Enceinte, peut-on manger du thon en boîte ?

Pendant la grossesse, les interdits alimentaires sont légion et il n'est pas toujours facile pour les futures mamans de savoir ce qu'elles peuvent consommer sans risque. Intéressons nous au cas du thon en boite. Les femmes enceintes ont-elles le droit d'en manger ? Quels sont les risques liés au mercure ? Explications.

Enceinte, peut-on manger du thon en boîte ?
©  iakovenko

Quels sont les bienfaits du thon pendant la grossesse ?

Riche en protéines, le thon en boîte a toute sa place dans une alimentation saine et équilibrée pendant la grossesse. À condition, bien sûr, de ne pas en abuser. Le thon en boîte est riche en omégas 3, essentiel au développement du cerveau de bébé. Il apporte également du phosphore, important pour la formation osseuse, du potassium et des vitamines du groupe B, essentiel pour le système nerveux. Le thon est un poisson gras que l'on trouve dans l'Atlantique et en mer Méditerranée mais aussi dans la mer Noire, l'océan Indien, la mer Baltique et le Pacifique. Le thon est aussi source de sélénium, et de vitamine A. Quatre espèces de thon sont aujourd'hui majoritairement utilisées par l'industrie : germon, albacore, obèse et le listao. C'est ce dernier que l'on retrouve le plus fréquemment dans les conserves, au même titre que le thon albacore. Malgré ses qualités nutritionnelles, le thon est un grand poisson qui contient des métaux lourds, et en particulier du mercure, une substance particulièrement toxique pour le nourrisson. Cela signifie-t-il qu'il faut absolument éviter de consommer du thon pendant la grossesse ? Pas nécessairement !

Peut-on manger du thon en boîte pendant la grossesse ?

"Le thon en boîte n'est pas un aliment interdit pendant la grossesse. En raison de la présence de métaux lourds, on recommande toutefois de modérer sa consommation et de ne pas en manger tous les jours", explique Magali le Mardeley, diététicienne. Il existe différentes conserves de thon, à l'huile ou au naturel, bio ou non bio. Si choisir du poisson bio est souvent synonyme de pêche plus durable, le thon biologique en boite n'est pas forcément le moins contaminé. Il est toujours important de vérifier la provenance du thon et de privilégier les conserves de marques locales pratiquant une pêche raisonnée. Quant au choix du thon à l'huile ou au naturel, cela appartient à chacun. "Le thon au naturel ce n'est que de la protéine. L'huile est nécessaire pendant la grossesse. Le plus important est d'avoir au minimum une huile riche en oméga 3 et une huile riche en oméga 6 dans son alimentation", détaille la spécialiste. 

Enceinte, quelle quantité de thon peut-on manger par semaine ?

Dans son avis publié en 2016 sur la consommation de poissons et l'exposition au méthylmercure, l'ANSES rappelle qu'à haute dose "le méthylmercure est toxique pour le système nerveux central de l'homme en particulier durant son développement in utero et au cours de la petite enfance". L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail rappelle également que la consommation de poisson constitue la principale source d'exposition alimentaire de l'homme au méthylmercure. En conséquence, L'ANSES recommande aux femmes enceintes et allaitantes de "limiter la consommation de poissons susceptibles d'être fortement contaminés à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois." Le thon fait partie, comme le flétan de l'Atlantique, les lottes mais aussi les raies, de ces poissons à risque d'être fortement contaminés. 

Quelles alternatives au thon en boite pendant la grossesse ?

Le poisson en boîte est l'allié des repas sur le pouce. Et il s'accommode parfaitement avec une bonne salade de crudités ou même un plat de pâtes. Comme nous l'avons vu, le thon en boîte doit être consommé avec modération pendant la grossesse. Mais il existe heureusement des alternatives. "Les poissons en boite intéressants, cela peut être les sardines ou les maquereaux car ils sont riches en omégas 3. Surtout ce sont de petits poissons, ils sont beaucoup moins bio accumulateurs que le thon", recommande la diététicienne.