Asphodèle

Fleur sacrée et fascinante, l'Asphodèle mériterait une place plus importante qu'elle n'occupe dans nos jardins. Symbole de résurrection, elle associe une riche histoire poétique à une grâce botanique rare. Vivace rustique, c'est une merveille adaptée aux terrains les plus pauvres et secs.

Asphodèle
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L'asphodèle, une plante sacrée

Chanté par les poètes (Hugo, Verlaine...), sacralisé par les Grecs anciens qui en faisaient la fleur entourant le palais des divinités des Enfers, l'asphodèle tire son aura de ses caractères propres.

De son origine méditerranéenne et de ses racines profondes, il a puisé une capacité précieuse à échapper au feu. Et à mieux repousser là où les autres plantes ont trépassé. Négligé par le bétail, il se dresse, seule, au milieu des prés et des endroits les plus incultes. Mellifère, cette plante est un atout précieux pour polliniser les oliveraies. Enfin la grâce de ses fleurs, délicates étoiles sur ce "bâton royal" (un de ses surnoms), émerveille d'autant plus qu'elle affectionne les zones les plus ingrates pour pousser.

Autant d'atouts et de mystères, qui en fait une plante sacrée pour tout le Bassin méditerranéen.

Où et comment planter l'asphodèle ?

Plante sauvage et naturalisée dans le climat doux du sud et de l'ouest de la France, c'est pourtant une vivace bien rustique qui résiste à -12 °C, voire plus.

L'asphodèle affectionne les terrains secs, bien drainés, voire caillouteux et calcaires en situation chaude. Sans concurrence d'arbustes. Mais il ne dédaigne pas une terre plus argileuse ou acide, où il s'épanouit dans un massif de vivaces. Il n'a pas besoin d'arrosage.

Sa corolle de feuilles pointues et bleues apparaît en mars pour disparaître pendant l'été. Sa floraison s'étire entre avril et juin selon les variétés. Sur la même tige florale, graines, fleurs et boutons sont alors présents en simultané. Mais l'asphodèle ne fleurit qu'un an sur deux !

Principales variétés d'asphodèle

Naturalisé et sauvage en France, l'asphodèle se trouve néanmoins sous diverses variétés chez les pépiniéristes.

Si l'Asphodèle de Bretagne (Asphodelus arrondeaui) est une espèce protégée, l'Asphodelus albus propose des touffes élégantes d'1 m de haut aux fleurs serrées, blanches striées de brun. L'Asphodelus fistulosus ou asphodèle fistuleuse (ainsi nommé car sa tige est creuse), très répandu sur le côté méditerranéen, présente des fleurs plus espacées, des tiges plus lâches. L'Asphodelus ramosus dispose quant à lui d'une hampe florale plus ramifiée et de fruits plus petits. Enfin, il faut mentionner deux cousins très similaires mais qui se singularisent par leur coloris jaune : les Asphodéline lutea et liburnica. La plantation s'effectue au printemps ou en automne.

Multiplication de l'asphodèle

Les asphodèles n'aiment pas la transplantation. Il est possible de les multiplier néanmoins par division de touffes au début du printemps ou après la floraison.

Le procédé le plus courant de multiplication reste le semis.

  1. Prélevez les graines sèches à la fin du printemps.
  2. En janvier, installez les graines au réfrigérateur pendant un mois pour lever la dormance.
  3. Semez sous châssis froid en février.
  4. Plantez en place en septembre/octobre.

L'asphodèle est-elle comestible ?

Longtemps, les racines des asphodèles, riches en amidon, ont permis de réaliser du pain. Elles étaient également consommées comme des salsifis ou des pommes de terre. Les fruits cuits ou crus se dégustaient également accompagnés de figues.