Femme fontaine : tout savoir sur l'éjaculation féminine

L'éjaculation féminine demeure un mystère, après avoir été longtemps niée, dévalorisée puis fantasmée à travers la pornographie. D'où vient ce liquide qui surgit en plein acte sexuel et de quoi est-il composé ? Pouvons-nous toutes prétendre à devenir femme fontaine ou est-ce réservé à une catégorie de femmes physiologiquement différentes ? Toutes les réponses ici.

Femme fontaine : tout savoir sur l'éjaculation féminine
© Maksim Toome/Fotolia

Imaginez un peu le ressenti d'une femme ou d'un couple, confrontés à l'éjaculation féminine pour la première fois… il y a vingt ans. Difficile d'en parler : aux yeux de tous, la femme fontaine était un mythe. Quant aux scientifiques, y compris les sexologues les plus réceptifs, ils ont longtemps nié cette manifestation de jouissance extrême, puis l'ont dévalorisée, l'assimilant à une incontinence urinaire. Un moyen comme un autre de proposer une explication ? Depuis quelques années, le tabou qui entoure l'éjaculation féminine se lève progressivement, notamment parce que nous avons démystifié la provenance de cet étonnant liquide qui surgit en plein rapport sexuel.

Composition et quantité du liquide

Les femmes fontaines émettent une quantité de liquide supérieur à la moyenne, d'une contenance qui oscille entre 5 et 200 ml. Mais de quoi ce liquide est-il composé ? Pour le comprendre, il faut savoir ce qu'il n'est pas :

  • Le liquide émis par les femmes fontaines est différent de la cyprine, fluide permettant la lubrification du vagin. Longtemps, on a imaginé que les femmes fontaines lubrifiaient plus que les autres, mais cela n'a rien à voir.
  • Le liquide émis par les femmes fontaines n'est pas de l'urine. S'il y a méprise sur le sujet, c'est parce que le liquide ne vient pas du vagin, mais bel et bien de l'urètre. Lors de l'excitation, la vessie de la femme fontaine se remplit, mais bien trop rapidement pour que ce liquide puisse réellement se transformer en urine. En d'autres mots, il contient quelques composants urinaires tels que l'urée, l'acide urique et la créatinine, mais en petite quantité. Il est donc clair et inodore !

Néanmoins, ce liquide pourrait contenir, chez certains sujets, des sécrétions prostatiques issues des glandes de Skene. Ces glandes, comparables à la prostate chez l'homme, sont situées près de l'urètre et sécrètent du liquide par réflexe, en plus ou moins grande quantité, pendant l'amour. Dans le cas de l'éjaculation féminine, il se pourrait alors que ce liquide s'accouple au liquide produit dans la vessie. C'est pour cela que certains spécialistes ont trouvé certaines caractéristiques du sperme (mais sans sperme) dans le fluide émis par les femmes fontaines.

Femme fontaine ou incontinence urinaire ?

Moult idées reçues ont circulé et circulent encore autour des femmes fontaines. Parfois, on lit que les femmes fontaines ne sont autres que des femmes incontinentes, au périnée peu tonique. Une explication répandue à l'époque, quand on ne comprenait pas pourquoi certaines femmes émettaient un important liquide pendant l'amour. Il est donc important de comprendre ce qui différencie une femme incontinente d'une femme fontaine.

La première différence entre femme incontinente et une femme fontaine est que la première émet de l'urine, la seconde non. Mais est-il possible de vraiment uriner pendant l'amour ? Oui ! Sollicité durant un rapport, il se peut que le sphincter urétral (qui retient l'urine) ne se verrouille pas.

Pour distinguer ces deux phénomènes, il faut savoir qu'une femme incontinente sera incommodée dans la vie de tous les jours, pas seulement au lit ! Elle remarquera que lors des efforts physiques, comme le sport ou le fait de porter une charge lourde, quelques pertes s'inviteront. Un fou rire peut aussi provoquer ce désagrément. Généralement, ce genre d'inconvénients survient durant la grossesse ou après l'accouchement, mais aussi lors de la périménopause.

A l'inverse, une femme fontaine ne sera pas dérangée au quotidien par des pertes d'urine. Si vous avez le moindre doute, vous pouvez consulter une sage-femme ou un kiné qui pratiquera un testing. Un examen simple qui vous en dira plus ! 

Femme fontaine : les chiffres

Selon les études, 6 % à 36 % des femmes ont une éjaculation féminine au moins une fois dans leur vie, occasionnellement ou à chaque stimulation sexuelle.

Femme fontaine : avantage ou inconvénient ?

