Paracétamol et grossesse : quelles recommandations ?

Enceinte, les médicaments sont à prendre avec précaution, mais qu'en est-il du paracétamol ? Que prendre pour soulager la douleur ? On fait le point sur les risques, les conséquences et les recommandations pour les femmes enceintes.

Paracétamol et grossesse : quelles recommandations ?
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Peut-on prendre du paracétamol enceinte ?

Les médicaments pendant la grossesse sont à prendre avec précaution, et toujours avec l'avis d'un professionnel de santé (médecin, sage-femme ou pharmacien). L'ibuprofène ou l'aspirine par exemple sont à éviter, particulièrement après le 5e mois de grossesse, mais qu'en est-il du paracétamol ? Selon l'ANSM, "les données portant sur les femmes enceintes ne montrent pas de risque de malformation ou de toxicité fœtale/néonatale". En outre, les études concernant les risques sur le neuro-développement de l'enfant présentent "des résultats discordants". L'ANSM précise qu'en cas de besoin, "le paracétamol peut être utilisé pendant la grossesse à la dose efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte possible et à la fréquence la plus réduite possible". Ce médicament est généralement utilisé pour soulager les douleurs de la grossesse, légères à modérées et permet de réduire la fièvre.

Paracétamol pendant la grossesse : quels sont les risques ?

L'ANSM rappelle qu'en dehors des risques liés à la grossesse, "le paracétamol peut présenter d'autres effets indésirables, notamment des lésions graves du foie dans certains cas de surdosage, pouvant conduire à des greffes du foie". En revanche, les femmes qui allaitent peuvent en prendre.

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Paracétamol et grossesse : quelles conséquences sur le foetus ?

Une étude publiée ce 23 septembre dans la revue Nature Reviews Endocrinology s'est penchée sur les risques du paracétamol pendant la grossesse. Les auteurs appellent à la précaution et recommandent aux femmes enceintes de considérer le paracétamol comme un véritable médicament. En effet, parmi les 50% de femmes dans le monde (65% aux Etats-Unis) qui prennent du paracétamol enceinte, "nombreuses sont celles à ne pas considérer le paracétamol comme un vrai médicament qui peut avoir de possibles effets secondaires", a précisé lors d'une conférence de presse David M. Kristensen, chercheur à l'université de Copenhague, au Danemark. Les chercheurs de l'étude spécialisés en neurologie, en pédiatrie, en gynécologie ou encore endocrinologie appellent à la prudence. "En tant que scientifiques, experts de la médecine et professionnels de la santé publique, nous sommes préoccupés par les taux croissants de troubles neurologiques, urogénitaux et reproductifs. Nous constatons une augmentation troublante du nombre d'enfants avec des problèmes cognitifs, d'apprentissage et/ou de comportement", ont-ils souligné. 

Par ailleurs, le paracétamol pourrait agir comme perturbateur endocrinien, perturbant à la fois chez la mère et le foetus, la production de certaines hormones, selon les auteurs de l'étude. "Pendant la grossesse, des changements se produisent dans la manière dont le paracétamol est métabolisé, ce qui rend les femmes enceintes et leur fœtus plus vulnérables aux effets toxiques", expliquent-ils.

Pour autant, ces résultats sont à nuancer car si la moitié des femmes dans le monde prennent du paracétamol pendant la grossesse, l'étude n'évalue pas la fréquence de la prise de ces médicaments. "On a malheureusement très peu de données sur à quel point les femmes en prennent, on sait combien de femmes en prennent, on sait que c'est la moitié des femmes dans le monde, ce qui est énorme, mais on ne sait pas combien ont pris quoi et quand" a précisé Shanna Shawn, endocrinologue. Elle ajoute que d'autres études doivent être menées afin de déterminer si la prise de paracétamol chez ces femmes enceintes est occasionnelle ou non.

Paracétamol pendant la grossesse : quelles recommandations ?

Les auteurs de l'étude recommandent aux futures mamans de prendre du paracétamol que sur indication médicale, de consulter un professionnel de santé pour une utilisation sur du long terme, et utiliser la plus faible dose sur la moins longue durée, comme le recommande l'ANSM. "S'il s'agit d'une douleur légère, ou d'une sensation d'inconfort (...), vous devriez vous arrêter et vous demander si vous en avez vraiment besoin. On ne fait aucune recommandation à propos d'un usage en particulier, on conseille aux femmes de consulter leur médecin si elles veulent prendre ce médicament autrement que pour un temps limité et une dose limitée", conclut ", affirme Shanna Shawn.

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