Bien reconnaître le type de sol de son jardin

Calcaire, argileux, humifère, sableux, tourbeux ou encore siliceux, le sol peut revêtir des natures variées. Et c'est en déterminant sa nature que vous pourrez laisser s'épanouir vos végétaux. Voici comment savoir de quoi votre terre de jardin est composée.

Bien reconnaître le type de sol de son jardin
© Bouvier Sandrine/123RF

Pourquoi faut-il bien connaître son sol ?

Connaître le type de sol de son jardin, de son verger ou de son potager permet non seulement de préserver les terres, qui recevront les meilleurs soins, mais aussi de placer les bons végétaux. D'un type de sol à l'autre, les conditions de culture diffèrent et obligent à varier les plants. La rotation des cultures est, en soi, un concept fort intéressant.

Qui dit type de sols, dit nature de la terre. Et à ce niveau, la diversité est au rendez-vous puisque vous avez des sols calcaires, des sols argileux, des sols humifères, des sols sableux, des sols tourbeux ou encore, des sols siliceux. Et ce sont précisément les éléments qui constituent vos sols qu'il vous faut analyser au départ : remarquez-vous la présence de sable, d'argile, d'humus ou de calcaire ? Un premier indice pratique mais qui ne suffit pas car un sol ne se résume pas à cela.

De plus, votre terre ne sera jamais uniquement argileuse mais plutôt à dominante argileuse tout comme elle ne sera jamais tourbeuse mais à dominante tourbeuse etc. La présence de sable ou de calcaire peut tout à fait, même en minorité, être possible. Telle une recette de cuisine, vous devez donc ajuster vos cultures au végétal près au gré de la nature de vos sols : un savant dosage en somme !

Bon à savoir : la confusion est courante entre l'apport d'engrais et l'amendement d'un sol. Chacune de ces étapes d'entretien des sols est bénéfique, voire indispensable, mais elles n'ont pas le même objectif. Alors que les engrais vont enrichir le sol en nutriments essentiels à la croissance des plantes, généralement à la reprise de la croissance végétative, les amendements n'enrichissent pas le sol mais ses aptitudes chimiques et physiques qui permettent de produire de l'humus. Il s'agit d'une des couches superficielles du sol riches en précieuses matières organiques.

Le pH du sol, élément-clé

Le pH - potentiel hydrogène - est un élément tout aussi important que l'humus. En effet, cet indicateur mesure la quantité d'hydrogène présente, ce qui peut vous aider à déterminer si vos sols sont neutres, plus ou moins acides ou plus ou moins alcalins. L'échelle de mesure va de 0 à 14 unités. 0 est l'unité indiquant le plus fort taux d'acidité (et peu de bases) et 14, la plus forte concentration en alcalins (très peu acide et forte teneur en bases). Un pH est qualifié d'acide quand son résultat passe sous la barre du 7. Au contraire, dès qu'il atteint 7, le pH devient neutre, c'est-à-dire autant d'acidité que d'alcalinité. A chaque type sol, le bon équilibre du pH, essentiel à l'épanouissement des plantes.

Sol calcaire

Parmi les types de sol, il y a le sol dit calcaire. On estime son pH entre 9 et 14. Drainant, le sol calcaire reste simple à exploiter et à vivre pour les plantes qui échappent aux racines imbibées d'eau. Mais ce drainage naturel a tendance à appauvrir les nutriments essentiels, ce qui modifie les paramètres du sol et du pH.

Pour reconnaître une terre calcaire, c'est assez facile : il vous suffit de verser un peu de vinaigre sur le sol. Si une réaction effervescente, comme pour un médicament au contact de l'eau dans un verre, se produit, votre sol est bel et bien calcaire.

Les plantes qui aiment le sol calcaire sont nombreuses : sauges, coquelicots, primevères, origan, hellébores, chardons, sureaux ou encore sainfoin, un engrais vert qui lui sera bien utile car il sera un amendement naturel.

Comment améliorer un sol calcaire ?

  • Sec en été, boueux en hiver, le sol calcaire change de physionomie autant que de pH. C'est pourquoi, au moment du printemps, quand le climat est favorable, c'est-à-dire ni trop chaud ni trop humide, enrichissez votre sol grâce à du compost (fumier ou de votre cru), ainsi qu'à de la terre de bruyère.
  • Et durant la même période, profitez-en pour installer des plantes faisant office d'engrais verts quand ils se décomposent. Nous avons évoqué le sainfoin mais vous avez aussi la luzerne, le trèfle violet ou blanc ou encore, la moutarde.

Sol argileux

Compact, le sol argileux, appelé aussi sol lourd en raison de sa difficile prise en main, laisse peu passer l'eau, l'air ainsi que les systèmes racinaires. Cela est bénéfique pour conserver les nutriments essentiels ainsi que l'humidité mais les plantes ont tendance à avoir du mal à bien prendre racine.

D'un pH compris entre 6 et 7, le sol argileux ressemble à un tas de mottes devenant collante au moment des pluies. Les pissenlits y poussent en nombre, c'est un indice fort pour reconnaître le caractère argileux d'un sol.

