Grève à l'école : pourquoi les enseignants manifestent-ils ?

Après avoir manifesté leur colère le 26 janvier, des syndicats d'enseignants ont lancé un appel à la grève ce 4 février afin de réclamer un "plan d'urgence" et des moyens supplémentaires dans les écoles. Ils rejoignent un mouvement interprofessionnel d'appel à la grève qui concerne aussi les transports, la santé, la jeunesse et les services publics.

Grève à l'école : pourquoi les enseignants manifestent-ils ?
© Milkos-123RF

[Mise à jour du 4 février à 12h49] Ce jeudi 4 février, de nombreux secteurs devraient être touchés par un mouvement de grève interprofessionnel. La CGT, la Fédération syndicale unitaire (FSU) et Solidaires ont appelé "tous les salariés, du privé comme du public, à se mobiliser". Plusieurs secteurs pourraient être touchés notamment celui des transports, de la santé, de la jeunesse et des services publics. Les syndicats d'enseignants ont rejoint le mouvement et appellent à la mobilisation générale. La FSU et le SNUipp (Site du Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des Écoles et PEGC) souhaitent ainsi "poursuivre la mobilisation des personnels pour un véritable plan d'urgence pour le service public d'éducation avec des moyens à la hauteur des besoins". "La journée du 4 février sera une nouvelle occasion, sous des formes diverses, de réclamer une autre politique éducative et une revalorisation de l'ensemble des métiers et professions", déclare le SNUipp dans un communiqué. Suite à cet appel à la grève, des perturbations sont à prévoir dans les écoles, les collèges et les lycées. Les services dans les cantines pourraient aussi être impactés.

Le 26 janvier dernier, six organisations syndicales d’enseignants, les infirmières scolaires et des associations de parents d’élèves avaient déjà manifesté à l'initiative d’une intersyndicale composée notamment de de Force ouvrière (FO), de la Fédération syndicale unitaire (FSU) et de la Confédération générale du travail (CGT). Le Snes demandait notamment une priorité de vaccination pour les enseignants mais aussi l'instauration de demi-groupes d'élèves, plus d'aération dans les salles de classes et un protocole plus contraignant dans les cantines. Le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles (SNUipp-FSU), premier syndicat du primaire, exigeait dans un communiqué "un plan d'urgence pour l'école et une réelle protection des personnels et des élèves afin de maintenir les écoles ouvertesLe ministère a depuis renforcé le protocole sanitaire à l'école ce 1er février : les règles sont renforcées à la cantine avec une distanciation de deux mètres, mais aussi plus d'aération (toutes les heures), ou encore le port du masque à l'école, de catégorie 1.

De leur côté, les infirmières scolaires avaient précisé qu'elles doivent aujourd'hui gérer les "phases de dépistage et de tracing", au lieu de remplir leur rôle d'accompagnement auprès des élèves. "La grave conséquence de cela : nos jeunes, qui vont très mal, ne peuvent plus être accueillis comme il se doit lors des consultations dans les établissements car nous ne sommes pas remplacées, il faut réagir très rapidement.", a dénoncé Saphia Guereschi, secrétaire générale Syndicat national des Infirmières Conseillères de Santé (SNICS-FSU, majoritaire).

Les professeurs demandent une revalorisation des salaires

Outre la question centrale de la gestion de la crise sanitaire, les enseignants demandent également une revalorisation des salaires. En novembre dernier le ministère avait annoncé des revalorisations à partir de 2021, surtout pour les plus jeunes, soit 30% seulement des enseignants. Insuffisant pour les organisations syndicales qui espèrent aujourd'hui qu'une loi pluriannuelle, telle qu'elle avait été promise lors de la réforme des retraites, viendra pérenniser des revalorisations substantielles pour l'ensemble de la profession. "Il faudrait investir massivement pour permettre de recruter sur le long terme et attirer vers les métiers de l'éducation.", insiste Benoît Teste, secrétaire général de la FSU. Pour le Snuipp, syndicats des écoles primaires, les réponses du ministère "sont loin d'être à la hauteur, que ce soit sur la gestion erratique de cette crise sanitaire, sur les moyens nécessaires pour garantir partout un service public de qualité, sur la revalorisation salariale "historique" toujours promise mais jamais concrétisée ou sur la politique éducative autoritaire poursuivie".