Prunier

Donnant vie à de jolies fleurs blanches annonçant le printemps, orné de feuilles ovales et dentées, le prunier (Prunus domestica), originaire d'Europe centrale et d'Asie mineure, fait partie de la grande famille des Rosacées. Célèbre pour ses savoureux fruits aux usages, textures et couleurs multiples, poussant sous plus de 300 variétés parmi lesquelles les Reine-Claude et les quetschiers, le prunier est aussi un bel arbre fruitier ornemental qui s'épanouit sous différents climats. Cerise sur le gâteau, il est simple à cultiver.

Prunier
© Sara Tassan Mazzocco/123RF

Quelle variété planter ? Les différents types de prunier

Évoluant sous plus de 300 variétés, le prunier se plaît sous des climats tempérés comme plus rudes : arbre rustique, il supporte des températures allant jusqu'à -15 °C.

Fleurissant entre le mois de mars et le mois de juin, selon la variété et le climat de votre région, il symbolise vraiment, tout comme le cerisier, le retour du printemps avec ses jolies fleurs blanches : un arbre ornemental beau à admirer chaque jour. Et vous prendrez plaisir à regarder les fruits, aux tons subtils et uniques : la nature fait bien les choses…

Parmi les variétés de pruniers que vous pouvez cultiver et faisant partie des types de pruniers les plus courants dans les vergers et jardins :

  • Le prunier Reine-Claude : le Prunus domestica italica est apprécié pour ses fruits dorés et goûtus. Il se divise en plusieurs espèces : Reine-Claude de Bavay, Reine-Claude Dorée, Reine-Claude tardive de Chambourcy… et chacune a ses couleurs et saveurs.
  • Le prunier mirabelle : autre incontournable des variétés de pruniers, le mirabellier qui se divise en deux familles - la mirabelle de Metz et la mirabelle de Nancy - différentes par la taille de leurs prunes respectives. Le Prunus domestica syriaca possède une belle couleur jaune or aux reflets rouges.
  • Le quetschier ou le prunier de Damas : le Prunus domestica insititia est un prunier classique également. Dans la famille des quetschiers, privilégiez la quetsche d'Alsace pour ses succulents fruits.
  • Le prunier d'Ente : c'est grâce à lui que nous obtenons les célèbres pruneaux d'Agen, laxatifs doux et naturels.
  • Le prunier japonais (Prunus salicina) : il s'agit d'un petit arbrisseau caduc qui donne des fruits rougeoyants. Il pousse dans nos contrées mais, comme son nom l'indique, est originaire de l’île du Soleil Levant où il a, comme le cerisier, une forte symbolique. Ses fruits y agrémentent les plats.
  • Les prunelliers (Prunus spinosa) : ce sont des arbustes épineux dont les fruits, les prunelles, servent surtout à la fabrication d'eau de vie.
  • Les pruniers d'ornement (Prunus cerasifera) : le prunier Myrobolan, ou prunier-cerise, en fait partie et se divise en plusieurs variétés telles que le Prunier de Pissard et ses beaux fruits pourpres. Ces différents types de pruniers sont parfaits à cultiver, surtout pour leurs fruits, frais ou séchés, à utiliser en gâteaux, en confitures, en compotes ou encore en eaux de vie.

Planter un prunier

Soleil, espace et terre bien préparée sont les trois règles d'or pour bien planter un prunier. De même, vous veillerez à éviter une exposition aux vents.

Les mirabelliers et les quetschiers apprécient plus les climats francs : chauds en été et froids en hiver ; les pruniers Reine-Claude, les climats plus tempérés. Les premiers sont très courants dans le Nord-Est de la France, les seconds, dans le Sud-Ouest.

D'un type de prunier à l'autre, les conditions de plantation peuvent un peu différer mais les conseils de plantation valent autant pour un prunier Reine-Claude qu'un prunier de Damas. Et quelle que soit la variété, plantez votre prunier entre novembre et mars, durant la "trêve" végétale.

