Gilbert Bécaud : vrai nom, passion avec Bardot, animaux, 1er métier...

Gilbert Bécaud a galvanisé les foules pendant des décennies. Mais qui connaissait réellement le personnage derrière "Monsieur 100 000 volts" ? Saviez-vous que l'artiste avait débuté en tant que cordonnier, vécu une romance avec Brigitte Bardot et adopté un lama appelé Serge ? Ses secrets.

Gilbert Bécaud : vrai nom, passion avec Bardot, animaux, 1er métier...
© LAURENT REBOURS/AP/SIPA

Voilà près de 20 ans que Gilbert Bécaud nous a quittés, emporté par un cancer en décembre 2001. "Monsieur 100 000 volts" aura marqué tout une génération de fans, électrisés par ses concerts déjantés, ses cravates à pois et ses chansons bouleversantes. Le public a toujours en mémoire ses tubes mythiques tels que L'Orange ou encore Nathalie. Mais connaissez-vous réellement Gilbert Bécaud, les secrets de son tube Et maintenant, l'histoire derrière sa fameuse cravate à pois ? Voici tout ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur le chanteur aux 100 000 volts.

Son vrai nom n'est pas Gilbert Bécaud

Né le 24 octobre 1927 à Toulon, François Gilbert Léopold Silly, de son vrai nom, est élevé par son beau-père, Louis Bécaud, depuis le divorce de ses parents, survenu à son jeune âge. Pendant longtemps, le chanteur garde le nom de François Silly... jusqu'en 1952, où il décide de se faire appeler Gilbert Bécaud, d'après le patronyme du second mari de sa mère.

Un mélomane devenu cordonnier, chasseur d'hôtels... puis chanteur

La musique est pratiquement une vocation pour le jeune Gilbert, qui suit des cours de piano dès sa plus tendre enfance, grâce à sa mère, bien inspirée, qui insiste pour que son fils maitrise l'instrument. Une idée brillante, puisqu'à seulement 9 ans, le mélomane entre au conservatoire de Nice. Un talent indéniable qu'il ne met pas tout de suite à profit. Après la Seconde guerre mondiale, Gilbert Bécaud, devenu jeune adulte, enchaîne les petits boulots, de cordonnier à chasseur d'hôtels, pour récolter un peu d'argent. Mais très vite, le passionné de musique veut lancer sa carrière : il se produit donc dans les piano-bars et autres cabarets.

L'incroyable histoire de ses cravates à pois

C'est dans l'un de ces fameux piano-bars que Gilbert Bécaud se découvre une passion pour les cravates à pois, tout à fait par hasard... Un soir, le patron d'un établissement refuse de l'embaucher car il ne porte pas de cravate. Dévasté, il s'apprête à rebrousser chemin. Mais c'est sans compter sur sa mère, qui l'accompagne ce soir-là, et se précipite de découper le bas de sa robe (à pois) pour en faire un semblant de cravate et le nouer autour du cou de son fils ! Bingo, celui-ci est embauché. Désormais, c'est sûr : il ne quittera plus ses cravates à pois.

Jeune chanteur et heureux papa

Pour Gilbert Bécaud, le début du succès professionnel coïncide joyeusement avec la réussite de sa vie amoureuse. En 1952, alors qu'il accompagne en tournée le chanteur Jacques Pills et commence à se faire un nom dans le métier, il épouse Monique Nicolas. Leur fils, Gaya, naît en février 1953, le jour où il enregistre ses deux premiers titres, Mes Mains et Les Croix.

L'Olympia, sa vraie maison

Entre l'Olympia et Gilbert Bécaud, se tisse une formidable histoire d'amour. Au cours de sa carrière, l'artiste chante pas moins de 33 tours au sein de la mythique salle, un record jamais égalé. En 1997, lorsque l'Olympia est totalement reconstruit après sa destruction, c'est lui qui assure le premier concert depuis sa réouverture.

"Monsieur 100 000 volts" et des fauteuils arrachés...

C'est d'ailleurs à l'Olympia que Gilbert Bécaud acquiert son fameux surnom de "Monsieur 100 000 volts". Son sens du swing, sa passion inégalée sur scène, ses performances électrifiantes... transportent les milliers de fans qui assistent à ses concerts dans une véritable transe et les conduisent à arracher les fauteuils de la salle. Une drôle de façon d'exprimer son exaltation ! 

