Jean-Louis Murat a 70 ans : Vrai nom, Cochons, Censure, Jobs surprenants (et croche-pieds à Za et Bruel en passant)

Jean-Louis Murat fête ses 70 ans. Son enfance passée à "tuer des cochons", son grand-père alcoolique, ses tacles à Johnny Hallyday, ce "contrat mirobolant" qu'il a refusé... Secrets du chanteur dont le franc-parler défie les années!

Jean-Louis Murat a 70 ans : Vrai nom, Cochons, Censure, Jobs surprenants (et croche-pieds à Za et Bruel en passant)
© SADAKA EDMOND/SIPA

Jean-Louis Murat célèbre ses 70 ans ce vendredi 28 janvier 2022 L'artiste, à l'âme poétique et solitaire, n'a jamais souhaité voir les feux des projecteurs braqués sur lui. On sait peu de choses sur lui, sa vie intime, son quotidien... mais Jean-Louis Murat n'est pas avare en terme de création, lui qui a sorti des dizaines d'albums depuis les années 80, et qui rêve d'écrire une chanson par jour. Il n'a pas non plus la langue dans sa poche lorsqu'il s'agit de tacler certains artistes dont la musique n'est pas à son goût, comme Johnny, Patrick Bruel ou Zaz. Découvrez les secrets d'un chanteur aussi généreux que mystérieux.

Jean-Louis Murat : son vrai nom

Jean-Louis Bergheaud naît le 28 janvier 1952 à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme. Son père est charpentier-menuisier, et musicien à ses heures perdues, et sa mère est couturière. Son prénom lui est donné en hommage à l'un de ses ancêtres, un caporal mort lors de la Première Guerre mondiale.

Jean-Louis Murat a écrit ses premières chansons grâce au dictionnaire

Passionné de musique, il rejoint l'harmonie municipale dont s'occupe son père. Il apprend à jouer du tambour et du cornet à piston dans la fanfare, mais aussi le saxophone et le chant. Enfant, il se voit offrir un dictionnaire Larousse... et, bien inspiré, commence à écrire ses propres chansons à l'aide de l'ouvrage. 

Jean-Louis Murat aidait à tuer les cochons

Son enfance, qu'il passe dans une ferme, est perturbée par certains souvenirs glauques. "Avec les animaux, j'ai eu des expériences parfois un peu effrayantes. Chez moi, à la maison, on tuait un cochon par semaine. J'aidais. C'étaient des choses absolument épouvantables, mettre le couteau dans le cochon pour récupérer les boyaux (…) J'ai l'impression que je peux tuer n'importe quel animal", avait-il raconté aux Inrockuptibles.

Jean-Louis Murat : son grand-père "violent" 

Très tôt, le petit Jean-Louis est également confronté aux ravages de l'alcoolisme. "Mon grand-père était violent, bagarreur, saoul comme un cochon tous les jours à partir de 15 heures. Etre élevé comme ça, c'est quand même un peu spécial", s'était-il souvenu dans Libération.

Jean-Louis Murat : ses petits boulots

Alors qu'il a 14 ans, son père quitte le foyer familial, à la naissance de sa petite sœur. Une épreuve difficile à vivre pour le jeune adolescent, qui devient à son tour père à seulement 19 ans. Rapidement, il se sépare de la mère de son enfant et décide de tout plaquer pour voyager en Europe. Là-bas, il enchaîne moult boulots, de moniteur de ski à Avoriaz à plagiste à Saint-Tropez en passant par journaliste.

Jean-Louis Murat, censuré par Europe 1

Puis, il retourne dans le village où il a grandi, Murat-le-Quaire, et se consacre, cette fois, à la musique. Il fonde avec des amis le groupe de rock Clara. Ils se font remarquer par William Sheller qui les invite à faire quelques-unes de ses premières parties. Après la séparation du groupe, alors qu'il a 28 ans, Jean-Louis Bergheaud sort son titre Suicidez-vous le Peuple est Mort et se fait appeler Jean-Louis Murat, en référence au village où il a grandi. Mais à l'époque, Europe 1 refuse de passer son titre, estimant qu'il pourrait pousser certains auditeurs au suicide.

