"On ne joue pas sa vie" : une spécialiste de Parcoursup dédramatise pour les candidats qui n'ont reçu aucune proposition
Alors que les listes d'attente et les refus font grimper le stress, une experte de l'orientation, elle-même mère d'une élève de terminale, nous livre un message profondément rassurant : Parcoursup n'est pas la seule porte de sortie des candidats.
Depuis le 2 juin, date d'ouverture de la phase d'admission, c'est la panique pour les lycéens inscrits sur Parcoursup. D'un côté, il y a les plus chanceux qui ont reçu plusieurs propositions et qui s'inquiètent de faire le bon choix, et de l'autre il y a ceux qui stressent d'être encore sur liste d'attente, ou pire, de n'avoir essuyé que des refus. Et souvent, cette angoisse ne fait que s'ajouter à celle des épreuves du baccalauréat qui arrivent à la même période, et s'amplifier à cause des parents, qui se tracassent presque plus que les élèves eux-mêmes.
Face à une pression aussi énorme venue de tous les côtés, Julie Mleczko invite tous les futurs étudiants et leurs familles à "relativiser". Rédactrice en cheffe de Studyrama et experte de la plateforme Parcoursup – et elle-même mère d'une adolescente en classe de terminale – elle sait que "certains mettent tellement d'ardeur dans le processus que ça peut être compliqué à gérer", surtout quand on n'a obtenu aucune proposition d'admission. Pourtant, alors que beaucoup tendent à l'oublier, la spécialiste rappelle qu'on "ne joue pas sa vie sur Parcoursup" et que "ce n'est pas la fin du monde", car il existe tout un tas de possibilités à prendre en compte.
D'abord, avant de paniquer, souvenez-vous que la phase complémentaire s'étend encore jusqu'au 10 septembre, après quoi il reste toujours la CAES (commission d'accès à l'enseignement supérieur) pour accompagner les candidats qui n'ont encore rien trouvé. Autrement dit, vous ne serez pas abandonné à votre sort. "Il ne faut pas oublier qu'il existe aussi des formations en dehors de Parcoursup", souligne Julie Mleczko. En effet, de nombreuses écoles, généralement privées, proposent des inscriptions de leur côté. Attention toutefois à bien vérifier leur légitimité.
Mais même dans le cas d'un jeune qui se retrouverait sans aucune roue de secours, la spécialiste de l'orientation rappelle que de nombreuses autres options sont envisageables, et que l'enseignement supérieur n'est pas l'unique porte pour un bachelier : "On peut aussi décider de faire un service civique pendant un an avant de recommencer la procédure Parcoursup, ou de faire un séjour au pair, un stage, de travailler, de partir améliorer son anglais... Encore une fois, il n'y a pas mort d'homme !" Pour Julie Mleczko, une année n'est jamais perdue, et bien que cela puisse être "difficile à digérer" pour les ados comme leurs parents, c'est aussi pour elle un véritable "apprentissage de la vie" : "On n'a pas toujours ce qu'on veut. Ma fille, par exemple, je ne suis pas sûre qu'elle obtienne le bac cette année. Je lui ai dit mais au pire, tu redoubles. Alors pour elle, c'est impensable, mais il n'y a rien de grave. Si on doit recommencer une année ou deux à leur âge, ce n'est vraiment pas un drame, surtout vu l'état actuel du marché du travail."
En fin de compte, ce rappel à l'ordre bienveillant sonne comme une véritable bouffée d'oxygène au milieu de la tempête algorithmique de Parcoursup. Parents comme lycéens, vous avez le droit de souffler et, surtout, de déculpabiliser : votre avenir ne se résume pas à un "non" ou à un rang sur liste d'attente. En nous rappelant que l'orientation n'est pas une course de vitesse, mais un chemin aux mille bifurcations, Julie Mleczko livre un formidable message de liberté. Il n'y a pas de parcours parfait, seulement des chemins que l'on construit pas à pas. De quoi aborder les prochaines semaines avec un peu plus de sérénité.