Si devenir une femme fontaine fait rêver beaucoup de femmes et d'hommes, certains y voient des inconvénients. Une femme qui se sait susceptible d'éjaculer appréhende de faire l'amour avec un nouveau partenaire. S'il s'agit d'un fantasme pour le moins répandu, cela peut réellement surprendre la première fois. Le fossé entre l'imaginaire et la réalité est important !

L'éjaculation féminine peut aussi déranger certaines personnes ensemble depuis des années. Si c'est agréable, cela peut devenir routinier ! Et puis, tout le monde n'a pas envie d'inonder son matelas tous les trois jours et de devoir changer très (trop) régulièrement ses draps.

Bien entendu, à côté de ça, certains couples y voient des avantages. Ce phénomène peu commun est source d'excitation.

    Comment savoir si on est une femme fontaine ?

    Toutes les femmes sont des femmes fontaines ! Seulement, certaines l'ignorent. Nous avons toutes un point G, un cerveau, une vessie… Donc potentiellement, nous pouvons toutes provoquer ce jet. Bien entendu, ce n'est ni automatique, ni constant, ni durable, ni certain ! L'éjaculation féminine exige un brin d'entrainement et une disposition d'esprit. Inutile de s'entêter et d'en faire une obsession, au risque de passer à côté de son plaisir et donc de ce phénomène. L'important est de se laisser aller et de considérer ce petit défi comme une exploration de soi. Il est essentiel de voir cela comme un jeu.

    Déclenchement

    La patience est de mise, car apprivoiser son corps et ses particularités demandent du temps, de l'expérience, et quelques tentatives (seule ou à deux) pour bien comprendre comment cela fonctionne.
    Le jet se déclenche de deux façons, selon les experts mais aussi les témoignages de femmes :

    • Grâce à la stimulation du point G, qui est en contact avec l'urètre. Ce point, situé sur la face antérieure du vagin, n'est autre que le point de contact entre le vagin et le corps du clitoris.  
    • En lâchant totalement prise. Lors de l'orgasme, une partie de notre cerveau déconnecte totalement. Cette déconnexion empêcherait alors le cerveau de communiquer avec le bas du corps, si bien que l'on urine sans s'y attendre, un peu comme si on était sans filtre !

      Femme fontaine : comment arrêter ?

      Certaines femmes sont lasses et aimeraient connaitre des rapports sexuels plus "ordinaires". Mais comment faire ? Difficile d'y répondre. On le sait, l'éjaculation féminine serait déclenchée par une stimulation du point G et (ou) un véritable lâcher-prise. Faut-il éviter son point G ? Garder le contrôle ? Oui et non. Il serait dommage de se priver de son plaisir. A vouloir maitriser son corps, on ne profite plus du rapport. A essayer plutôt :

      • Varier les pratiques, les caresses, les positions, les lieux, afin de se mettre dans un autre état d'esprit, d'aller vers une autre forme de rapport.
      • S'écouter : beaucoup de femmes fontaines affirment qu'avec l'expérience, elles sentent que "ça vient". Tel un homme qui ralentit les va-et-vient durant la pénétration pour ne pas éjaculer, pourquoi ne pas freiner et revenir à des préliminaires plus tendres ?
      • Autre option, tenter un rapport sans pénétration. De la même façon que devenir femme fontaine est une question d'exploration et connaissance de soi, ne plus le devenir mérite aussi une petite recherche.

      Comment devenir femme fontaine ?

      Pour connaître l'éjaculation féminine, vous pouvez vous concentrer sur votre point G. Pour cela, commencez par titiller le gland de votre clitoris afin que ce dernier gonfle de plaisir. Vous serez ainsi plus sensible aux caresses internes. Avec un doigt ou deux (pour davantage de précision), pénétrez votre vagin à la recherche de votre point G. Situé environ à deux centimètres de l'entrée, il se distingue par sa surface légèrement rugueuse. Il se peut que vous ne tombiez pas tout de suite sur lui, mais ne vous découragez pas. Promenez-vous, cherchez... Essayez d'être à l'écoute de vos sensations, elles vous guideront.

      Ensuite, vous pouvez tenter de lâcher-prise. Mais ce n'est si évident ! Plus on y pense, plus on tombe à côté… D'ailleurs le lâcher-prise associé à l'éjaculation féminine ne se décide pas, d'où l'effet de surprise quand le liquide surgit la première fois… Envisagez plutôt de faire l'amour dans un lieu confortable, propice à la détente. Misez sur de longs préliminaires qui mènent à la déconnexion. Laissez-vous aller, oubliez tout, jusqu'à ce que votre cerveau s'efface et que votre corps s'inonde de bonheur !