Comment améliorer un sol argileux ?

  • Un meilleur drainage est souvent indiqué et rien de mieux que l'ajout régulier de sable afin de rendre votre sol plus malléable dès que nécessaire. L'avantage du sable est sa capacité à réduire la texture collante de la terre argileuse qui plus est.
  • Au sable, vous pouvez ajouter également de petits graviers et de la tourbe.
  • Le compost reste aussi le bienvenu au printemps (fumier décomposé, fumier maison…) et n'hésitez pas à assouplir le sol grâce à un amendement à la chaux tous les 3 ans environ.
  • Un arrosage régulier ou bien le passage d'une bêche évitera la formation de mottes.

Sol limoneux/humifère

Le sol humifère, connu aussi sous l'appellation de sol limoneux, présente un pH acide (entre 4 et 6), ce qui est un inconvénient pour bon nombre de plantes car l'acidité peut leur faire barrage au moment de se nourrir des nutriments.

La travailler est particulièrement agréable car cette terre est, en général, fort douce. Forte de similarités avec le sol argileux, collante en cas d'humidité entre autres, le sol humifère est plus riche en nutriments (matières organiques) encore. Ayant l'habitude de se tasser, il faut l'arpenter avec délicatesse si vous souhaitez l'exploiter au mieux.

Pour reconnaître un sol humifère, vous n'avez qu'à en mélanger un peu à de l'eau déminéralisée, connue pour avoir un pH neutre, en ajoutant du bicarbonate de sodium ensuite. En cas de réaction effervescente, vous saurez que votre sol est limoneux.

Les végétaux appréciant ce sol sont, eux aussi, variés : les arbustes fruitiers (myrtilliers, framboisiers), les bruyères, pins, châtaigniers, amarantes, orties ou encore joncs…

Comment améliorer un sol humifère ?

  • Abaisser le taux d'acidité peut être possible grâce à un amendement à base de chaux, tous les 3 ans environ.
  • De même, n'hésitez pas à faire un apport d'engrais avec une teneur forte en acide phosphorique et en potasse.

Sol sableux

Aux antipodes du sol argileux, le sol sableux est très léger, peu apte à capter et à stocker les liquides tels que l'eau, ce qui constitue un handicap pour faire pousser des plantes.

Avec un pH compris entre 6,2 et 6,6, en tout cas toujours inférieur à 7, le sol sableux présente une texture granuleuse drainante qui est appréciée de végétaux tels que l'anthémis, courante dans les campagnes, et permettant un développement aisé et régulier des végétaux.

Comment améliorer un sol sableux ?

  • La priorité est de rendre le sol moins filtrant malgré tout. Pour ce faire, ajoutez à votre sol du terreau horticole ou même de l'argile fraîche quand nécessaire. En effet, l'argile présente l'avantage de compacter le sable.
  • Amendez le sol chaque année au printemps grâce à du compost (humus, fumier…).
  • Ajoutez de la chaux tous les 3 ans afin d'équilibrer le pH s'il s'avère trop acide.

Sol tourbeux

Le sol tourbeux est connu pour sa haute teneur en matières organiques. Terre simple à manipuler, quelle que soit la saison, elle filtre bien l'eau lors de la période de repos végétatif et la conserve afin d'en faire profiter les culture lors de la saison estivale. Avec un pH compris entre 4,5 et 6, le sol tourbeux est plutôt acide. Ce qui peut, comme dans le cas d'autres types de sols, bloquer la transmission des nutriments.

Comment améliorer un sol tourbeux ?

  • Pour abaisser le taux d'acidité, le mieux est, à l'instar du sol humifère, d'ajouter un peu de chaux à votre terre tous les 3 ans environ.
  • Aucun ajout de compost n'est utile dans ce cas présent mais là aussi, comme pour le sol humifère, l'apport d'engrais riche en potasse et en acide phosphorique sera bénéfique.

Sol siliceux

Sec et dépourvu de calcaire, le sol siliceux est principalement constitué de silice, un minéral à la texture fine, donnant au sol un aspect sablonneux peu compact (c'est d'ailleurs l'un des principaux composants du sable), ce qui laisse l'eau passer et assèche vite la terre. L'entretien d'un sol siliceux doit être régulier mais il n'est pas compliqué à manipuler pour autant.

Les végétaux pouvant s'y développer sont nombreux : c'est le cas des rosiers, du pin parasol, des hibiscus, de la lavande, du chêne blanc, des genêts, de la bruyère, du cyprès, du châtaignier ou encore du pin maritime et d'autres conifères.

Comment améliorer un sol siliceux ?

  • L'apport en calcaire est indispensable afin de réduire les risques de dessèchement. Un amendement à base de chaux sera parfait.
  • Contrôlez régulièrement son bon niveau d'humidité, indispensable pour la croissance de vos plants.
  • Chaque année, au moment du printemps, faites un apport de compost ou de fumier afin d'enrichir le sol.
  • Un engrais riche en azote sera aussi le bienvenu car il rendra votre sol plus fertile.