J'ai arrêté de me peser pendant 6 mois et voici ce qui a vraiment changé

À 37 ans, Margaux se rend compte que sa journée commence et se termine souvent sous le regard de sa balance. Lassée de laisser un simple chiffre influencer son humeur et son estime d'elle-même, elle décide de ne plus se peser pendant six mois.

J'ai arrêté de me peser pendant 6 mois et voici ce qui a vraiment changé
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D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours connu mon poids par cœur. Chaque matin, ça a toujours été le même rituel : direction la salle de bain pour me peser après être passée aux toilettes. Si le chiffre était plus bas que la veille, ma journée commençait bien. S'il avait grimpé de quelques centaines de grammes, je culpabilisais avant même d'avoir pris mon petit-déjeuner.

Pendant des années, je n'ai jamais remis cette façon de faire en question. Je pensais que me peser était une façon de "garder le contrôle". En réalité, ce petit objet posé dans un coin de la salle de bain contrôlait une grande partie de mes émotions. Puis un jour, j'ai décidé de me lancer un défi : 6 mois sans monter sur une balance. Les premiers jours, voire les premières semaines, j'avais l'impression qu'il me manquait une information essentielle. J'avais presque envie de monter sur la balance par automatisme, comme on vérifie l'heure sur son téléphone. Je me surprenais à imaginer mon poids. Avais-je pris un kilo ou plutôt deux ? Est-ce que tout le monde pouvait le voir comme moi ? Finalement, j'ai surtout réalisé à quel point ce chiffre avait pris une place démesurée dans ma tête.

Au fur et à mesure, j'ai commencé à écouter d'autres indicateurs. Je me suis mise à observer des choses plus concrètes. Est-ce que je dormais bien ? Mes vêtements étaient-ils toujours aussi confortables ? Est-ce que je me sentais bien après avoir mangé ? Mon corps n'a pas tant changé, mais mon regard, oui. J'ai arrêté de scruter chaque détail. Je me suis surprise à apprécier certaines parties de mon corps sans immédiatement chercher ce qu'il faudrait corriger. Je ne dirais pas que je me suis mise à tout aimer du jour au lendemain, mais j'ai cessé d'être constamment en guerre contre moi-même. J'ai même retrouvé plus de plaisir à manger. J'ai toujours mangé de façon équilibrée, mais avec moins d'angoisses. Un dîner entre amis n'était plus synonyme d'angoisse le lendemain matin. J'ai retrouvé une forme de spontanéité que j'avais complètement perdue. J'ai compris que mon humeur dépendait beaucoup trop d'un chiffre. Avant, une variation de 500 grammes suffisait à gâcher ma journée.

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Pourtant, je savais de manière rationnelle, que le poids pouvait fluctuer naturellement selon mon cycle menstruel, mon repas de la veille ou même mon niveau de stress. Mais l'émotion prenait toujours le dessus. En arrêtant de me peser, ces montagnes russes émotionnelles ont disparu. Je ne laissais plus un chiffre décider si j'avais été assez raisonnable ou pas.

Je ne pense pas que la balance soit un ennemi. Pour certaines personnes, elle peut être vraiment utile, notamment dans un cadre médical ou lorsqu'un professionnel de santé en recommande le suivi. Mais dans mon cas, elle était devenue bien plus qu'un instrument de mesure. Elle était devenue celle qui me juge au quotidien. Aujourd'hui, je me pèse beaucoup plus rarement. Non pas parce que j'ai peur du résultat, mais parce que je sais que mon poids ne définit ni ma valeur, ni ma beauté, ni la qualité de ma journée.