Pour planter correctement votre arbre fruitier :

  1. Préparez votre sol : il doit être bien drainé, riche, profond et un peu acide ;
  2. Réalisez un trou d'au moins 80 cm de profondeur pouvant être plus large et profond encore selon le volume de la motte et de ses racines ;
  3. Mixez à votre terre de jardin du terreau, de la tourbe et du sable ;
  4. Profitez-en pour fertiliser votre sol avec de la corne torréfiée ou de l'engrais bio et mélangez bien le tout ;
  5. Installez un tuteur qui permettra à votre arbre de s'y appuyer ;
  6. Positionnez la motte bien au centre du trou sans pour autant mettre sous terre la base, le collet ;
  7. Si votre prunier possède des racines nues, n'hésitez pas à couper leurs extrémités et à les laisser s'épanouir sur toute la surface ;
  8. En recouvrant de terre, tassez bien jusqu'à la dernière " bouchée " de terre ;
  9. Arrosez bien et de façon régulière : la terre ne doit pas sécher ni être trop humide.
Bon à savoir : le prunier est un arbre fruitier qui a besoin d'espace. Si vous souhaitez en planter plusieurs, espacez-les de 8 mètres au moins. Diversifiez aussi les variétés de Prunus domestica de façon à embellir votre verger, profiter d'une plus grande dynamique de fructification et attirer plus de pollinisateurs.

Comment entretenir un prunier ?

Il faut plusieurs années à un prunier pour grandir et faire des fruits, entre 3 et 5 ans. Depuis sa plantation jusqu'à la récolte des délicieuses prunes, quetsches, mirabelles ou prunes-cerises, l'entretien de l'arbre fruitier passe par différentes étapes.

  • Selon la croissance de votre Prunus Domestica, une taille d'entretien permettant de retirer les branches abîmées ou mal placées se fait généralement au début de l'année ;
  • La floraison débute en mars et offre un magnifique spectacle ;
  • A partir du mois de juillet, les fruits peuvent commencer à être cueillis s'ils sont vraiment mûrs ;
  • En novembre, il faut retirer les derniers fruits en mauvais état.

Un soin spécifique, l'arrosage : après la plantation de votre arbre, l'arrosage doit être régulier les deux premières années. Arrosez bien une fois par semaine. Ensuite, votre prunier peut se développer grâce à l'eau de pluie mais il faut toujours vérifier l'état de la terre. Si les feuilles ovales ou les fruits tombent anormalement, c'est le signe que votre arbre a besoin d'eau. L'arrosage doit être plus rigoureux en cas de sécheresse, soit un arrosage le matin à la fraîche, et un arrosage le soir, quand la douceur revient. La mise en place d'un paillage peut aussi être bénéfique.

Quand et comment tailler un prunier ?

  • La taille d'entretien du prunier : elle se déroule, comme évoqué plus haut, en hiver, entre janvier et février, et permet de refaire une beauté aux ramures de votre arbre en supprimant les branches mortes, mal placées ou encore mal en point.
  • La taille de formation ou de "fructification" du prunier : elle concerne surtout les plantules et permet de stimuler la croissance des branches, solidifiées pour accueillir les futurs fruits.

Si vous souhaitez donner une forme particulière à votre prunier, en général, sphérique et bombée vers le haut, taillez vos branches en conséquence. Par ailleurs, tout fruit malade ou pourri doit être retiré.

Comment multiplier un prunier ?

Le semis, le greffage et la séparation des rejets sont les principales techniques de multiplication d'un prunier.

Le semis du prunier est possible mais aléatoire et il fonctionne vraiment avec une variété, le mirabellier. Pour ce faire, vous devez déposer votre noyau au début ou à la fin de l'été en pleine terre. Un an après, un pied aura vu le jour. Si vous désirez obtenir un autre spécimen de la même variété, il suffit de faire une greffe.

