Placenta praevia : avoir un placenta bas, quels risques ?

Il arrive que le placenta ne se positionne pas comme il le devrait par rapport à l'utérus. S'il est situé trop bas, il s'agit d'un placenta praevia. Quels sont les risques ? Peut-on accoucher par voie basse avec un placenta praevia ? Les explications du Dr Cécile Pénager, gynécologue-obstétricienne.

Placenta praevia : avoir un placenta bas, quels risques ?
©  serhiibobyk

Qu'est-ce qu'un placenta praevia

"On parle de placenta praevia lorsque le placenta est trop bas inséré, c'est à dire à moins de 5 cm du col de l'utérus", explique le Dr Pénager. On parle de placenta praevia lorsque celui-ci recouvre complètement le col.

Pourquoi le placenta est-il trop bas ?

Il existe plusieurs facteurs de risque de présenter un placenta praevia : la fécondation in vitro, une malformation utérine, un antécédent de placenta bas inséré. 

Comment savoir que l'on a un placenta praevia ? 

Si la future maman n'a aucun symptôme, on détecte généralement le placenta praevia lors de l'échographie du deuxième trimestre.

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Types de placenta praevia © artinspiring-123rf

Le placenta peut-il remonter au cours de la grossesse ?

"Il arrive que le placenta bas inséré remonte et s'insère normalement en fin de grossesse, notamment parce que l'utérus s'allonge", précise la gynécologue. C'est en revanche beaucoup plus rare dans le cas d'un placenta recouvrant, qui ne remonte généralement pas suffisamment pour découvrir le col. 

Quels sont les risques du placenta praevia ?

"Le placenta étant très près du col, il y a plus de risques de petits décollements et de saignements, dès le deuxième trimestre", explique le Dr Pénager. Si les saignements sont peu abondants, ils peuvent ne nécessiter qu'une hospitalisation de courte durée. "En revanche, si les saignements sont accompagnés de contractions utérines, on est face à un vrai tableau de menace d'accouchement prématurée. La femme enceinte est alors hospitalisée pour surveiller les saignements, s'assurer que le bébé va bien et stopper les contractions", ajoute la spécialiste. La future maman reste hospitalisée jusqu'à ce que les saignements s'arrêtent puis sort avec un arrêt de travail. Si la situation se dégrade à nouveau, elle est à nouveau hospitalisée, parfois jusqu'à l'accouchement. Une hémorragie sévère est par ailleurs possible en cours de grossesse, et cela représente un vrai risque pour la mère. On peut donc être amené à faire une césarienne en urgence.

Quelles recommandations pendant la grossesse ?

"Si le diagnostic est posé en dehors de tout symptôme, on dit à la femme de vivre sa vie normalement et de consulter si elle a des saignements," explique la gynécologue. Cette dernière insiste toutefois sur la nécessité de faire attention pendant les rapports sexuels qui, s'ils ne sont pas interdits, doivent être doux. Il est  également important que la future maman communique sur le placenta praevia auprès des professionnels qui peuvent être amenés à l'examiner afin qu'ils soient très précautionneux pour réaliser des touchers vaginaux. Ils sont même parfois contre-indiqués, le médecin s'aidera alors de l'échographie endovaginale pour mesurer le col. 

Placenta praevia : quelles conséquences sur l'accouchement ?

La décision quant à l'accouchement va dépendre de la position du placenta en fin de grossesse. "Si le placenta est bas inséré mais à plus de 1,5cm du col (à réévaluer le jour de la mise en travail), on peut autoriser un accouchement par voie basse. Mais il y a plus de risque de saignements et d'hémorragie de la délivrance après accouchement. Cela demande toutefois une surveillance plus minutieuse", explique le Dr Pénager. 

Si le placenta est vraiment bas, la césarienne est inévitable. "On fait une échographie pour localiser le placenta à 37 SA. S'il est vraiment recouvrant, on programme la césarienne à partir de 38 SA pour éviter une mise en travail spontanée", détaille-t-elle. 

Merci au Dr Cécile Pénager, gynécologue-obstétricienne
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