"Je suis prof de maternelle et voici mes 3 meilleurs conseils pour sa toute première rentrée"
Il ne faut pas réduire la préparation de la rentrée à "savoir mettre ses chaussures" ou "être propre" selon une professeure des écoles. Voici comment bien l'accompagner dans ses nouvelles expériences.
Parmi toutes les "premières fois" de la vie d'un enfant, il y en a qui marquent un changement particulièrement important. C'est le cas de la toute première rentrée des classes : il devient élève, et le restera au moins jusqu'à ses 16 ans. Son quotidien va être complètement différent de ce qu'il a connu jusque-là, et c'est pour cela qu'il est important de l'y préparer, nous explique Maud Martinez, professeure des écoles spécialisée en Petite section et titulaire d'une licence en psychologie du développement de l'enfant, autrice de Objectif Maternelle – Le guide des minus à l'école (éd. Larousse).
"La toute première rentrée est une étape immense dans la vie d'un enfant… Mais aussi dans celle de ses parents ! Pour beaucoup d'enfants, c'est la première fois qu'ils entrent dans une collectivité aussi grande, avec de nouveaux adultes, de nouveaux enfants, de nouveaux lieux, de nouvelles règles et un rythme complètement différent. Et surtout, on leur demande quelque chose d'énorme à leur échelle : se séparer de leurs figures d'attachement et faire progressivement confiance à d'autres adultes. C'est pour cela que je trouve important de ne pas réduire la préparation de la rentrée à "savoir mettre ses chaussures" ou "être propre", nous explique-t-elle. Pour Maud Martinez, on peut bien sûr développer l'autonomie de son enfant, mais aussi l'aider "à se représenter ce qui va lui arriver et à se sentir suffisamment en sécurité pour vivre cette nouvelle expérience". Pour bien l'accompagner, elle nous donne trois pistes.

Le premier conseil de Maud Martinez est de "rendre l'inconnu un peu plus connu". L'enfant ne connaît pas encore l'école, alors on peut lui en parler "simplement et concrètement", l'emmener voir le bâtiment (si on a pu aller aux portes ouvertes et voir l'intérieur, c'est super !), lui décrire à quoi ses journées vont ressembler… Et lui expliquer "qui l'emmènera et surtout qui reviendra le chercher et à quel moment", en lui donnant des indications qui lui parleront vraiment, comme "après la sieste" ou "après le goûter", plutôt que "à 16h30".
La deuxième chose à faire, c'est de "travailler l'autonomie". "On peut profiter des semaines précédant la rentrée pour laisser davantage l'enfant essayer seul : baisser et remonter son pantalon, se laver les mains, ranger ses affaires, mettre ses chaussures, ouvrir sa gourde…", indique Maud Martinez, tout en soulignant qu'il faut que ce soit "sans pression", autant pour les parents que pour le futur élève : "Un enfant n'a absolument pas besoin de savoir tout faire seul pour entrer à l'école. Les adultes sont là pour l'accompagner".
Enfin, cette enseignante préconise aux parents de "parler positivement de l'école sans lui vendre un monde merveilleux". L'idée est de l'aider à avoir une bonne image de ce qui l'attend, mais sans lui faire des promesses qu'on ne pourra pas tenir. Maud Martinez nous explique pourquoi : "Dire "Tu vas adorer !", "Tu vas te faire plein de copains !" part évidemment d'une bonne intention, mais personne ne peut le garantir. Je préfère quelque chose comme : "Tu vas découvrir ton école, ta maîtresse ou ton maître, de nouveaux jeux et d'autres enfants. Au début, il y aura peut-être des choses que tu aimeras beaucoup et d'autres qui seront plus difficiles. Et petit à petit, tu vas apprendre à connaître tout ça". Cela permet aussi de laisser à l'enfant le droit d'avoir des émotions contradictoires : il peut être content d'aller à l'école et triste de quitter son parent. Les deux peuvent parfaitement coexister".