Le médecin Jean-Michel Cohen alerte sur l'erreur qui annule tous les bénéfices du jeûne intermittent

Selon le médecin nutritionniste, une confusion très répandue empêche de tirer de réels bénéfices du jeûne intermittent.

Le médecin Jean-Michel Cohen alerte sur l'erreur qui annule tous les bénéfices du jeûne intermittent
© Vim/ABACA

Sur les réseaux sociaux, le jeûne intermittent est souvent présenté comme une solution presque automatique. On saute un repas, on resserre sa fenêtre alimentaire, et le reste suivra. Cette vision séduit parce qu'elle promet moins de règles, moins de calculs et moins de contraintes visibles. Pourtant, quand on s'éloigne des slogans pour regarder ce que dit la nutrition, le tableau est nettement plus nuancé. Le principe du jeûne intermittent n'est pas magique, et ses effets dépendent de paramètres bien précis que beaucoup préfèrent ignorer.

Dans une vidéo récemment publiée sur Instagram, Jean-Michel Cohen rappelle que, sur le plan strict de la perte de poids, le jeûne intermittent ne surclasse pas les approches alimentaires classiques. "Quel est l'intérêt au niveau de la perte de poids ? En fait, le jeûne intermittent donne des résultats à peu près comparables à un régime méditerranéen à calories égales." Autrement dit, à apport énergétique identique, les résultats sont proches. Le jeûne n'invente donc rien de révolutionnaire, il modifie surtout l'organisation des repas. Cette précision est importante, car elle casse l'idée selon laquelle le simple fait de ne pas manger pendant plusieurs heures déclencherait automatiquement une fonte des kilos. 

Là où le jeûne intermittent marque des points, selon le nutritionniste, c'est ailleurs. Supprimer un repas dans la journée change la logistique, réduit le nombre de décisions alimentaires et limite certaines stimulations répétées. "La suppression simple d'un repas rend plus simple la mise en place d'un régime", souligne-t-il. Cela peut aider certaines personnes à tenir dans la durée, notamment celles qui se sentent vite submergées par les règles nutritionnelles classiques. Mais Jean-Michel Cohen précise : "Ça ne la rend pas plus facile, ça la rend plus simple à mettre en place". En d'autres termes, la méthode ne dispense pas de réfléchir à ce que l'on mange, ni à la composition des repas restants. 

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©  pheelingsmedia

C'est justement à cet endroit que beaucoup se trompent. Le succès médiatique du jeûne intermittent a installé l'idée qu'il fonctionnerait en autonomie, comme si le corps compensait naturellement le reste. Le spécialiste l'affirme : "Les gens, ceux qui sont persuadés que le jeune intermittent à lui tout seul suffit font une erreur. Le jeune intermittent ne suffit pas." En effet, il reste primordial de surveiller son apport calorique lorsque l'on mange en dehors du jeûne. Autrement, la suppression d'un repas n'a aucun bénéfice sur la perte de poids. 

Un rappel important puisqu'il explique pourquoi certaines personnes ne voient aucun résultat malgré une discipline apparente sur les horaires. Le jeûne peut être un outil, parfois pertinent, parfois confortable, mais il n'a d'intérêt que s'il s'inscrit dans une logique globale cohérente.