Fin du démarchage en août : pourquoi votre téléphone risque de continuer à sonner quand même
Dès le 11 août, une nouvelle loi interdira le démarchage téléphonique sans votre accord préalable. Pourtant, votre tranquillité est loin d'être garantie : voici les ruses légales que les professionnels s'apprêtent déjà à utiliser pour continuer à vous contacter.
5, 10 ou même 15 fois par jour : pour nombre d'entre nous, le démarchage téléphonique est devenu un véritable calvaire. Vous avez beau user de techniques astucieuses en supprimant votre numéro de téléphone des listes pour filtrer ces appels indésirables ou forcer les opérateurs à raccrocher d'eux-mêmes... rien n'y fait, les appels continuent à pleuvoir pour tenter de vous vendre des panneaux solaires, un nouveau contrat d'électricité ou encore des investissements fructueux.
Mais bonne nouvelle, dès le 11 août 2026, le démarchage téléphonique intempestif et non-sollicité sera interdit par la loi. À partir de cette date, "le consentement explicite des consommateurs sera désormais requis pour tout démarchage téléphonique", comme le stipule le site du service public. "Seules les entreprises disposant d'un opt-in clair, univoque, spécifique et révocable pourront contacter un consommateur à des fins commerciales". En clair, tant que vous n'aurez pas donné votre feu vert à une entreprise pour recevoir des coups de fil, elle n'aura pas le droit de vous contacter pour vous vendre un produit quelconque. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, cela ne signifie pas que nous ne recevrons plus aucun appel. Car les téléopérateurs ont plus d'un tour dans leur sac.
D'abord, les entreprises n'ont pas besoin d'autorisation pour contacter leurs propres clients, et ainsi proposer d'autres produits ou services additionnels. En clair, vous pourrez toujours être démarché par les sociétés chez lesquelles vous avez déjà un contrat. D'ailleurs, certaines se tournent désormais vers la méthode du "rebond commercial" : les opérateurs du service client profitent des appels reçus pour tenter de décrocher de nouvelles ventes. Comme c'est vous qui avez téléphoné, pas besoin de consentement car il ne s'agit pas légalement d'un démarchage.
Mais pour prospecter de nouveaux clients, les entreprises disposent de plusieurs méthodes pour parvenir à obtenir le consentement. Comme l'explique le magazine Que Choisir Ensemble, les téléopérateurs pourront proposer aux consommateurs de laisser leurs coordonnées afin d'être rappelés si une offre les intéresse. D'autres pourront aussi "conditionner la participation à un jeu concours ou le téléchargement de contenus gratuits (un catalogue, un livre blanc, un outil de création 3D, etc.) à une autorisation d'être contacté par un commercial". Cela pourra aussi passer par une simple case cochée dans un formulaire en ligne, ou lors d'un achat dans un magasin par exemple. Le tout est que le professionnel puisse prouver qu'il a bien reçu l'autorisation de la part du consommateur.
Par ailleurs, dès le 11 août, le service Bloctel mis en place par le gouvernement ne sera plus disponible. Le démarchage sauvage étant désormais interdit, il ne sera donc plus nécessaire de s'inscrire pour s'opposer aux appels commerciaux. Pour garder votre téléphone au calme après cet été, redoublez de vigilance lors de vos futurs achats ou inscriptions en ligne, et traquez la fameuse case d'autorisation dans les petites lignes. En revanche, "si vous vous opposez à la poursuite d'une communication, le professionnel devra mettre fin sans délai à l'appel et ne plus vous contacter", précise la nouvelle réglementation. En cas d'appels abusifs qui continueraient malgré tout, vous pourrez les signaler sur la plateforme signal.conso.gouv.fr, ce qui mènera à d'éventuelles sanctions pour les professionnels concernés.