"Ne vous laissez pas avoir, c'est interdit" : une experte Parcoursup dénonce le forcing de certains établissements

En plein processus Parcoursup, certaines écoles jouent sur la peur et le stress des lycéens pour contourner les règles officielles de la plateforme. Julie Mleczko, spécialiste de l'orientation, nous explique comment ne pas tomber dans le panneau.

"Ne vous laissez pas avoir, c'est interdit" : une experte Parcoursup dénonce le forcing de certains établissements
© lanastock

La phase d'admission sur Parcoursup est officiellement lancée, et c'est le moment que futurs étudiants et parents redoutent le plus : celui où il faut faire des choix. Et surtout, les bons. Entre les épreuves du bac qui approchent et la nécessité de préparer son avenir, les élèves subissent une pression énorme... et certains établissements n'hésitent pas à en profiter. Pourtant, Julie Mleczko, rédactrice en chef de Studyrama et spécialiste de Parcoursup, nous rappelle que l'essentiel est de "ne pas se précipiter" et de ne surtout pas céder aux manœuvres d'intimidation des écoles.  

En effet, les candidats ont deux jours pour répondre à une proposition d'admission sur Parcoursup, ce qui laisse "le temps de la réflexion" avant d'accepter définitivement une formation. Or, dans la panique, il arrive que certains choisissent "la solution de facilité" en validant la première proposition qu'ils reçoivent, de peur de ne pas en obtenir d'autres. "La plateforme offre la possibilité de dire 'oui', tout en gardant d'autres vœux en attente, alors prenez le temps. De toute façon, il y a un calendrier qui doit être respecté par les établissements", précise l'experte en orientation. Mais dans les faits, "certains établissements font du forcing", en jouant sur la peur des candidats pour les inciter à accepter définitivement la proposition avant la fin du délai légal. 

© DR Journal des Femmes

En effet, afin de "boucler rapidement" leurs effectifs, certaines écoles (généralement privées et lucratives) n'hésitent pas à contacter les candidats et leurs familles à plusieurs reprises, par mail ou par téléphone, prétextant le besoin d'une réponse rapide pour garantir une place. D'autres vont même jusqu'à faire du chantage financier, en forçant la main aux parents pour verser des acomptes. Mais ces pratiques commerciales agressives, et mensongères, sont totalement illégales. "Il y a un règlement à suivre sur Parcoursup. Plusieurs établissements se sont fait retoquer à cause de ça. Ne vous laissez pas avoir par un coup de pression, c'est interdit", prévient Julie Mleczko. 

Dans une interview pour Le Parisien en 2025, le ministre de l'Enseignement supérieur avait ainsi révélé qu'une "petite quinzaine" de formations ont été exclues de Parcoursup pour cette raison. De nouvelles procédures de contrôle et de déréférencement ont d'ailleurs été mises en place pour mieux repérer (et donc radier) les écoles ne respectant pas la charte. Ce grand ménage entamé l'an dernier se poursuit aujourd'hui avec un projet de loi "relatif à la régulation de l'enseignement supérieur privé", qui vient tout juste d'être adopté par le Sénat ce lundi 1er juin 2026, et qui sera bientôt examiné par l'Assemblée nationale. Ce texte vise notamment à "faire de la présence sur Parcoursup la véritable garantie de qualité délivrée par l'État". À terme, toutes les formations disponibles sur la plateforme devront être attestées par une instance indépendante, à savoir le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres).

Concrètement, si l'État entend faire la chasse aux formations frauduleuses, certaines parviennent encore à contourner les règles et à profiter du stress des bacheliers pour remplir leurs bancs. Julie Mleczko le martèle à nouveau : "Ça ne sert à rien de vivre 24h/24 sur Parcoursup, il y a des alertes pour vous rappeler quand un délai de réponse va arriver à expiration. Vous vous êtes donné du mal sur toute cette période de candidature, ça a été long. Maintenant que vous y êtes, prenez le temps de la réflexion."