Jean-Louis Murat : ses débuts au cinéma

C'est dans les années 80 que ses morceaux commencent à obtenir reconnaissance. En 1990, il fait même ses premiers pas au cinéma, dans le film de Jacques Doillon, La Vengeance d'une Femme, dans lequel il joue notamment au côté d'Isabelle Huppert. C'est son duo avec Mylène Farmer, Regrets, qui le révèle réellement aux yeux du grand public.

Jean-Louis Murat a refusé un "contrat mirobolant"

Après son duo avec Mylène Farmer, le chanteur qui accède à une certaine notoriété se voit proposer des myriades d'offres qui peuvent paraître alléchantes, comme un "contrat mirobolant" pour porter des jeans Levi's. Mais il refuse toutes ces propositions. "Après on m'a demandé d'écrire pour une marque de parfum – parce que j'étais le poète de service… Je suis allé tourner avec des réalisateurs et des comédiennes pendant trois jours. Puis j'ai tout arrêté… TF1 m'a aussi sollicité pour présenter une émission sur l'écologie. J'ai essayé, j'ai lâché l'affaire trois jours plus tard", a-t-il expliqué à Paris Match.

Jean-Louis Murat a écrit pour les gilets jaunes (et a brusquement arrêté)

Lors de la crise des gilets jaunes, Jean-Louis Murat écrit des chansons en référence à leurs combats... mais s'arrête net. "Quand j'ai voulu suivre le mouvement des gilets jaunes, j'étais tous les week-ends sur les ronds-points avec eux, j'ai publié sur mon site une chanson par semaine. Et cela n'a intéressé absolument personne. Donc je ne me fais plus chier avec ça. Sachant que ma carrière tient à un fil, tout ce qui pourrait donc déranger les gens, ça sortira quand je ne serais plus là", a-t-il détaillé à Paris Match.

Jean-Louis Murat a "peur du temps qui passe"

Jean-Louis Murat craint le temps qui passe, bien qu'il évoque parfois la mort dans sa musique. "J'ai peur du temps qui passe. C'est infernal. Mais en faisant des chansons, en étant créatif, on garde tout le temps le nez sur ses déceptions, ses chagrins. Même si tu crois avoir oublié, arrive toujours le jour où ça remonte", avait-il assuré à Podium en 1991.

Jean-Louis Murat tacle Bruel et Johnny

Jean-Louis Murat a toujours cultivé une relative discrétion en opposition à d'autres artistes français qui surfaient sur la vague du succès. "Je ne dirais évidemment pas que j'ai recherché l'insuccès, mais être adoubé par un peuple qui ne jure que par Johnny Hallyday ou Patrick Bruel m'aurait sacrément embêté", a-t-il expliqué aux Inrocks.

Jean-Louis Murat a été "soulagé" par la mort de Johnny

Manifestement, le chanteur ne portait pas Johnny dans son cœur: "A cause de la popularité de chanteurs minables et ringards comme Johnny, c'est comme si on avait cultivé l'abrutissement en étendard national. Pourtant, le jour de sa mort, ce fut un soulagement. Comme un 6 juin 1944 pour la musique. A cause de lui, nous sommes passés pour des tocards pendant cinquante ans".

Jean-Louis Murat dézingue une chanson de Zaz

Loin d'avoir la langue dans sa poche, l'artiste n'est pas du genre à dissimuler ses opinions. En plus de ses tacles à Patrick Bruel et Johnny Hallyday, il avait fustigé la chanson de Zaz, Je Veux, auprès du magazine Serge: "C'est la chanson la plus opportuniste du XXIème siècle. C'est de la démagogie comme on n'a jamais poussé la démagogie aussi loin. Le triomphe de cette chanson, c'est le triomphe de la merde. Désolé pour Zaz, elle n'y est pour rien mais dans cinquante ans, sa chanson, ce sera l'hymne du sarkozysme".

Jean-Louis Murat : sa vie (presque) coupée du monde

Jean-Louis Murat habite à la campagne, où il mène une vie paisible et retirée. En 2011, il confiait dans Le Grand Entretien de France Inter qu'il n'avait "toujours pas de portable". "La télé n'est jamais allumée, on essaie de se concentrer sur l'essentiel: les instants de bonheur", a-t-il ajouté. Il écrit "au moins deux heures par jour", avait-il confié à France Inter. Et d'expliquer: "Pour moi, c'est absolument vital, tout comme écrire une chanson par jour".