Couches pour bébé : lesquelles sont les moins toxiques ?

Suite au rapport de l'Anses sur les risques liés aux substances chimiques présentes dans les couches pour bébé, le directeur général Roger Genet affirme qu'il n'y a pas de marque "meilleure que les autres sur les produits examinés". En outre, les fabricants reçus par la DGCCRF se sont engagés à produire des couches plus saines. On fait le point.

Couches pour bébé : lesquelles sont les moins toxiques ?
© Oksana Kuzmina-123RF

Suite au rapport de l'Anses publié le 23 janvier dernier, le directeur général Roger Genet répond aux questions de la commission des affaires économiques du Sénat en ce qui concerne les couches pour bébé. Pour rappel, l'Agence nationale de la sécurité sanitaire avait noté des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques. " Il s'agit de substances parfumantes (butylphényl méthyle propional ou lilial®, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde ou lyral®), certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le PCB-126, la somme des PCB-DL et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL ", précisait le rapport, qui faisait suite aux précédentes enquêtes de 60 Millions de consommateurs et de l'UFC-Que Choisir. Celles-ci avaient également mis en évidence la présence de substances chimiques dans certaines marques de couches pour bébé, en établissant un classement des produits. Dans un communiqué du 14 mars, Roger Genet apporte quelques précisions. "Quand on a mis au point nos tests plus représentatifs, on a décelé des choses que les industriels ne voyaient pas – ou ne semblaient pas voir ". Il ajoute néanmoins que "de façon générale, nous n'avons pas trouvé de marque qui était meilleure que les autres sur les produits que nous avons examinés". Alors, quels sont les risques des couches jetables pour la santé des bébés, qui en portent en moyenne 4000 au cours des premières années de leur vie ? 

Les couches jetables, bientôt interdites au Vanuatu. Pour lutter contre la pollution plastique et préserver les plages de sable blanc, cet archipel composé de 80 îles au de l'océan Pacifique a décidé d'interdire le plastique à usage unique. Ainsi, à partir du 1er décembre 2019, date de l'entrée en vigueur de cette nouvelle mesure, les gobelets, les assiettes, et les pailles en plastique seront interdits. Cette décision concerne également les couches jetables. Les parents n'auront donc plus d'autre choix que d'utiliser des couches lavables pour leur bébé.

Quels sont les risques pour le bébé ?

Au total, 23 références de couches pour bébé en vente sur le marché français ont été analysées entre 2016 et 2018. "Ces analyses ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés. Certaines de ces substances sont ajoutées intentionnellement, telles que des substances parfumantes qui peuvent entraîner des allergies cutanées. D'autres substances identifiées peuvent provenir de matières premières contaminées ou de procédés de fabrication (PCB-DL, furanes et dioxines, HAP)", précise l'Agence.

Couches toxiques : les recommandations de l'Anses

Pour éviter les risques d'expositions à ces substances chimiques, l'Agence recommande aux fabricants de "supprimer l'utilisation de toutes substances parfumantes, en priorité celles susceptibles de présenter des effets sensibilisants cutanés", de "mieux maîtriser l'origine des matières premières naturelles qui peuvent être contaminées avant même la fabrication, et enfin, d'améliorer les procédés de fabrication des couches. Un renforcement des contrôles est également préconisé ainsi que des mesures réglementaires restrictives au niveau national et européen.

Les fabricants de couches s'engagent

Deux semaines après la publication du rapport de l'Anses révélant la présence de substances toxiques dans les 23 marques de couches (testées de façons anonymes), les fabricants ont été reçus le 8 février 2019 par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Les producteurs étaient invités à se prononcer sur les mesures à mettre en oeuvre pour assurer plus de sécurité aux nouveaux-nés. Ils doivent notamment s'engager sur :

L'élimination des substances allergisantes, notamment dans les parfums, dans un délai maximal de trois mois.

- Dans un délai de 5 mois, les fabricants devront analyser les circuits d'approvisionnement et de fabrication afin d'identifier et d'éliminer les sources de contamination

- l'éradication de la présence de chlore, de COV cancérigènes, de dioxines et de glyphosate. 

- Mieux informer les consommateurs. Les fabricants de couches doivent faire figurer la composition des produits sur les emballages dans un délai maximal de 6 mois, donner une date de mise en place d'informations pour les clients concernant les composants et les lieux de fabrication de leurs produits, ainsi qu'une date de fin d'utilisation des parfums et lotions.

La DGCCRF devrait prochainement mettre en place une nouvelle phase de contrôle pour évaluer le respect et l'efficacité des engagements par les professionnels du secteur.

Quelles couches jetables choisir ?

Rappelons que 60 Millions de consommateurs et l'UFC-Que Choisir se sont penchés l'an dernier sur la composition des couches pour bébé. Globalement, les résultats de ces deux enquêtes sont encourageants : "le nombre de couches ne contenant aucune trace est plus important qu'en 2017", précisait 60 Millions de consommateurs dans son numéro de septembre 2018. Et de souligner les efforts de certaines marques de couches : réduction de la pétrochimie, démarche de développement durable, plus de transparence sur les étiquettes... Dans son numéro d'octobre 2018, l'UFC-Que Choisir tient également à rassurer les parents : "dans toutes les analyses sur les couches ayant été publiées, les résidus ont été retrouvés à l'état de traces, donc sans risque toxique à court terme pour le bébé et avec des probabilités de risque, a priori assez faibles à plus long terme". A noter que les marques de couches pour bébé qui se disent pourtant "écologiques" ne sont pas forcément dépourvues de substances toxiques, s'accordent à dire les deux magazines. Alors, lesquelles privilégier ?

Les couches jetables les plus sûres selon 60 millions de consommateurs

Si les couches Pampers Baby Dry affichaient de mauvais résultats en 2017 en raison de  traces de pesticides, de dioxines et de furanes, suspectées de perturber le système hormonal, la marque semble avoir amélioré la qualité de ses produits, notamment avec les couches Pampers Premium protection. "Preuve que l'objectif zéro résidus toxiques dans les couches est atteignable, et cela dans des délais relativement courts", précise l'association de consommateurs. Par ailleurs, les couches Joone Protection premium font figure de bon élève et obtiennent la meilleure note du classement. En effet, elles ne contiennent aucune trace de résidus toxiques. En revanche, son prix est relativement élevé : 64,90 euros les 162 couches.

Classement Marque
1ère Joone Protection Premium
2e Pampers Premium Protection
3e Pampers Baby Dry
4e Carrefour Baby

Les couches jetables les plus sûres selon l'UFC-Que Choisir

L'UFC-Que Choisir a évalué la quantité de substances indésirables - parmi elles le glyphosate, les hydrocarbures HAP (dérivés du pétrôle) et 26 allergènes listés par l'Union européenne - dans une sélection de 12 couches pour bébé. Voici les modèles qui en contiennent le moins. Pour consulter le test dans son intégralité et avoir plus d'informations, cliquez ici.

Classement Marque
1ère Lotus Baby Touch
2e Pommette Agility Dry (Intermarché)
3e Lupilu Soft & Dry (Lidl)
4e Naty Eco by Naty
5e Pampers Baby Dry

Couches pour bébé : lesquelles sont les moins toxiques ?
Couches pour bébé : lesquelles sont les moins toxiques ?

Sommaire Quels risques pour bébé ? Recommandations de l'Anses Les fabricants s'engagent Quelles couches choisir ? 60 millions de consommateurs UFC-Que Choisir Suite au rapport de l'Anses publié le 23 janvier...