Vous avez aussi le choix de pratiquer une stratification au début de l'hiver. Vous préparez un pot en mettant du gravier au fond, puis du terreau mélangé à du sable. Déposez ensuite une couche de noyaux. Remettez une couche de terreau et de sable. Recouvrez et laissez votre pot le plus au froid possible car cela stimule la germination. Une fois le retour du printemps, la coque des noyaux ramollit, ce qui libère le germe. Dès qu'ils se sont un peu développés, vous pouvez les récupérer et les planter en pleine terre.

Le greffage du prunier peut se faire au printemps ou à la fin de l'été, selon la technique.

  • La greffe en écusson est une greffe estivale qui se pratique entre fin juillet et début septembre. Il s'agit de prélever un bourgeon (œil) de l'espèce que l'on souhaite reproduire, l'insérer sous l'écorce du porte-greffe, souder les deux éléments en somme. Il faut que votre porte-greffe soit fertile et riche en sève. Au bout de 15 jours environ, si le pétiole tombe, vous saurez que votre greffe a fonctionné.
  • Autre technique courante, la greffe en fente. Il faut tout d'abord couper le porte greffe à un endroit où son tronc possède un diamètre situé entre 3 et 5 cm. Prélevez le greffon du Prunus domestica à multiplier en choisissant un rameau à trois yeux. Taillez-le en biseau juste sous le dernier œil. Écartez la fente du porte-greffe afin d'y insérer votre greffon taillé en le positionnant au mieux. Les deux éléments doivent être solidement attachés sans qu'aucune brèche ne reste à l'air libre.

Enfin, la séparation des rejets consiste à utiliser les drageons du prunier afin de reproduire la plante mère. Cette technique de multiplication peut se faire au printemps. Le drageon est un rejet du prunier mais il possède son propre système racinaire. Repérez un drageon exploitable. Prenez soin de couper la racine qui lie la plante mère à votre drageon. Après division, rempotez votre drageon et attendez la belle saison pour le planter en pleine terre.

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Pruniers en fleurs © Iwona Grzywaczewska/123RF

Maladies du prunier

Comme tous les arbres fruitiers, le prunier est susceptible d'être touché par différentes maladies parmi les plus courantes : la rouille, le chancre bactérien, la moniliose, l'oïdium, ou encore la sharka. Leurs origines, leurs formes tout comme les dégâts qu'elles causent sont variées.

Simplement en prévention ou en guérison, différents produits peuvent y remédier. Bouille bordelaise (cuivre), soufre, décoction à base de prêles ou du purin d'ortie, ces traitements s'avèrent efficaces et doivent être répétés pour préserver vos prunus.

Parmi les responsables de certaines maladies, les parasites tels que les "vers" de pruniers (des chenilles en réalité, les carpocapses), les pucerons, les araignées rouges, les cochenilles, attaquants classiques des arbres fruitiers mais aussi des végétaux au sens large.

  • Face à l'oïdium et à la moniliose, deux maladies fongiques classiques, la bouille bordelaise et ou le soufre sont efficaces ;
  • Face à la rouille (champignon donnant naissance à des pustules brunes sur les feuilles), autre maladie fongique, le purin d'ortie et la prêle puis la coupe des feuilles touchées sont à privilégier ;
  • Face au chancre, il faut retirer toutes les zones touchées : la bouille bordelaise peut être un complément ;
  • Face à la sharka, mot bulgare qui se traduit par variole, apportée par le puceron ou la greffe d'un agent contaminé, vous devez éradiquer les éléments touchés, voire l'arbre entier. La maladie virale peut faire de gros dégâts.

Récolter les prunes

A chaque variété, sa période de récolte ! Cela va dépendre de la croissance de votre prunier : précoce, semi-précoce, semi-tardif ou tardif. En règle générale, la récolte des fruits débute entre la fin du mois de juin et mi-septembre. Les fruits peuvent aussi tomber d'eux-mêmes et vous n'aurez qu'à les cueillir sans trop tarder car ils ne se conservent pas longtemps en bon état dans la terre et à la vue des gourmands !