Syndrome du bébé secoué : symptômes, comment l'éviter ?

Le syndrome du bébé secoué est un choc traumatique lié à de violentes secousses chez les nourrissons. On fait le point sur les conséquences, les causes, les symptômes du SBS.

Syndrome du bébé secoué : symptômes, comment l'éviter ?
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Qu'est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

Le syndrome du bébé secoué est aussi appelé aussi traumatisme crânien infligé par secouement (TCIS). Ce choc traumatique lié à de violentes secousses pour l'enfant (avec ou sans impact), peut entraîner des séquelles irréversibles, voire la mort. Pour informer les parents et professionnels de santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) a adapté ses recommandations sur le diagnostic du syndrome du bébé secoué afin de permettre à chacun de réagir en cas de maltraitance infantile. 

"Stop bébé secoué" : une campagne pour sensibiliser les parents

Chaque année, plusieurs centaines d'enfants sont victimes du syndrome du bébé secoué. "Cette maltraitance, perpétrée volontairement par des adultes, parfois dans le déni de la gravité de leur acte, représente la forme la plus grave de traumatisme crânien de l'enfant" précise le gouvernement, qui lançait le 17 janvier une campagne nationale de sensibilisation au syndrome du bébé secoué, qui est à l'origine de graves séquelles neurologiques qui se manifestent par des déficiences intellectuelles, visuelles ou motrices, ainsi que des troubles du comportement, de la parole ou de l'attention. Un film destiné à marquer les esprits. Le message ? Secouer un bébé est une maltraitance qui peut être mortelle. A travers le babyphone, on y entend un bébé pleurer dans les bras de son père, mais celui-ci semble à bout et ne sais plus quoi faire pour le faire taire. On comprend alors qu'il a secoué son nouveau-né dès lors qu'on ne distingue plus les cris du bébé.

De plus en plus de bébés secoués en France : quels sont les chiffres ?

En France, un bébé sur dix, victime de secouements, décède, les autres en subiront les conséquences toute leur vie. En 2021, le service de neurochirurgie infantile de l'hôpital Necker à Paris avait alerté sur l'augmentation inquiétante du nombre de bébés secoués depuis le premier trimestre 2021. "Entre janvier et juin 2021, l'incidence a doublé. À partir de décembre 2020, nous avons constaté une recrudescence des arrivées de nourrissons présentant des hématomes sous-duraux. Alors que généralement, nous en accueillons entre 18 et 25 par an, sur le premier trimestre seul, 25 ont été admis" précise au journal La Croix le professeur en neurochirurgie Thomas Blauwblomme. Quant à la gravité des blessures, elle est tout aussi inquiétante : "la mortalité est passée de moins de 10% à 30% et nous constatons plus de lésions associées"

Quels sont les risques du syndrome du bébé secoué ?

Ce sont les pleurs excessifs des bébés, qui amènent le plus souvent les parents, ou toute autre personne qui s'en occupe, à les secouer. Supportant difficilement de ne pas savoir comment les calmer, ils perdent patience et en arrivent à les maltraiter. Mais ce qu'ils ne savent pas toujours, c'est que cet acte provoque des conséquences parfois irréparables pour le bébé : 10 % à 40 % d'entre eux meurent des suites d'un traumatisme crânien et la majorité des autres conservent des séquelles neurologiques graves, à vie. Le syndrome du bébé secoué concernerait dans la majorité des cas, les moins de 6 mois, et particulièrement les garçons de moins d'un mois. A cet âge, le cerveau du nourrisson n'étant pas complètement développé, il ne remplit pas la boîte crânienne. Aussi, lors de violentes secousses, celui-ci peut s'écraser contre les parois et provoquer une rupture des vaisseaux sanguins. Ces lésions cérébrales peuvent donc survenir même si son crâne ne reçoit aucun choc. Par ailleurs, le fait que la tête soit proportionnellement plus lourde que celle d'un adulte et que les muscles du cou ne maintiennent pas la tête du bébé bien droite favorisent également les lésions cérébrales.

Quels sont les symptômes du syndrome du bébé secoué ?

