Hématome rétro-placentaire : causes, symptômes et risque de récidive

L'hématome rétro-placentaire est une complication rare, mais grave, de la grossesse. De quoi s'agit-il et comment est-il pris en charge ? On fait le point sur les risques, les symptômes et les causes du décollement prématuré du placenta chez la femme enceinte, avec les conseils d'Anh-Chi Ton, sage-femme.

Hématome rétro-placentaire : causes, symptômes et risque de récidive
© tiagozr

Le placenta joue un rôle fondamental pendant la grossesse. Il permet non seulement les échanges d'oxygène et de nutriments entre le fœtus et sa maman, mais il remplit également une fonction protectrice très importante. Mais il arrive que ce précieux placenta présente des complications graves, la plus courante étant celle d'un défaut d'insertion. On parlera alors de placenta praevia ou accreta. Dans certains cas, le placenta peut également se décoller prématurément. Une complication sérieuse, potentiellement mortelle, qui nécessite une prise en charge rapide et souvent la réalisation d'une césarienne en urgence en fonction du stade de la grossesse auquel il survient.

Hématome rétro-placentaire  : de quoi s'agit-il ?

L'hématome rétro-placentaire (HRP) désigne un décollement prématuré du placenta. Il s'agit d'une urgence qui constitue une situation à risque pour la mère et l'enfant à naître. "Il se produit lorsqu'une artère du placenta se rompt, en raison d'un vasospasme, ou si une veine du placenta se thrombose" explique Anh-Chi Ton.

Hématome rétro-placentaire en début de grossesse : quand peut-il survenir ?

L'hématome rétro-placentaire survient au cours du troisième trimestre. Lorsqu'il y a des saignements rouges en début de grossesse, il s'agit généralement d'un décollement du placenta. 

Hématome rétro-placentaire : quelles sont les causes ?

La sage-femme tient d'abord à rassurer les mamans : "L'hématome rétro-placentaire est très rarement consécutif à un traumatisme abdominal, une chute ou un coup par exemple". La spécialiste précise que trois mécanismes peuvent être à l'oeuvre dans la survenue d'une telle complication.

La dysimmunité

Le fœtus est issu pour moitié de gènes étrangers au corps maternel, et normalement, il y a une tolérance par le système immunitaire. Mais il arrive que la molécule liée à cette tolérance immunitaire semble moins s'exprimer et interagisse avec d'autres cellules, ce qui peut expliquer l'hématome rétro-placentaire. Le système immunitaire va alors en quelque sorte rejeter la grossesse.

Une angiopathie 

Il s'agit d'un problème vasculaire au niveau du placenta, les artères qu'on appelle "artères spiralées maternelles" présentent plus de résistance pour faire passer le sang, donc le placenta est moins bien nourri en sang.

Une inflammation aiguë ou chronique 

Cela pourrait jouer un rôle, il y aurait des altérations d'interaction entre les cellules en cas d'inflammation. La chorioamniotite, infection du placenta et du liquide amniotique, est d'ailleurs un facteur de risque.

D'autres facteurs de risque ont été identifiés : tabagisme, multiparité, âge maternel au-delà de 35 ans, hypertension artérielle, antécédents d'hématome rétroplacentaire, pré-éclampsie.

Hématome rétro-placentaire : les symptômes

Les symptômes d'un hématome rétro-placentaire peuvent être très discrets. Mais dans la forme typique, la sage-femme explique que l'on observe trois signes majeurs : 

  • Des douleurs, souvent en coup de poignard, et d'apparition brutale. L'utérus se contracte, il est dur comme du bois, et ne se décontracte pas. 
  • Des métrorragies (saignements) qui peuvent être peu abondantes et noirâtres car le sang s'est accumulé avant de sortir en petite quantité. La femme enceinte peut également expulser des caillots.
  • Des anomalies du rythme cardiaque fœtal.

Hématome rétro-placentaire : quel traitement ?

"Il n'existe aucun traitement. Il s'agit d'une urgence vitale pour la mère et l'enfant et ce dernier doit être sorti le plus rapidement possible" explique Anh-Chi Ton. La présence d'un hématome rétro-placentaire impose une prise en charge d'urgence après avoir évalué l'état de santé de la mère et du fœtus. L'évacuation de l'utérus est la seule solution pour éviter une aggravation, aussi la césarienne est-elle systématiquement privilégiée face à des signes de souffrance fœtale.

Les risques d'un hématome rétro-placentaire

Fort heureusement, les cas sont rares, mais le risque est réel et les conséquences peuvent être dramatiques : séquelles neurologiques pour le fœtus dues au manque d'oxygène voire mort fœtale ; troubles de la coagulation, hémorragie et risques de récidive de HRP pour la mère.

Grossesse après un hématome rétro-placentaire : y a-t-il un risque de récidive ?

"Le risque de récidive lors d'une grossesse ultérieure est multiplié par 10 par rapport a quelqu'un sans antécédent d'hématome rétro-placentaire. Par conséquent, "la femme enceinte fera l'objet d'une surveillance très étroite" précise la sage-femme. 

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