Kinésithérapie prénatale : remboursement, quand commencer ?

Peu connue, la kinésithérapie prénatale permet de se préparer physiquement et mentalement à l'accouchement. Quels sont les fondamentaux de cette pratique ? À qui s'adresse-t-elle ? Quels sont ses bénéfices ? Réponses avec Mathilde Elind, kinésithérapeute spécialisée en périnatalité.

Kinésithérapie prénatale : remboursement, quand commencer ?
© nenetus-123rf

Qu'est-ce que la kinésithérapie prénatale ?

"Les kinésithérapeutes sont amenés à traiter des patients de la naissance jusqu'à la mort. Des femmes, des hommes, des enfants, des sportifs, des personnes sédentaires... Leur champ de compétences est très vaste. De leur côté, les sages-femmes sont vraiment axées sur la femme et plus particulièrement sur la femme enceinte. Ces deux professions partagent donc des compétences communes. La préparation à la naissance en kinésithérapie permet de préparer le corps à l'accouchement, à la manière d'une préparation physique pour une compétition sportive. La différence avec une préparation classique, c'est que l'on peut aller plus loin dans la prévention des douleurs, les étirements, les massages, la préparation du bassin mais aussi l'apprentissage du souffle pour le travail et la poussée", explique Mathilde Elind.

En quoi consiste la kinésithérapie prénatale ?

La préparation à la naissance en kinésithérapie comporte trois volets : 

La préparation physique

Elle sert à prévenir les douleurs, favoriser l'ouverture du bassin, éviter la rétention d'eau qui a tendance à favoriser les difficultés d'ouverture du périnée et du plancher pelvien pour le passage du bébé, entretenir la souplesse et la tonicité du périnée, mais aussi garder une activité physique adaptée tout au long de la grossesse afin de garder une sangle abdominale fonctionnelle et une capacité respiratoire suffisante pour l'accouchement.

La préparation mentale à l'accouchement 

L'objectif est de donner à la future maman des informations, des connaissances, lui apprendre à se détendre, à gérer son stress, pour mieux gérer l'intensité et la douleur des contractions

La préparation émotionnelle

Grâce à la visualisation, la future maman se prépare à l'arrivée du bébé en imaginant ce qu'elle ressentirait si elle sentait son odeur, si elle le prenait dans ses bras, le touchait, sentait sa chaleur... Cela permet de conditionner la femme à l'arrivée de son bébé. Mieux elle sera préparée, mieux elle saura gérer les contractions et les percevoir comme quelque chose de bénéfique qui la rapproche de son bébé. 

Quand commencer la kinésithérapie prénatale ?

La kinésithérapie prénatale peut être débutée à tout moment pour soulager les douleurs et préserver une activité physique adaptée tout au long de la grossesse. Cela ne sert à rien de commencer trop tôt car ce sont des outils dont les futures mamans vont avoir besoin pour l'accouchement. Il ne faut pas non plus s'y prendre trop tard car il y a de nombreux points à aborder. "Le seul qui est très codifié et cadré est la préparation du périnée, qui ne doit débuter qu'à partir de 34 semaines d'aménorrhée parce que l'on estime qu'en-deçà, le fait de stimuler le périnée chez des femmes ayant des prédispositions pourrait déclencher l'accouchement", indique la kinésithérapeute spécialisée en périnatalité. 

Quel remboursement et prise en charge ?

La kinésithérapie, quel qu'en soit le motif, est prise en charge par l'Assurance Maladie tout au long de la grossesse. Le médecin traitant peut mettre l'intitulé habituel sur l'ordonnance pour traitement en kinésithérapie.

Dans quels cas faire de la kinésithérapie prénatale ?

La kinésithérapie prénatale est recommandée pour toutes les femmes enceintes, même celles qui ont une césarienne programmée, que l'on souhaite un accouchement physiologique ou un accouchement classique avec péridurale, car cela va favoriser le déroulement de l'accouchement en donnant un maximum de connaissances aux femmes. En effet, la préparation du périnée permet de diminuer le risque d'incontinence, de déchirure et d'épisiotomie. La préparation respiratoire offre à la femme la possibilité de savoir exactement ce qu'elle doit faire pour pousser au moment de l'accouchement, cela permet de savoir engager ses abdominaux pour diriger correctement les pressions et éviter à plus long terme les descentes d'organes. "Enfin, l'activité physique va permettre de prévenir les douleurs. Toutes les activités dans l'eau sont adaptées puisqu'il n'y a pas d'impact : on peut sauter, courir, danser, faire de l'aquabike. Pour les femmes qui n'ont pas l'habitude de faire du sport, le yoga prénatal, plus calme, est conseillé. L'accouchement est grandement aidé par la mobilité : le bébé va faire 7 mouvements pour naître, la femme sera d'autant plus à l'aise en bougeant et en utilisant la pesanteur pour enfanter. Le kinésithérapeute étant le spécialiste du mouvement, cela rassure, il fait partie des spécialistes indispensables à cette préparation", précise notre interlocutrice.

Avant l'accouchement