Les nourrissons victimes d'un syndrome du bébé secoué ont un comportement inhabituel, caractérisé par un ou plusieurs symptômes : une somnolence inhabituelle, des troubles de la conscience ou une extrême irritabilité ; des vomissements sans raison apparente ; une perte des sourires ou du babillage habituels ; une tendance à ne pas fixer le regard ; des convulsions ; une difficulté à respirer ou des pauses respiratoires. Face à ces signes, il est indispensable de contacter au plus vite les services d'urgence médicale. Un diagnostic et des soins précoces sont essentiels pour diminuer les séquelles neurologiques si elles existent. 

Symptômes neurologiques

  • perte de connaissance, crise d'épilepsie, paralysie...
  • modifications du tonus (hypotonie axiale) ;
  • moins bon contact (enfant répondant mal aux stimuli, ne souriant plus) ;
  • diminution des compétences de l'enfant ;
  • macrocrânie avec cassure vers le haut de la courbe (importance du carnet de santé) ;
  • bombement de la fontanelle.

Symptômes moins spécifiques

  • vomissements. pâleur,
  • changement inexpliqué du comportement. du bébé : fatigue ou somnolence brutale pouvant *ressembler aux manifestations provoquées par un virus.
  • malaise.
  • arrêt respiratoire. ou arrêt cardiaque.
  • perte de la vision.

Pleurs prolongés : comment réagir ?

Les professionnels de santé doivent être sensibilisés afin de constituer un relais auprès des parents et notamment des jeunes parents, dès la sortie de la maternité. Selon la HAS, il est indispensable de les informer sur les pleurs du nourrisson, sur la possibilité d'en être exaspéré et sur les conséquences parfois irréparables du secouement. Elle revient également sur la nécessité de conseiller les parents sur les bonnes attitudes à adopter face à des pleurs prolongés : coucher le bébé sur le dos dans son lit et quitter la pièce. Inutile de culpabiliser : mieux vaut se ménager, c'est aussi une façon de protéger le bébé. Ne pas secouer violemment un enfant en bas âge demeure l'attitude indispensable à connaître. Les parents doivent apprendre à éviter de s'énerver et de secouer leur enfant lorsqu'il pleure.

Syndrome du bébé secoué et maltraitance infantile

La Haute Autorité de Santé a mis à jour sa fiche mémo consacrée aux enfants maltraités et ceux à risques. "La difficulté et la complexité des situations, ainsi que le fort sentiment d'isolement du professionnel de santé expliquent la nécessité de mettre à la disposition des informations actualisées, claires et précises pour les aider dans le repérage des violences et pour les accompagner dans la conduite à tenir pour protéger l'enfant", précise le communiqué. Au delà des signes de maltraitances indéniables tels que des fractures, des brûlures ou des bleus... les professionnels de santé seront amenés à s'interroger davantage sur des signes moins évidents comme un changement de comportement de l'enfant ou l'attitude des parents.

Comment mieux repérer le syndrome du bébé secoué ?

Afin d'aider les professionnels à mieux repérer les syndromes du bébé secoué et de sensibiliser le grand public, la Haute autorité de santé a actualisé ses recommandations, en collaboration avec la Société française de médecine physique et de réadaptation (SOFMER). Les critères diagnostiques ont été affinés, en prenant en compte notamment "le mécanisme causal et la datation des lésions", mais aussi la version rapportée par l'adulte accompagnant. De plus, les radiographies de squelette à réaliser ont été listées tout comme les modalités de l'IRM. En cas de suspicion d'un cas de syndrome de bébé secoué, le bilan à effectuer a été précisé, "en particulier la liste exhaustive des éléments nécessaires et suffisants du bilan d'hémostase", précise la HAS, qui rappelle qu'en cas de doute, "l'enfant doit bénéficier d'une hospitalisation en soins intensifs pédiatriques, avec avis neurochirurgical".

Quant aux professionnels de santé, ils doivent impérativement effectuer un signalement auprès du procureur de la République afin de protéger l'enfant, et demander l'avis d'un confrère. "Lorsqu'un SBS est suspecté, une première réunion d'au moins deux médecins doit avoir lieu sans délai. Un premier signalement sera adressé qui pourra ensuite être complété par une évaluation psycho-sociale", explique la HAS.

Faire l'avion... Attention aux jeux dangereux !

Les parents doivent veiller à ne pas jouer avec leur bébé en le faisant bouger dans tous les sens, ou en faisant des mouvements de rotation, comme "faire l'avion", ou encore le lancer à bout de bras pour le rattraper aussitôt.

Conseils bébé