Grands-parents: quel rôle avec les parents, petits-enfants ?

Qu'est-ce qui a changé chez les grands-parents d'aujourd'hui ? Rôle, droits, petits noms... zoom sur la nouvelle génération de papis et mamies avec la psychologue Beatrice Copper Royer.

Grands-parents: quel rôle avec les parents, petits-enfants ?
© 123RF / Cathy Yeulet

Grands-parents : quel est leur rôle ?

Passer du bon temps, garder les enfants, leur enseigner des choses ? Un peu tout ça à la fois selon la psychologue Béatrice Copper Royer, également co-auteure de "Grands-parents, le maillon fort" (Ed. Albin Michel). Toutefois, c'est généralement les parents qui donnent le tempo et définissent le rôle qu'ils vont jouer : "Ils répondent souvent présents aux demandes et besoins ponctuels de leurs enfants sans s'imposer et constituent fréquemment des relais parentaux" note la psychologue. Et elle ajoute que si "certains sont très impliqués et font office de nounou, ce n'est pas la majorité". Ainsi, la plupart des grands-parents prennent leurs petits-enfants un certain temps pendant les vacances, les accompagnent parfois aux activités ou prennent le relai le mercredi quand il n'y a pas école. A l'inverse, quand le grand-parent est sollicité en permanence et qu'il en pâtit, à lui de poser des limites, ce titre ne doit pas le rendre corvéable à merci. Selon la psychologue, "le temps passé avec les grands-parents est pour leurs petits-enfants le moment où ils entendent, reçoivent l'histoire familiale, les rituels et habitudes". En outre, chez papi et mamie, les règles sont souvent assouplies et ce sont des moments de fête (ils ont droit à des bonbons, faire des gâteaux, etc.) même si "les parents d'aujourd'hui sont assez exigeants vis-à-vis de leurs parents et tiennent à ce qu'ils suivent leurs règles. Mais en général, tout le monde s'adapte et tout se passe bien", rassure la spécialiste.

Grands-parents et petits-enfants : les rapports ont-ils changé ?

La relation tissée entre les grands-parents et leurs petits-enfants va être plus ou moins proche en fonction des attentes, besoins des parents et des liens qu'ils entretiennent avec leurs parents ou beaux-parents. Ainsi, "certains ont des exigences importantes, attendent beaucoup de la part des papis et mamies, d'autres sont plus autonomes parce qu'ils sont plus éloignés géographiquement ou n'ont pas spécialement envie de faire appel à eux fréquemment" constate Béatrice Copper Royer. Parfois aussi, on fait intervenir davantage la branche paternelle ou maternelle en fonction des affinités et de l'entente. "Les études montrent d'ailleurs que souvent, les grands-parents maternels sont plus présents car les relations de la mère avec ses parents est plus forte même si ce n'est pas toujours le cas" souligne-t-elle. Et puis, il y a toutes sortes de grands-parents : ceux qui sont encore actifs, les retraités, ceux qui sont en forme et disponibles et les retraités qui multiplient les activités et ont peu de temps disponible ou peu envie d'en donner. Le grand-parent n'est plus incarné par une seule grande figure comme autrefois. Cela dit, cette nouvelle génération de grands-parents a, pour la plupart, entretenu une relation plus intime avec ses enfants et ils la poursuivent avec leurs petits-enfants. C'est aussi pour eux l'opportunité de faire mieux, de profiter. Enfin, "avec les petits-enfants, ce sont juste les bons moments sans les contraintes du quotidien, de l'éducation. C'est bénéfique pour eux, ils leur donnent un coup de jeune" ajoute la psychologue. Pour les petits, c'est l'occasion de faire le plein de douceur et d'une disponibilité de temps et de patience que les parents n'ont pas toujours, car les grands-parents ont généralement un rythme plus souple.

Grands-parents, comment gérer la distance ?

Quand les papis et mamies habitent loin, le lien s'entretient davantage durant les vacances. "Un moment souvent très attendu par les enfants d'autant qu'ils peuvent y retrouver également leurs cousins, avec lesquels ils tissent des liens parfois très fort durant leur jeunesse" souligne la psychologue. Chez les grands-parents, il y a aussi généralement plus d'espace, un jardin ou la nature à proximité, autre atout qui séduit les petits-enfants.   

Grands-parents : quels sont leurs droits ?

Quand il y a des conflits et que la situation est complètement bloquée, les grands-parents peuvent demander à un juge aux affaires familiales un droit de visite ou d'hébergement prévu par le Code civil, à leurs petits-enfants pour ne pas rompre le lien. Si les parents estiment que voir leurs grands-parents peut porter atteinte à la santé, la sécurité ou au bien-être de leurs enfants, c'est à eux de le prouver. C'est ensuite le juge qui évalue la demande des parties. "C'est une situation peu joyeuse pour les enfants de voir leurs grands-parents dans de telles circonstances, mais heureusement assez rare", rassure Béatrice Copper Royer. 

Les grands-parents ont un "chouchou", comment gérer ?

"Il peut arriver, tout comme aux parents, d'avoir plus d'affinités avec l'un de ses petits enfants parce qu'il a un tempérament, un caractère qui les séduit davantage", estime la psychologue. Son conseil dans ce cas : veiller à ne pas se montrer injuste, rester équitable. Et dialoguer calmement pour régler la situation si l'enfant s'en plaint ou que le parent constate qu'il y a un chouchou parmi les enfants.

Grands-parents et familles recomposées : comment ça se passe ?

Les grands-parents s'adaptent aux situations familiales de leurs enfants. Dans le cas des familles recomposées, ils doivent parfois accueillir des petits-enfants qui ne sont pas les leurs mais ceux du conjoint de leur fils/fille. "Cela les conduit à faire preuve de souplesse, d'adaptation, à revoir leurs principes. Ce n'est pas toujours facile mais bénéfique en même temps, car ça les aide à évoluer, à vivre dans leur époque" note Béatrice Copper Royer. 

Grands-parents, comment se faire appeler ?

Pépé, papi, mamie, mina, grand-père ou grand-mère, pépé ou mémé... Pour décider de l'appellation des grands-parents, une discussion entre les différentes générations peut-être utile pour tomber d'accord. Parfois les grands-parents campent un peu sur leurs positions, n'aiment pas telle appellation mais, au final, on finit toujours par trouver un petit nom qui convient à tout le monde. "C'est souvent le premier petit-enfant qui va déterminer l'appellation des grands-parents ou lui donner un surnom qui va rester" constate d'ailleurs la spécialiste. Il y a plusieurs mamies/papis ? On peut très bien les appeler tous ainsi en y ajoutant leur prénom.