Taxe foncière : 87 % des avis vérifiés comportent cette erreur, avec 260 euros à récupérer en moyenne
Alors que les avis de taxe foncière 2026 commencent à arriver, certains propriétaires pourraient avoir une bonne surprise en jetant un oeil à leur facture. Une erreur pourrait leur permettre de récupérer 260 euros en moyenne, et parfois bien davantage.
La taxe foncière n'est pas vraiment le courrier que les propriétaires attendent avec impatience à la rentrée. Pourtant, cette année, il pourrait être intéressant de ne pas ranger son avis trop vite. Les versions papier commencent à être envoyées à partir du 24 août, tandis que les avis en ligne seront disponibles dès le 27 août pour les contribuables non mensualisés et à partir du 19 septembre pour les mensualisés. Et si la facture augmente encore en 2026, la hausse générale reste plutôt modeste : les bases sont revalorisées de 0,8 %, contre 1,7 % en 2025, 3,9 % en 2024 et 7,1 % en 2023. Sur les 1 117 euros de taxe foncière payés en moyenne par un propriétaire particulier en 2025, cela correspond à environ 9 euros supplémentaires.
Ces 9 euros risquent pourtant de devenir assez anecdotiques pour certains propriétaires. La plateforme Orka.tax affirme dans un communiqué avoir recalculé 1 351 avis de taxe foncière et découvert une anomalie dans 87 % des dossiers étudiés. Surtout, la différence entre la somme réclamée et celle qui aurait réellement dû être payée atteindrait 260 euros par an et par bien en moyenne. Et le mot "par an" a son importance. Lorsqu'un problème existe depuis plusieurs années, le propriétaire peut avoir payé trop cher à chaque nouvelle taxe foncière sans s'en rendre compte. La somme en jeu peut donc rapidement dépasser quelques centaines d'euros. Or, une partie de cet argent peut encore être réclamée au fisc. Pour la taxe foncière 2025, les propriétaires concernés ont jusqu'au 31 décembre 2026 pour déposer une réclamation. Pour celle de 2026, le délai court jusqu'au 31 décembre 2027.

Mais quelle est cette erreur qui peut faire grimper la note sans apparaître clairement sur l'avis ? Elle concerne les informations cadastrales utilisées par l'administration pour décrire le logement et calculer sa valeur locative. Dans les dossiers analysés, Orka.tax indique avoir retrouvé des caractéristiques qui ne correspondaient pas ou plus à la réalité du bien. Cela peut être une mauvaise surface, un garage, une cave ou un abri de jardin comptabilisé deux fois, ou encore une dépendance toujours enregistrée alors qu'elle a été démolie. L'état et la catégorie du logement peuvent aussi être incorrects.
Même les équipements comptent : baignoire, lavabo, WC ou chauffage central sont transformés en surfaces dites "d'équivalence" et participent ainsi au calcul. La plateforme cite notamment le cas particulièrement parlant d'un propriétaire dont le jardin avait été enregistré comme surface bâtie. Conséquence : sa taxe foncière était deux fois plus élevée que ce qu'il aurait dû payer. "Aucune de ces erreurs n'est détectable à la lecture de l'avis d'imposition, qui n'affiche qu'un résultat", explique Maître Gary Cahn, cofondateur d'Orka.tax. Il faut donc consulter sa fiche d'évaluation cadastrale, en faisant la demande auprès de son centre des finances publiques, notamment via la messagerie sécurisée, puis comparer les informations qui y figurent avec la réalité du logement.
Lorsqu'une anomalie est confirmée, le propriétaire peut alors demander sa correction à l'administration fiscale et réclamer un dégrèvement s'il a effectivement payé trop cher. La réclamation peut notamment être transmise depuis la messagerie sécurisée de son espace personnel sur impots.gouv.fr, en apportant les éléments permettant de justifier l'erreur. Attention cependant à ne pas soustraire soi-même les fameux 260 euros de la taxe à régler : ce montant correspond à la moyenne constatée dans les dossiers étudiés par Orka.tax, pas à un remboursement automatique accordé à tous les propriétaires. Tant que l'administration n'a pas accepté la réclamation, l'impôt reste dû.