"Et maintenant" : le triste secret derrière le tube

Si nous sommes tous capables de fredonner la célèbre chanson Et Maintenant, nous sommes moins nombreux à connaître l'origine de ce puissant morceau. Selon l'émission Pop Story sur les ondes de France Bleu, l'histoire de ce titre naît lors d'un vol Paris-Nice au cours duquel Gilbert Bécaud se retrouve assis près de l'actrice Elga Andersen. Celle-ci, tout enthousiaste, s'apprête à retrouver son fiancé. Malheureusement, le lendemain, le chanteur croise à nouveau la comédienne lors d'un voyage en avion, mais celle-ci lui annonce que l'élu de son cœur vient de rompre leur relation. "Et maintenant, que vais-je faire ?", demande-t-elle au chanteur... avant de le supplier de composer une chanson sur sa triste histoire. La suite, nous la connaissons....

Gilbert Bécaud et Brigitte Bardot : leur divinidylle

Comme tant d'autres avant lui, Gilbert Bécaud succombe au charme de Brigitte Bardot, à la fin des années 50, alors qu'il est toujours heureux en ménage. C'est en 1992, dans son ouvrage Initiales B.B. que l'actrice qui avait les hommes à ses pieds accepte de se confier sur cette courte romance: "J'étais fascinée, sous le charme, un peu envoûtée, en dehors du temps. J'étais tombée amoureuse, un coup de foudre imprévisible et qui me tenaillait aux tripes (...). J'étais prise au charme de Gilbert qui me couvrait de fleurs, de petits mots, de coups de téléphone. Bécaud m'appelait tous les soirs, ou plutôt toutes les nuits Chacune de ses visites était une fête Quel drôle d'effet ça fait d'aimer quelqu'un de célèbre dans le monde entier !". Et de poursuivre : "L'ennui, c'est que les journalistes avaient flairé quelque chose et les articles sortirent, pleins de sous-entendus. Nous étions le couple de l'année. Gilbert, qui avait basé son image de marque sur sa vie familiale, voyait d'un très mauvais oeil la publicité tapageuse qui entourait notre idylle".

Vespa, Wizard: on le réclame pour les "réclames"

Au plus fort de sa célébrité, Gilbert Bécaud accepte d'utiliser son image au profit de diverses marques, dans des publicités, comme le raconte le documentaire diffusé sur la chaîne Melody, Stars de pub. Tour à tour, le chanteur apparaît dans les "réclames" pour la marque de stylos Jif Waterman, pour Max Evzeline, qui lui fournit ses fameuses cravates à pois et autres chemises, ou encore pour les parfums d'intérieur Wizard, pour lesquels il change même les paroles de sa chanson Le Petit Oiseau de Toutes les Couleurs afin de vanter les mérites des produits. Surtout, en 1957, il tourne un spot publicitaire pour la mythique marque de scooters italiens, Vespa.

Un drôle de papa

Gilbert Bécaud, papa de six enfants, était un drôle de personnage, et ce n'est pas sa fille Emily, née de sa deuxième union avec le mannequin Cathryn Lee St. John, qui dirait le contraire. La jeune fille, désormais âgée de 49 ans, raconte à La Dépêche que son célèbre père avait une habitude plutôt loufoque : "Papa avait le chic pour donner le nom de ses potes à des animaux. Un jour, on nous a donné des lamas parce qu'il y avait un zoo qui était en train de fermer et on avait l'espace pour les prendre. Quand ils sont arrivés, il y avait un lama noir et un blanc. Il les a appelés Celina de Celimène puis il a regardé l'autre, et il a dit : 'Je suis obligé de l'appeler Serge'. Et il a appelé Serge Lama pour s'en vanter". Un sacré personnage !

Son passe-temps favori ? S'incruster aux mariages et enterrements

Emily Bécaud s'est également souvenue, dans La Dépêche, que son père n'attendait pas d'être invité aux évènements pour s'y rendre ! "Une fois, il est rentré dans un enterrement, il est allé devant le cercueil et il exprimait sincèrement ses condoléances même s'il ne connaissait pas la personne qui venait de mourir. Il ne faisait pas ça pour se moquer des gens. Il signait le livre d'or. Et là les gens étaient toujours très étonnés, ils disaient : 'Tu te rends compte, il connaissait Bécaud et il ne nous l'a pas dit.' Ce qui n'était pas vrai", a-t-elle raconté.