Suicide d'Evaëlle harcelée au collège : son enseignante mise en examen

C'est un fait rare en France. L'enseignante d'Evaëlle, 11 ans, qui s'était suicidée en 2019 après avoir été harcelée pendant des mois au collège, vient d'être mise en examen par une juge d'instruction du tribunal judiciaire de Pontoise (Val-d'Oise).

Suicide d'Evaëlle harcelée au collège : son enseignante mise en examen
© actiongp-123rf

Evaëlle, âgée de 11 ans, avait ému la France l'an dernier, comme toutes les autres victimes de harcèlement scolaire. Après avoir subi un harcèlement répété pendant des mois au collège d'Herblay dans le Val d'Oise, la jeune fille avait fini par se donner la mort le 21 juin 2019, en se pendant à son lit. Ses parents avaient alors déposé une plainte contre son enseignante de français, qui avait été entendue en novembre. Prise à partie par sa professeure dès le premier trimestre, parce qu'elle écrivait sur un cahier plutôt qu'un classeur (pour alléger le poids de son cartable), la jeune fille était ensuite la cible de remarques humiliantes devant ses camarades de classe. Evaëlle est aussi harcelée par les autres élèves, insultée, et se prend des tapes derrière la tête, poussée sur la chaussée en attendant le bus... "On lui force son casier, on lui prend son journal intime et on le lit devant tout le monde" témoigne au Parisien, Marie, la maman d'Evaëlle. "Notre suspicion, c'est que la prof a commencé quelque chose en classe et que les élèves ont poursuivi après", ajoute-t-elle. Lorsque la fillette ose enfin se confier à ses parents, en leur précisant qu'elle est le "bouc-émissaire" de sa classe, elle dresse avec son père une liste de 14 élèves.

Interdiction d'enseigner et obligation de soins psychologiques

Ce 4 septembre, l'enseignante a été mise en examen par une juge d'instruction du tribunal judiciaire de Pontoise, une première dans l'Education nationale, qui reconnaît sa responsabilité dans cette affaire. Le ministère avait notamment versé aux parents "une indemnité au titre du préjudice moral en échange d'un engagement à ne pas poursuivre l'Etat", précise le quotidien. Pour l'heure, la justice lui interdit d'enseigner et lui donne l'obligation de suivre des soins psychologiques. L'enseignante doit faire appel ce 1er octobre devant la cour d'appel de Versailles, et avait même demandé une affectation en Bretagne pour poursuivre son activité.

Pour rappel, le principal avait proposé de mettre en place la méthode Pikas à l'école en impliquant chacun des élèves de manière positive, mais cela n'avait pas abouti à une amélioration. Après plusieurs demandes, les parents avaient obtenu le transfert de leur enfant dans un autre établissement scolaire. "Dans le nouveau collège Georges-Duhamel, alors que ça se passait bien, elle a commencé à se faire chahuter. Puis, un élève jette ses affaires au sol... "C'était un épiphénomène, mais c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", déclare sa maman.