Les pictogrammes "grossesse", trop utilisés sur les médicaments ?

Près de 70% des médicaments contiennent le pictogramme "femme enceinte" sur les boîtes, lorsqu'elles présentent un risque pour les futures mamans. Selon l'Académie nationale de pharmacie, ce pictogramme (mis en place en 2017 après le scandale Dépakine) serait trop souvent utilisé et deviendrait "contre-productif".

Les pictogrammes "grossesse", trop utilisés sur les médicaments ?
© dolgachov-123rf

Depuis octobre 2017, un pictogramme "grossesse" ou "femme enceinte" est apposé sur les boîtes de médicaments considérés comme tératogènes ou fœtotoxiques. Car si les maux de la grossesse sont courants, tous les traitements ne sont pas conseillés et certains sont même dangereux pour la future maman ou la santé du bébé. Mais selon l'Académie de médecine, ce pictogramme mis en place peu de temps après le scandale Dépakine, serait trop souvent utilisé sur des boîtes de médicaments dont le risque n'est pas réellement avéré chez les femmes enceintes. "À ce jour, 60 à 70 % des spécialités sont dotées de l'un de ces pictogrammes, alors que seules 10% des spécialités disponibles sur le marché français devraient être concernées par une telle mesure en raison d'un risque embryonnaire ou fœtal avéré chez l'humain", précise l'Académie nationale de pharmacie, dans un communiqué du 30 septembre. Mais pour se protéger et s'écarter de toute responsabilité, "les fabricants sont incités à élargir le champ d'application de ces pictogrammes dans un souci médico-légal, étant donné l'absence de liste officielle de médicaments relevant de cette disposition", ajoute l'Académie. 

Pictogramme "grossesse" : vers une modification du décret de 2017 ?

Par conséquent, l'Académie nationale de pharmacie, tout comme l'Académie de médecine et le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT) estiment que des dispositions rapides doivent être prises pour modifier le décret de 2017 "dont les modalités d'application le rendent actuellement contre-productif". L'académie recommande le maintien d'un pictogramme, mais uniquement sur les boîtes des médicaments qui sont considérées comme "avérés dangereux pour l'humain". Il faudrait également conserver un seul type de pictogramme "Médicament + Grossesse = Danger". Enfin, tout usage de médicaments pendant la grossesse doit faire l'objet d'un dialogue singulier entre le médecin et la patiente. 

Que comporte actuellement le pictogramme "femme enceinte" ?

Des pictogrammes seront visibles sur les boîtes de médicaments © Direction générale de la Santé

La silhouette noire d'une femme enceinte sur fond blanc, encadrée par un rond ou un triangle rouge, permet d'indiquer si le médicament est interdit ou dangereux. Ce logo accompagné d'un libellé du type "Nom de la spécialité + Grossesse = danger" (ou + Grossesse = interdit"), avec le message suivant : "Ne pas utiliser chez la femme enceinte, sauf en l'absence d'alternative thérapeutique", ou "à ne pas utiliser même s'il n'existe pas d'alternative thérapeutique". Le message accompagnant le pictogramme peut aussi préciser le mois de grossesse. On peut lire par exemple : "Ne pas utiliser chez la femme enceinte à compter du [X]e mois de grossesse", notamment lorsque la mise en garde porte sur une période précise de la grossesse. Par ailleurs, et selon les médicaments en question, ce pictogramme concerne aussi les adolescentes ou les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace. 

Les pictogrammes "grossesse", trop utilisés sur les médicaments ?
Les pictogrammes "grossesse", trop utilisés sur les médicaments ?

Depuis octobre 2017, un pictogramme "grossesse" ou "femme enceinte" est apposé sur les boîtes de médicaments  considérés comme tératogènes ou fœtotoxiques. Car si les maux de la grossesse sont courants, tous les traitements ne sont pas conseillés et...