Glycosurie enceinte : pourquoi mesure-t-on le glucose dans les urines ?

Tout au long de la grossesse, les futures mamans subissent des examens réguliers : prises de sang, échographies et analyses d'urine. On s'intéresse notamment au taux de sucre dans les urines qui, lorsqu'il est trop élevé, peut être un indicateur de diabète gestationnel.

Glycosurie enceinte : pourquoi mesure-t-on le glucose dans les urines ?
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Qu'est-ce que la glycosurie ?

La glycosurie désigne la présence de glucose (sucre) dans les urines. La femme enceinte urine dans un petit gobelet, puis la présence de sucre est déterminée par une bandelette en papier que l'on plonge dans les urines.

Glycosurie : faut-il être à jeun ?

Cet examen ne nécessite pas d'être à jeun, mais il est généralement effectué avec les premières urines du matin.

A quoi sert la glycosurie pendant la grossesse ?

"Au cours de la grossesse, la femme enceinte fait une analyse d'urine tous les mois pour surveiller différents paramètres : la présence de protéines dans les urines, qui peut signer une maladie vasculoplacentaire débutante, la présence de leucocytes et/ou de nitrites/leucocytes qui peut indiquer une infection urinaire. La présence de sucre dans les urines peut être un signe de diabète gestationnel mais elle ne suffit pas à poser le diagnostic", explique le Dr Pénager, gynécologue-obstétricienne.

La glycosurie est-elle synonyme de diabète gestationnel ?

"Normalement le glucose n'est pas détectable dans les urines en dehors du diabète mais trouver du sucre dans les urines, ce n'est pas grave. Il ne faut pas s'affoler.", rassure la gynécologue qui précise que cet examen n'est pas nécessairement pertinent chez une patiente non diabétique. Détecter une glycosurie peut effectivement permettre de déceler un diabète passé jusque-là inaperçu, mais l'analyse est surtout importante pour les femmes déjà diagnostiquées. 

La mesure du taux de sucre dans le sang

Plus que la glycosurie, c'est la mesure de la glycémie, le taux de sucre dans le sang, qui permet de poser le diagnostic de diabète gestationnel. "On va la mesurer en début de grossesse en cas de facteur de risque de diabète gestationnel (âge maternel < à 35 ans, IMC supérieur à 25, antécédent de diabète chez les parents, antécédent de diabète gestationnel, antécédent de macrosomie). Si au moins l'un de ces facteurs est présent, on fait une glycémie à jeun au premier trimestre.", explique la gynécologue.

Test HGPO : quel taux ?

Il n'est pas nécessaire de suivre la glycémie tous les mois. En revanche, la future maman passera entre 24 et 28 SA le test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale), qui permet de mesurer la réponse de l'organisme à la prise de sucre. "On fait d'abord une prise de sang à jeun. La patiente ingère ensuite 75 G de glucose puis on fait une prise de sang une heure après, et deux heures après.", détaille le Dr Pénager. Il suffit qu'une seule des trois valeurs (glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L,  glycémie à 1 heure ≥ 1,80 g/L, glycémie à 2 heures ≥ 1,53 g/L) soit positive pour poser le diagnostic de diabète gestationnel.

Merci au Dr Cécile Pénager, gynécologue-obstétricienne 

Suivi médical de la femme enceinte