Mort subite du nourrisson : comment prévenir les risques ?

Chaque année, la mort subite du nourrisson concerne entre 300 à 400 bébés. Pour limiter les risques, il est notamment recommandé de faire dormir les bébés sur dos... Le point sur les mesures à respecter.

Mort subite du nourrisson : comment prévenir les risques ?
© 123RF / Pavel Ilyukhin

Qu'est-ce que la mort subite du nourrisson ?

Chaque année, entre 300 et 400 bébés succombent du syndrome de la mort subite du nourrisson, indique le cardiopédiatre Angelo Livolsi à l'AFP.  Il n'y a souvent aucune raison de santé à cette tragédie. En hiver, un pic de MSN est par ailleurs enregistré, raison pour laquelle il est recommandé de ne pas surchauffer la chambre de bébé, et de maintenir une température entre 19 et 20 degrés.

A quel âge y a-t-il plus de risques de mort subite ?

On sait que le pic de mort subite apparaît entre les 2 et 4 mois du bébé et diminue après ses 6 mois. Sans que l'on sache pourquoi, ce sont les garçons qui sont les plus touchés et les bébés prématurés seraient aussi davantage concernés.

Mort subite du nourrisson : quelles sont les causes ?

Les véritables causes de la mort subite du nourrisson ne sont pas identifiées de façon certaine. Mais les médecins s'accordent sur plusieurs facteurs de risques. Dans la plupart des cas, il y aurait un problème de literie. Un matelas trop mou, la présence d'un coussin ou d'une couette, de peluches ou de jouets, ou encore un accident de cododo peuvent occasionner un étouffement du bébé. Mais d'autres causes sont aussi probables : infections, reflux gastro-œsophagien, hyperthermie, hyperréflexivité vagale...

Comment prévenir les risques de mort subite du nourrisson ?

Certains gestes peuvent limiter les risques de mort subite du nourrisson. Voici les recommandations de l'American Academy of Pediatrics (AAP) présentées en 2016 lors de leur conférence annuelle en Californie et publiées dans la revue médicale Pediatrics.

  • Les enfants doivent dormir dans la même pièce  que leurs parents pour diminuer les risques de mortalité durant le sommeil, jusqu'à l'âge de 6 mois, voire un an. Idéalement dans un berceau et non dans le lit des parents pour éviter le risque d'étouffement.
  • Les enfants doivent dormir complètement sur le dos sur une surface ferme, au moins jusque l'âge d'un an. Les positions sur le côté ou sur le ventre augmentent le risque de respirer une nouvelle fois les gaz expirés et peuvent provoquer une hypercapnie, une hypoxie voire une hyperthermie. 
  • Il est conseillé d'envelopper le bébé dans un drap housse bien ajusté et d'éviter l'utilisation d'objets mous -couvertures, oreillers, tours de lit ou peluches- qui pourraient créer une chaleur excessive et favoriser le risque d'étouffement. 
  • Il est déconseillé d'utiliser un moniteur de surveillance respiratoire commercialisé pour réduire le risque de mort subite.
  • Il faut absolument éviter d'exposer les nourrissons à la fumée de cigarette, à l'alcool et aux drogues.

Mort subite du nourrisson : l'hyperactivité vagale en cause ?

Le nombre de mort subite du nourrisson pourrait encore diminuer grâce à un test de dépistage présenté par des médecins du CHRU de Strasbourg lors d'une étude publiée en juillet 2019 sur la plateforme scientifique PLOS (Public Library of Science). Ce test sanguin pourrait ainsi détecter "une partie non négligeable" des nouveau-nés exposés au risque de mort subite. L'étude porte sur les liens entre l'hyperactivité vagale et les malaises et apporte la "preuve biologique, aussi bien chez des adultes que chez des enfants qui font des malaises à répétition, qu'il y a chez certains une hyperactivité vagale et qu'on pourra leur proposer des traitements" explique le Dr Charlie De Melo, réanimateur-pédiatre, à l'AFP. La conclusion des chercheurs est donc que les bébés enclins à une hyperactivité vagale sont plus sujets aux arrêts cardiaques et de fait plus vulnérables aux risques de mort subite. Pour parvenir à ces résultats, les médecins strasbourgeois ont effectué des prélèvements sur des adultes et des enfants sujets aux syncopes et ont comparé les données récoltées à celles d'individus en bonne santé. Parfois, "le mécanisme qui contrebalance le système de stress (l'accélération de la fréquence cardiaque, l'augmentation de la tension) est excessif, le cœur ralentit trop et le cerveau est moins perfusé", analyse le Dr De Melo. Si cela n'entraîne souvent qu'un malaise vagal chez l'adulte (perte de connaissance temporaire), il peut engendrer un arrêt cardiaque définitif chez le bébé.

Détecter la mort subite grâce à une prise de sang

Il s'agit donc d'une avancée scientifique majeure concernant cette pathologie mortelle dont les causes restaient jusque-là relativement mystérieuses, avoue le Dr Angelo Livolsi, coauteur de l'étude : "Jusqu'à présent, on était un peu perdu devant ces malaises car on était seulement sur des signes cliniques, mais là, en faisant une prise de sang, on peut mesurer l'importance de la surexpression et comment l'enzyme agit". Les chercheurs poursuivent leurs recherchent et travaillent désormais sur la mise au point d'un test sanguin permettant de dépister systématiquement tous les bébés à la naissance "en même temps que les autres dépistages néonataux", effectués à l'âge de 3 jours. "L'idée serait de détecter ces patients avant qu'ils fassent des malaises graves et de les traiter pendant leur première année de vie, c'est-à-dire la période de risque maximale", conclut le Dr De Melo.