologue exerçant en libéral. 

Comment se soigner d'un baby blues, que faire ?

"Le baby blues n'est pas une pathologie et ne nécessite pas une prise en charge spécialisée" explique la psychologue. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il doive être banalisé ! "Les mères ont besoin d'être écoutées, respectées et soutenues avec bienveillance. Il faut les rassurer sur le fait que le baby blues est un état transitoire qui d'une certaine façon marque la fin de la période de grossesse où la mère et le bébé ne font qu'un et celle de la rencontre avec le bébé, cet autre à découvrir." ajoute Céline Masmonteil.

L'allaitement diminue-t-il le risque de faire un baby blues ?

Si on sait qu'un allaitement réussi diminue le risque de faire une dépression post-partum, les connaissances sont plus flous au sujet du baby blues. Toutefois, il faut savoir que le fait de donner le sein permet la sécrétion de l'ocytocine, surnommée "hormone du bonheur" ou "hormone de l'amour". Cette hormone a un effet apaisant et relaxant, ce qui permet de se sentir calme, en confiance, et de ressentir de l'attachement pour son bébé. Cela peut donc permettre de réduire le risque de baby blues, comme de dépression post-partum. Mais encore faut-il que cela ne soit pas contrebalancé par les difficultés qu'une maman peut rencontrer, en particulier au début de l'allaitement, qui peuvent, à l'inverse, lui donner un sentiment d'échec.

Comment savoir si je fais une dépression post-partum : quelle différence ?

La dépression du post-partum est marquée par un état clinique plus sévère, elle débute souvent vers le sixième ou huitième mois après la naissance de l'enfant et dure en moyenne de 6 mois à 1 an. Si l'on retrouve les symptômes du baby blues, ils sont ici plus intenses et durables. "D'autres symptômes s'ajoutent, notamment une perte de l'élan vital et d'intérêt pour les activités du quotidien, une culpabilisation intense, la sensation d'être incapable d'avancer et l'épuisement dés le matin." explique Céline Masmonteil. La relation mère-enfant peut aussi souffrir de cette dépression, en réaction à cette dysharmonie, les bébés peuvent se montrer irritables, souffrir de troubles du sommeil ou de l'alimentation. Ces manifestations du bébé conduisent à leur tour à l'intensification des sentiments dépressifs maternels, et les voila pris dans un système de causalité circulaire qu'il faut absolument rompre. D'où l'importance que le diagnostique soit posé le plus rapidement possible. Si le baby blues ne nécessite pas de prise en charge spécialisée, la dépression du post-partum doit l'être par des spécialistes qui pourront évaluer les besoins de la mère et le type de prise en charge adapté à la situation.

Les papas peuvent-ils aussi faire un baby blues ?

Bien évidemment, le baby blues concerne en premier lieu les jeunes mamans, mais les papas peuvent eux aussi souffrir d'un bouleversement émotionnel dans les mois qui suivent la naissance de leur enfant. Cette crise est davantage liés aux remaniements psychiques inhérents à l'arrivée d'un enfant : trouver sa place en tant que père, sentiment de responsabilité, réminiscence des éventuels conflits non résolus. "Pour autanton ne peut exclure une participation physiologique depuis qu'une étude américaine de 2017 a constaté que des pères pouvaient aussi connaitre une chute de leur taux de testostérone dans les neuf mois qui suivent la naissance de leur enfant", explique la psychologue, On parle aussi de dépression post-partum pour les pères. Elle est beaucoup plus difficile à détecter car les hommes sont moins en lien avec les professionnels de santé durant le suivi pré et post-natal. "Ajoutons à cela qu'ils ne se sentent souvent pas légitimes à évoquer leur mal-être alors que c'est leur femme qui a fait tout le boulot" ajoute la spécialiste.

Baby blues : quelles conséquences sur le lien mère-enfant ?

Il est important de soutenir, de "chouchouter" la mère pour qu'elle puisse continuer de s'occuper de son bébé. Dans la mesure du possible, il faut la laisser faire avec son bébé et la rassurer sur les compétences qu'elle est entrain de développer. Il n'y a donc pas de retentissement à craindre pour le bébé tant que la mère est soutenue.

Après l'accouchement