1000 premiers jours : Adrien Taquet annonce de nouvelles mesures

Suite à l'allongement du congé paternité, annoncé à l'issue du rapport les "1000 premiers jours", Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, annonce une série de nouvelles mesures pour mieux accompagner les futurs et jeunes parents... Ce qui va changer.

1000 premiers jours : Adrien Taquet annonce de nouvelles mesures
© 123RF / Cathy Yeulet

[Mis à jour le 29 septembre à 17h13] Suite à la remise du rapport, début septembre, sur "Les 1000 premiers jours de l'enfant", réalisée par la commission d'experts et présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, Emmanuel Macron a annoncé l'allongement du congé paternité. Lors de la naissance d'un enfant, le père a désormais le droit à 28 jours de congés (contre 11 précédemment). Mais, ce rapport des 1000 premiers jours de l'enfant (du 4e mois de la grossesse jusqu'aux deux ans de l'enfant) préconisait d'autres mesures : accompagnement personnalisé des futurs parents, généralisation de l'entretien prénatal précoce ou encore amélioration des modes de garde. Et pour cause, cette période représente un moment fondateur essentiel au bon développement de l'enfant. Elle s'avère également déterminante pour ses parents, soucieux de lui apporter toutes les attentions nécessaires tout en maintenant un équilibre dans leur vie personnelle, familiale et professionnelle. Des recommandations que le gouvernement a également pris en compte comme l'a dévoilé ce 28 septembre Adrien Taquet. L'objectif : répondre aux attentes des futurs et jeunes parents et leur offrir un meilleur soutient : "Les parents se sentent assez seuls, avant et surtout après l'accouchement. L'idée, c'est de les accompagner pendant les 1000 premiers jours ", confiait samedi le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles au JDD

Qu'est-ce que le parcours des 1000 premiers jours de l'enfant ?

En quoi consiste le "parcours des 1000 jours" ? Ce parcours d'accompagnement est compris entre le 4e mois de grossesse jusqu'au 2e anniversaire de l'enfant. Entre le début de la grossesse où le fœtus commence à interagir avec son environnement et celui où l'enfant prononce ses premières phrases, une partie considérable de son développement est en jeu, estime le gouvernement. En effet, c'est durant cette période que l'être humain se développe plus rapidement que dans toute autre période de sa vie : "le bébé grandit de deux centimètres par mois, la taille de son cerveau est multipliée par cinq et les connexions neuronales s'y établissent à la fréquence de deux cent mille par minute", précise le ministère de la santé.

Quelles sont les nouvelles mesures annoncées par Adrien Taquet ?

Boris Cyrulnik et la commission d'experts ont émis de nombreuses recommandations dans ce rapport des "1 000 premiers jours". Parmi elles, voici celles qui ont retenu l'attention du Secrétaire d'Etat :

  • La généralisation de l'entretien prénatal précoce (à compter du quatrième mois de grossesse), qui ne concerne aujourd'hui que 28% des grossesses. L'un des objectifs étant de multiplier les visites à domicile après la naissance "en particulier à la cinquième semaine et au troisième mois, qui correspondent aux pics de dépression post-partum. Un mal dont souffrent 30 % des mères", comme le précise Adrien Taquet.
  • La création d'un parcours des 1000 jours, avec un accompagnement personnalisé dès l'entretien du 4ème mois, se poursuivant en maternité et jusqu'au domicile, et qui se renforcerait en cas de fragilités (handicaps, troubles psychiques ou fragilités sociales), "Le but n'est pas de définir le code du bon parent mais de transmettre une dizaine de messages clés, sur l'allaitement, l'exposition aux écrans ou les violences éducatives ordinaires". Des informations qui seront également spécifiées dans le carnet de santé de l'enfant. Une application intitulée "1000 jours" devrait également être accessible dès l'été prochain.
  • Des unités mères-bébés : Afin de tenir compte des parcours spécifiques et de certaines fragilités, le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles prévoit également la création de 10 nouvelles unités mères-bébés "pour hospitaliser celles qui en ont le plus besoin, et 20 équipes mobiles supplémentaires en psychiatrie périnatale".
  • L'augmentation des moyens des maternités et des PMI, afin que les 500 maternités puissent mieux accompagner les parents, Pour y parvenir, le gouvernement promet une enveloppe de 3 millions d'euros par an qui permettra également de créer 200 postes supplémentaires d'ici 2021 afin de renforcer les équipes des maternités.
  • Un accueil d'urgence chez une assistance maternelle fait aussi partie des futurs nouveaux dispositifs. Ainsi, les assistantes maternelles, habilitées à garder jusqu'à quatre enfants, pourront accueillir un bébé supplémentaire, en cas d'urgence parentale, une semaine par mois. Une alternative de garde exceptionnelle permettant aux parents de confier l'enfant en cas de fermeture de crèche, de nounou malade, ou encore de rendez-vous à un entretien d'embauche. La mise en place d'une plateforme permettra de "géolocaliser toutes les places disponibles" à proximité de chez soi.

Comment réduire les inégalités dès le plus jeune âge ?

Selon Emmanuel Macron, qui s'est inspiré de la Finlande, (pays bien connu pour être celui dans lequel les parents sont les plus heureux), c'est avant l'âge de deux ans qu'il est possible de réduire les inégalités et notamment le déficit de vocabulaire qui se manifeste dès le plus jeune âge. "Les progrès scientifiques, issus de plusieurs champs de recherche, légitiment en effet un investissement le plus précoce possible dans cette période importante de la vie de tout être humain et il est indispensable d'accompagner au mieux les parents pour répondre de manière adaptée aux besoins de leurs enfants", précise le gouvernement.

Visites à domicile, dépression du post partum : les mamans mieux accompagnées

En France, les dépressions périnatales sont des troubles répandus et souvent mal connus, d'autant que la dépression peut aussi survenir pendant la grossesse. Certaines futures mamans ne sont par ailleurs pas ou peu informées du déroulement de leur grossesse et peu (ou pas suffisamment) accompagnées après la naissance de leur bébé. Adrien Taquet souhaite donc "que toutes les mamans passent la visite médicale du quatrième mois et que toutes reçoivent également une visite à domicile après l'accouchement", comme il l'avait déclaré lors de son déplacement en Finlande en juin 2020. Un point qu'il a reconfirmé dans son communiqué de presse du 28 septembre soulignant que "la dépression post-partum touche 10 à 15% des femmes dans notre pays" et que "100 000 femmes seraient chaque année en grande détresse lors de l'année qui suit l'accouchement" . Or, "seule la moitié d'entre-elles trouverait à qui s'adresser". Pour y remédier, Adrien Taquet veut donc "casser le tabou" du post partum et mieux accompagner les femmes durant cette période, notamment en multipliant les visites à domicile chez les jeunes mamans.