Décrochage scolaire : que faire, quelles solutions pour les élèves ?

Le confinement a multiplié les cas de décrochage scolaire chez les élèves. Quelles solutions pour aider l'enfant a se remettre à niveau ? Le point sur les mesures mises en place.

Décrochage scolaire : que faire, quelles solutions pour les élèves ?
© 123RF / Inna Reznik

Ce 23 septembre avait lieu la 13e édition de la Journée mondiale du refus de l'échec scolaire organisée conjointement par des enseignants, des familles et des parents d'élèves et parrainée par l'Unicef. L'occasion de faire le point sur les moyens mis en œuvre pour aider les élèves en décrochage à l'école. En effet, si la lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale et un enjeu de cohésion sociale faisant partie de la "Stratégie Europe 2020", avec la fermeture des écoles durant le confinement, beaucoup d'enfants ont rompu le lien avec l'école. Du coup, son intérêt redouble. 

Décrochage scolaire, qu'est-ce que c'est ?

Chaque année, des élèves quittent le circuit scolaire avant d'avoir obtenu leur baccalauréat ou diplôme professionnel (BEP, CAP). Cet abandon, dû à un désintérêt progressif de l'élève pour l'école, est ce que le Code de l'éducation a appelé "décrochage scolaire". L'objectif est donc d'identifier les élèves en situation de risque de décrochage scolaire, c'est-à-dire qui fréquentent toujours son établissement, mais sont moins attentifs en classe, consacrent moins de temps à ses devoirs, sont sujets à l'absentéisme, etc. "La lutte contre le décrochage scolaire a ainsi vocation à réduire les inégalités concernant l'accès au savoir tout en élevant le niveau de qualification et de compétences de l'ensemble de la population scolarisée", indique le site du ministère de l'Education

Décrochage scolaire : quels sont les chiffres ?

Tous les ans, 150 000 élèves quittent le système scolaire sans diplôme, soit près d'1 jeune sur 5. L'objectif fixé par le conseil européen en 2010 était qu'en 2020, le taux d'abandon scolaire moyen dans l'Union européenne passe sous la barre des 10 %. Dans ce cadre, la France a atteint les objectifs car il est passé à 8.2% en 2019 contre 12,6% en 2010. L'an dernier, ce sont ainsi 60 000 jeunes de moins qu'en 2014 qui ont abandonné leurs études sans diplôme. Un bon début, dû à un meilleur repérage des jeunes et à une plus grande mobilisation.

Décrochage scolaire : comment aider son enfant ?

Considérée comme une priorité nationale et un enjeu dans le cadre de la "Stratégie Europe 2020", la lutte contre le décrochage scolaire s'axe sur deux points : 

  • L'aspect préventif : éviter aux élèves de se retrouver en situation de décrochage. 
  • La remédiation : Remettre sur les rails les élèves déjà en décrochage ou considérés comme étant à risque. 

Dans les deux cas, un seul et même objectif : "faire que chaque jeune puisse construire son avenir professionnel et réussir sa vie en société". Pour y parvenir, l'éducation nationale a instauré le droit au retour en formation pour tous les jeunes sortis du système éducatif sans diplôme ni un niveau suffisant de qualification (article L-122 du code de l'éducation) et l'obligation de formation pour les jeunes âgés de 16 à 18 ans (article L-144 du code de l'éducation). Des mesures qui devraient être renforcées cette année par la mise en œuvre de l'obligation de formation : tous les moins de 18 ans doivent être soit scolarisés, en formation, ou posséder un emploi.

Décrochage scolaire, quelles alternatives ?

Ma seconde chance

Votre enfant est (en risque de) décrochage scolaire ? Grâce au site Ma seconde chance, vous pouvez géolocaliser des professionnels de l'orientation ou/et des établissements proposant une reprise des études. Des conseillers sont également disponibles par tchat ou par téléphone pour vous aider à trouver une solution et contrer ce décrochage. 

Les Écoles de la deuxième chance 

Les Écoles de la deuxième chance (E2c) proposent aux élèves décrocheurs sans qualification des parcours de 6 mois pour les remettre à niveau en fin de collège. Une formation de réintégration socio-professionnelle comportant des périodes de stages en entreprise. Ces E2c crées il y a plus de 20 ans, accueillent chaque année 15 000 jeunes (âgés de 16 à 25 ans) répartis sur un réseau de 46 écoles dans l'ensemble du territoire. 

L'Epide

Autre alternative : L'Epide (établissement public d'insertion dans l'emploi). Il accueille 3 000 jeunes décrocheurs (dans leurs 20 centres situés en France métropolitaine), sans aucune qualification ni diplôme. Ceux-ci s'engagent dans une formation d'environ 8 mois ayant essentiellement vocation à les resocialiser et à leur garantir une remise à niveau. 

Les services militaires 

Enfin, les jeunes âgés de 18 à 25 ans éloignés du marché de l'emploi ont aussi la possibilité d'intégrer le dispositif SMA (service militaire adapté) ou SMV (service militaire volontaire). Ils bénéficient ainsi d'une insertion socioprofessionnelle allant de 6 à 12 mois au sein d'unités militaires spécifiques. 

D'autre part, le hashtag #ReviensTeFormer lancé par le gouvernement distille sur sa page éponyme toutes sortes d'options aux décrocheurs en fonction de leur cursus et de leurs attentes. 

Décrochage scolaire et Covid-19

Enfin, face au contexte de la crise sanitaire actuelle, la lutte contre le décrochage scolaire a vocation, au niveau national, a identifier les élèves les plus fragiles qui ont rompu les liens avec l'école. Ils seraient 500 000 élèves au total sur les 12 millions d'inscrits, selon Jean-Michel Blanquer à avoir perdu le contact avec leurs enseignants durant le confinement. Après les vacances apprenantes cet été, tutoriels, cours de remise à niveau, remobilisation scolaire, les académies s'organisent pour aider au mieux ces élèves fragilisés a maintenir le cap.