"Trop d'ennuis pour éviter un coup de pinceau" : cette nouvelle tendance de maquillage est déconseillée par les dermatos
Sur les réseaux sociaux, une nouvelle tendance de maquillage est en train d'émerger mais elle n'est pas sans risques.
Les tendances se suivent et ne se ressemblent pas, particulièrement dans l'univers du maquillage. Chaque mois, de nouvelles modes émergent, qu'elles soient vouées à durer ou non. De son côté, le maquillage permanent n'échappe pas à cette règle. Et cela depuis toujours. Souvenez-vous des années 90 et la lubie des sourcils et du crayon à lèvres tatoués, mais aussi des tendances plus récentes comme le lip blushing (tatouage de la bouche entière) ou de l'eyeliner permanent. Loin d'être anodines, ces techniques reposent sur l'utilisation d'un dermographe pour injecter un pigment dans le derme afin qu'il s'élimine après quelques années. Plus simplement, il s'agit d'un tatouage sur le visage.
Ces dernières semaines, une nouvelle mode fait encore son apparition. Le principe ? Imiter l'effet du blush grâce à du maquillage permanent. Vous choisissez l'emplacement des pigments (sur l'os des pommettes, sur les joues et le nez pour un effet "mordue par le froid"…), mais aussi la couleur en fonction de votre carnation et de vos préférences. Après une période de cicatrisation, vous voilà parée d'un blush en toutes circonstances. Le nom de cette tendance ? Le "Tattoo Blush". Sur le papier, le principe fait rêver (l'auteure de ces lignes a elle-même voulu craquer) : une bonne mine en permanence, quelques minutes gagnées au moment de se maquiller, et la promesse d'un glow même avec la peau nue. Mais est-ce réellement une bonne idée ? Eh bien, d'après le Dr Sylvie Peres, dermatologue et co-fondatrice d'Alaena, non. "Pour l'effet blush il faut associer des pigments marron, rouge, blanc pour s'adapter à la carnation. Chaque pigment ayant une évolution et un risque différent, cela fait beaucoup de paramètres pour un résultat esthétique et durable", explique-t-elle. Même son de cloche du côté d'Amélie Perez, fondatrice du Studio by Amélie, un lieu spécialisé dans le maquillage permanent : "Le pigment doit être extrêmement bien dilué et de grande qualité. C'est quand même assez risqué, je trouve, comme prestation."
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Le phénomène étant assez nouveau, la question de l'évolution dans le temps se pose évidemment. Comment les pigments vont-ils se modifier avec les mois ? La couleur reste-t-elle harmonieuse notamment face au soleil et au bronzage ? "Nous n'avons pas suffisamment de recul sur cette prestation. Au fil des années, on pourra voir comment ça évolue", commente Amélie Perez. Selon la professionnelle, à chaque exposition au soleil, les rayons agissent comme une "mini séance de laser" sur le tatouage. "Plus une personne va exposer son maquillage permanent, plus la couleur va devenir terne et dans certains cas, elle peut prendre des reflets qui ne sont pas terribles." Un élément à prendre en compte pour le Tattoo Blush.
De son côté, la dermatologue tient à rappeler que les molécules pigmentaires, les excipients, les fixateurs et les solvants peuvent générer des allergies "qui seront difficiles à traiter vu leur persistance dans la peau." Afin d'éviter tout risque, le maquillage permanent est d'ailleurs déconseillé aux personnes avec de l'acné, de la rosacée, et autres pathologies dermatologiques. Mais aussi à celles atteintes d'une maladie auto-immune, inflammatoire, ou d'une déficience immunitaire. Enfin, si vous décidez de craquer pour le Tattoo Blush, aucun actif exfoliant ne doit être utilisé jusqu'à ce que le tatouage soit bien encré dans la peau. Le Dr Peres prévient également que les séances sont suivies de "croûtes puis la couleur souhaitée mettra du temps à s'établir." Et d'ajouter : "Beaucoup d'ennuis pour éviter un coup de pinceau !"