Peut-on aimer son partenaire et ne plus avoir envie de lui ?

"L'amour et le désir sont deux choses différentes" rappelle Virginie Clarenc, sexologue et thérapeute de couple.

Peut-on aimer son partenaire et ne plus avoir envie de lui ?
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"Je l’aime, mais je n’ai plus envie de lui." Cette phrase, loin d’être contradictoire, peut parfaitement refléter la réalité de certains couples. Il est tout à fait possible d’aimer profondément son partenaire tout en ne ressentant plus d’attirance sexuelle pour lui. Plusieurs facteurs peuvent expliquer que le désir soit en berne selon la sexologue et thérapeute de couple, Virginie Clarenc. "La fatigue, la douleur, des problèmes de santé, une pression à investir la sexualité à tout prix ou bien encore le manque d’espace pour créer de l’érotisme peuvent avoir une influence sur le désir", observe la professionnelle. Avant de poursuivre : "Parfois la sexualité n’est pas de bonne qualité pour l’un, l’attraction envers l’autre a disparu ou on peut être blessée par son partenaire avec cette impossibilité de se connecter à l’autre."

Ces différentes raisons peuvent impacter l’envie de sexualité mais ce n’est pas pour autant significatif d’un manque d’amour, d’une infidélité ou encore annonciateur d’une séparation comme l’indique la sexologue. "Ne plus désirer son partenaire ne signifie pas que cela ne reviendra pas. Ce n’est pas non plus la faute de l’un ou de l’autre", insiste la professionnelle. Au début d’une relation, la nouveauté, la découverte de l’autre et l’excitation des premiers moments peuvent favoriser un désir très intense. Mais celui-ci est naturellement amené à évoluer avec le temps, au même titre que la relation elle-même. "L’amour et le désir sont deux choses différentes", souligne Virginie Clarenc. "On peut s’aimer très fort sans se désirer. La libido est fluctuante, ce n’est pas parce qu’on est en couple qu’on ne peut pas ressentir ces variations. Cela fait partie de la normalité d’un couple", ajoute la professionnelle.

Se libérer de la culpabilité et de la pression

Si cette absence de désir pèse sur l’un des deux partenaires, il faut être en mesure de partager ses besoins et ses propres ressentis à l’autre sans l’accuser grâce à une communication bienveillante et sans jugement. "Il faut normaliser ces fluctuations du désir qui ne sont pas un curseur de satisfaction de la relation", précise la sexologue. Si on souhaite se reconnecter physiquement à l’autre, on peut envisager ensemble des pistes pour y arriver : "Parler de la relation, de tendresse avant d’évoquer la sexualité, écouter un podcast érotique… peuvent être différentes portes d’entrée", propose la professionnelle. Le temps consacré au couple est lui aussi essentiel. Partager des moments de qualité, sortir de la routine ou modifier certaines habitudes peut contribuer à raviver l’envie. Changer de cadre, de pièce ou de moment pour faire l’amour peut, par exemple, permettre de réintroduire une part de nouveauté dans la vie sexuelle.

Plutôt que de culpabiliser face à cette baisse du désir, il est important d’en rechercher les causes. "Il faut essayer de comprendre ce qui a éteint le désir. Retenir un moment pour parler de la sexualité, c’est important", conseille la professionnelle. Et lorsque le dialogue devient trop difficile ou que la situation s’installe dans le temps, faire appel à un sexologue ou à un thérapeute de couple peut aider les partenaires à mieux comprendre ce qui se joue dans leur relation face à ce manque de désir.

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