Sport à l'école : les 30 minutes par jour peinent à être appliquées

Depuis cette rentrée, les élèves de primaire ont au programme 30 minutes d'activité physique obligatoire par jour. Une mesure qui, faute de moyens, de matériels et de temps, a du mal à se mettre en place dans la plupart des écoles .

Sport à l'école : les 30 minutes par jour peinent à être appliquées
© anatols

[Mise à jour du 22 septembre 2022 à 11h00] Depuis la rentrée scolaire, les élèves de primaire sont censés avoir trente minutes d'activité physique par jour. Une mesure annoncée par Emmanuel Macron en juin dernier, après en avoir fait l'expérience en 2020 dans 7000 établissements scolaires volontaires. Et si le test s'est avéré concluant chez ces derniers, la généralisation de cette disposition aux 49 000 écoles primaires de France ne s'avère pas aussi évidente. Tout d'abord, les enseignants manquent de temps pour inclure cette demi-heure consacrée à l'activité physique, dans un programme quotidien de 6 heures déjà bien chargées. Car nuance, il ne s'agit pas de faire véritablement du sport, qui est l'objet propre des deux heures d'EPS hebdomadaires, mais plutôt de faire bouger les élèves. Et si les jours où il y a sport, l'activité physique est exclue, cette dernière se retrouve une discipline bien abstraite le reste de la semaine.

En effet, la circulaire émise par le ministère de l'Education n'a donné aucune directive ou indications précises quant à sa réalisation, affirmant simplement qu'"une tenue sportive n'est pas nécessaire", tandis que Pap NDiaye était tout aussi laconique lors de sa conférence de presse de rentrée, imaginant que "ces 30 minutes puissent advenir au sein même de l'établissement sans mobilisation logistique". Et c'est bien là que le bàt blaisse pour le syndicat d'enseignants SE-Unsa, qui déplore un manque de matériel, alors que les 7000 écoles-test avaient été dotées de kits dédiés. Sans matériel, et sans temps réellement disponible, l'aménagement de cette mesure est donc, trois semaines après la rentrée, un semi-échec. Des solutions sont déjà envisagées pour une mise en place efficiente, comme l'utilisation du cadre périscolaire, ou du temps de récré. Une dernière proposition qui risque d'être abandonnée de sitôt : "Le moment des récréations est un temps de pause sans contraintes pour laisser l'enfant respirer " estime le syndicat SNUipp-FSU. Malgré ces débuts chaotiques, une organisation et une logistique finiront bien par émerger pour faire glisser ces 30 minutes d'activités, qui s'avèrent indispensables au regard de la sédentarité et de l'obésité qui sévissent chez les adolescents.

Le sport à l'école : un enjeu de santé, d'épanouissement, d'égalité et de réussite

"Les valeurs du sport sont celles de la République : respect d'autrui, engagement, don de soi", avait rappelé Jean-Michel Blanquer en février 2021 lors de la 5e édition de la Semaine Olympique et Paralympique,. "Nous voulons renforcer la place du sport et du corps à l'école : pour inscrire dès le plus jeune âge un rituel sportif durable dans la vie de l'enfant, contribuer à la réussite des élèves et à l'égalité des chances, mais aussi forger des citoyens éclairés., avait pour sa part déclaré Roxana Maracineanu. Le ministre de l'Education et son homologue des sports de l'époque avaient insisté sur l'importance d'encourager la pratique du sport à l'école, non seulement pour offrir aux élèves la pratique régulière d'une activité physique mais aussi pour encourager le "vivre ensemble". Outre l'ambition d'offrir 30 minutes de sport par jour aux élèves, le projet est construit autour de deux actes prioritaires : l'apprentissage de la natation et la prévention des noyades avec le plan "aisance aquatique", et le plan "savoir rouler à vélo" qui s'adresse aux 6/11 ans. Deux apprentissages qui viennent s'ajouter "aux savoirs fondamentaux que porte l'école : lire, écrire, compter.

  • Savoir rouler à vélo : permettre aux élèves d'apprendre à faire du vélo et à le maîtriser, mais aussi à connaître les panneaux de signalisation et à s'initier au code de la route. L'objectif de ces 10 heures de formation destinées aux enfants de 6 à 11 ans est de permettre "la pratique du vélo en autonomie pour l'ensemble des enfants avant l'entrée au collège." Le déploiement de cet apprentissage dans le cadre scolaire ou périscolaire doit avoir lieu massivement d'ici 2022.
  • Aisance aquatique : l'objectif de ce plan initié en avril 2019 est de permettre aux enfants dès le plus jeune âge d'être à l'aise dans l'eau et d'apprendre la natation. Il vise les enfants  dès le plus jeune âge puisqu'il s'adresse aux écoliers âgés de 4 à 6 ans dans le cadre d'un apprentissage dans le temps scolaire, périscolaire ou extrascolaire.

Ecole maternelle et primaire