Mélina Robert-Michon, lanceuse de disque, 44 ans et deux enfants : " Le sport a changé ma vie "

Présente au Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines pour le lancement de l'opération Capitaine Sport Planète MAIF, la championne de lancer du disque Mélina Robert-Michon s'est confiée sur sa saison à venir, ses rêves et ses engagements.

Mélina Robert-Michon, lanceuse de disque, 44 ans et deux enfants : " Le sport a changé ma vie "
©  Lairys Laurent/ABACA

En 2023, Mélina Robert-Michon a célébré ses 25 ans passés en équipe de France d'athlétisme. Une longévité exceptionnelle pour la lanceuse de disque licenciée au Lyon Athlétisme. Médaillée d'argent aux Jeux olympiques de Rio en 2016, puis non-qualifiée pour la finale de sa discipline cinq ans plus tard à Tokyo, l'athlète de 44 ans et maman de deux petites filles prépare les Jeux olympiques de Paris 2024 avec une envie qui ne tarit pas. Et la volonté de faire porter, un peu plus, sa voix. Nommée Capitaine Sport Planète MAIF aux côtés de six autres championnes françaises, Mélina Robert-Michon compte aussi sur cette année olympique pour transmettre sa vision de l'écologie : le droit à l'imperfection, mais des petits gestes au quotidien conjugués à l'envie d'apprendre et de progresser. 

Journal des Femmes : Quel est votre secret pour avoir toujours envie de performer après toutes ces années ?
Mélina Robert-Michon :
J'aime ce que je fais. C'est la base et je m'estime heureuse de pouvoir vivre de ma passion, de pouvoir vivre toutes ces émotions fortes et ces aventures. Je sais que cela ne va pas durer, même si cela a déjà duré plus longtemps que je ne le pensais au départ. J'ai toujours fonctionné comme ça. J'essaie, ça marche ou pas, mais je n'ai aucun regret.

À l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024, à quoi ressemble votre quotidien ?
Nous sommes dans la dernière ligne droite. J'étais en stage en décembre et en janvier. Les premières compétitions vont arriver fin février. Je m'entraîne environ 30 heures par semaine. Je lance, je fais de la préparation physique, de la musculation et je relance. Tous les jours. J'ai un jour de repos par semaine. Ça peut être le samedi ou le dimanche.

À quoi ressemblent vos Jeux olympiques de Paris 2024 dans vos rêves ?
J'ai une médaille autour du cou, devant ma famille et mes proches.

Vous avez eu deux enfants au cours de votre carrière. Qu'est-ce que la maternité a changé pour vous ?
Je crois que c'est aussi grâce à ces maternités que ma carrière a autant duré. Je ne suis pas certaine que ç'aurait le cas sans ces grossesses. Ces coupures m'ont fait du bien à la tête. J'ai pu prendre du recul, me décentrer, sentir que la compétition me manquait et que j'avais envie de retourner à l'entraînement. J'ai aussi réalisé ma chance de pouvoir vivre de mon sport.

Mélina Robert-Michon lors de l’opération Capitaine Sport Planète MAIF. © Charles FLAUTRE

Les problématiques environnementales ont pris beaucoup d'ampleur depuis vos débuts en athlétisme. Comment avez-vous évolué au fil du temps ?
L'évolution se trouve surtout au niveau des déplacements. Je ne tombe pas dans les extrêmes en me disant que je ne vais plus prendre l'avion. Je sais que j'en ai besoin pour aller sur des compétitions internationales comme les championnats du monde ou d'Europe. Mais je le fais moins et pour de bonnes raisons. Nous essayons parfois de grouper ces déplacements avec une autre compétition par exemple. Si le meeting est en France, nous pouvons prendre un train ou organiser des covoiturages. Ce sont des choses auxquelles je faisais déjà attention et auxquelles je veille encore plus aujourd'hui. Je ne suis pas extrémiste, mais je pense que chacun peut prendre de bonnes habitudes et faire de petits efforts. L'idée est aussi d'éduquer les plus jeunes. Je suis fille d'agriculteur, on m'a appris toute petite certains gestes et cela ne me demande aucun effort de les faire. Plus on est initié jeune à l'écologie, plus c'est simple et ancré en nous.

Qu'est-ce que le sport a apporté à votre vie ?
C'est simple : le sport a changé ma vie. Jamais je n'aurais imaginé avoir cette vie. Je viens d'un petit village, à la campagne… J'ai eu la chance de pouvoir voyager et faire des rencontres. On ne mesure pas assez l'importance que peut avoir le sport. Et je ne parle pas que du haut niveau. Quand on est jeune, c'est une telle richesse. On ne peut pas se passer de ça. On ne devrait pas.

La culture du lancer en France reste peu développée. Que pourrait-on faire pour inverser cette tendance ?
Il faut plus parler de lancer et médiatiser ces disciplines, car on ne peut pas aimer quelque chose que l'on ne connaît pas. Simplement en regardant autour de moi, je vois que certain-e-s de mes proches s'y sont intéressé-e-s en me voyant faire et se sont dit que c'était une discipline sympa à pratiquer ou à regarder. Les performances des athlètes de haut niveau aident aussi. Aujourd'hui, on voit arriver dans les clubs d'athlétisme des enfants qui veulent faire du lancer. Avant, ça n'arrivait jamais.

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