Je suis experte Parcoursup et voici ce que les gens ignorent sur la phase d'admission complémentaire
La phase complémentaire de Parcousup est ouverte, alors que la phase principale n'est pas terminée... De quoi perturber certains candidats, qui ne connaissent pas la marche à suivre de cette étape dans tous ses détails.
Ça n'aura pas échappé aux lycéens de terminale qui préparent leur entrée dans l'enseignement supérieur, ni à leurs parents pour qui ces choix d'orientation sont également une importante source de stress : comme son nom l'indique, la plateforme Parcoursup s'apparente parfois à un véritable parcours du combattant. Les étapes s'enchaînent vite, en parallèle des révisions du bac, et les élèves peuvent se retrouver perdus face à toutes les possibilités et subtilités qu'ils ne connaissent pas forcément.
La phase d'admission complémentaire a commencé le 11 juin, à peine une semaine après le début de la phase principale... De quoi créer de la confusion, et peut-être une précipitation inutile, pour les candidats : non, le début de la phase complémentaire ne marque pas la fin de la phase principale, qui ne se termine pas avant le 11 juillet. Mais alors, quel est le fonctionnement de ces deux étapes qui se chevauchent dans le calendrier ? Peut-on participer aux deux en même temps ? Quels sont les détails à connaître et les erreurs à ne pas faire ? Julie Mleczko, rédactrice en chef de Studyrama et spécialiste de Parcoursup, nous éclaire sur ce que les futurs bacheliers doivent savoir à propos de cette étape un peu floue.
La phase complémentaire s'adresse à tous ceux qui n'auraient pas encore validé définitivement une proposition d'admission : soit parce qu'ils n'en ont reçu aucune, soit parce qu'ils sont sur liste d'attente, soit parce qu'ils ont dit "oui" tout en gardant leurs autres vœux dans l'espoir d'obtenir mieux. "On est dans un calendrier contraint pour pouvoir satisfaire tout le monde. Il n'y a que 9 jours entre les deux, mais ça bouge très vite au niveau des listes d'attente donc on a déjà, malheureusement, des candidats qui se retrouvent sans rien", note l'experte. En somme, cette phase complémentaire "peut être à la fois angoissante pour ceux qui se disent 'qu'est-ce qui se passe, ça vient à peine de commencer', mais elle peut aussi être rassurante pour tous ceux qui sont en galère".
Mais ce que la plupart ignorent, c'est que la phase complémentaire est plus stricte que la phase principale : "C'est le choix encore plus déterminant, puisque Parcoursup ne va pas vous laisser avoir un 'oui' sur la phase principale, et un 'oui' sur la phase complémentaire. Ça voudrait dire que vous réserveriez deux places, et ce n'est pas le but du jeu." Dans cette deuxième étape, les candidats ne peuvent plus dire "oui mais", et garder leurs autres vœux en attente. Car si vous recevez un "oui" de la part d'une formation en phase complémentaire, vous serez obligé de l'accepter ou de la refuser tout simplement, il n'y aura pas d'entre-deux.
"Je pense que pour ceux qui ont déjà des réponses positives et qui sont en attente de mieux, c'est un peu risqué. Il y en a qui vont juste voir pour se rassurer, pour vérifier s'ils peuvent être pris ailleurs. Oui, mais faites attention, vous pouvez être pris. Et d'un seul coup, ça vous met le doute", prévient donc Julie Mleczko. Deux solutions s'offrent donc : "Soit vous prenez le risque de refuser parce que vous vous sentez assez bien dans les listes d'attente du début, soit vous sécurisez en disant je prends là, tant pis. Mais ils ne peuvent pas vous faire attendre en phase principale et en phase complémentaire, sinon ça n'avance plus. La seule caractéristique de la phase complémentaire, c'est qu'il va falloir répondre rapidement oui ou non."
La spécialiste de Parcoursup préfère toutefois avertir, dire "non" est un "coup de poker" très risqué : "Répondre non, alors qu'on est en liste d'attente partout sur les autres vœux, ça peut être une erreur. C'est toujours plus sécurisant et réconfortant, notamment en vue des épreuves du bac, de se dire 'J'ai quelque chose au cas où'. Soit vous apprécierez finalement la formation, soit vous ne l'aimerez pas forcément, mais vous validerez quand même une année. On ne perd jamais rien à étudier une année, quel que soit le domaine. C'est toujours quelque chose de nouveau, des compétences qu'on acquiert."