Macron déconfine, mais "ne veut brusquer personne"

Déconfiner au 11 mai est-il prématuré ? C'est ce que clament de nombreux parents, mais aussi des maires, leaders syndicaux et politiques. En face, l'exécutif assure que le Déconfinement va durer longtemps... et des proches du gouvernement citent Jacquouille la Fripouille. Bras de fer, Retour vers le Futur et histoire d'interrupteur...

Macron déconfine, mais "ne veut brusquer personne"
© Yoan Valat/AP/SIPA

Le 11 mai doit sonner le début du déconfinement. Certains élèves pourront retourner à l'école, des travailleurs reprendront leur activité, les badauds pourront se rendre dans les commerces... Tandis qu'une partie des Français attend ce jour synonyme de liberté, d'autres émettent des réserves sur la nécessité économique et estiment qu'il est trop tôt dans le calendrier...
Le 3 mai, 316 maires d'Île-de-France, dont Anne Hidalgo, ont publié une lettre ouverte à l'attention du président de la République, afin de montrer leur désaccord face à la réouverture des écoles. "Ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c'est bien normal ; cela ne s'improvise pas", lit-on. 

Des "troubles à l'ordre public" après le 11 mai ?

Même son de cloche du côté des syndicats d'enseignants qui craignent que les mesures de distanciation sociale ne soient pas efficaces au sein des établissements scolaires. Des instituteurs de l'Essonne ont d'ailleurs déjà déposé un préavis de grève du 11 mai au 4 juillet.

Quant à la question de la reprise du travail, qui générera forcément une augmentation de l'affluence dans les transports en commun, elle est également controversée. Les grands patrons de transports publics ont écrit une lettre ouverte, publiée dans Le Point le 3 mai, dans laquelle ils ont interpellé Edouard Philippe lui assurant qu'ils ne pourraient assurer leur mission, craignant que "des troubles à l'ordre public" ne se créent après le 11 mai.

"Il apparaît que les transporteurs ne disposent pas, aujourd'hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation", lit-on. La volonté d'amorcer le déconfinement est donc loin de faire l'unanimité... 

Emmanuel Macron : "Nous ne voulons brusquer personne"

L'Elysée a tenté d'apaiser les inquiétudes et souligné l'intention du gouvernement de procéder au déconfinement étapes par étapes : "On va regarder au cas par cas, avec les préfets, avec les maires (concernant les écoles, ndlr)... Nous ne voulons brusquer personne".

Pour réaffirmer sa décision, Emmanuel Macron se rendra le 12 mai dans une école de Poissy, dans les Yvelines, où les établissements scolaires rouvriront pour sûr, conformément à la décision du maire, Karl Olive. 

Un retour en arrière est-il possible ?

À Matignon, on souligne que la probabilité que le gouvernement fasse marche arrière, notamment sur la réouverture des écoles, est presque nulle. N'en déplaise aux contestataires. "C'est une évidence que le déconfinement ne sera pas facile, mais le confinement n'est pas non plus une option durable. On ne peut pas continuer d'être à l'arrêt pendant encore des semaines", a martelé un proche du Premier ministre auprès du Parisien.

"Ce n'est pas jour/nuit comme dans Les Visiteurs"

Alors que l'état d'urgence sanitaire a été prolongé jusqu'au 24 juillet, Edouard Philippe a évoqué la possibilité d'une extension de cette configuration jusqu'en octobre, en Conseil des ministres, d'après Le Parisien. Et de conclure : "Le déconfinement va durer plus longtemps que le confinement. Il faut que les Français le comprennent".

C'est ce qu'a tenté d'expliquer, à sa façon, un conseiller ministériel, dans Le Figaro : "Ce n'est pas 'jour/nuit' comme dans Les Visiteurs".

Les amateurs de Christian Clavier et de cinéma français comprendront que les citoyens ne retrouveront pas leur vie d'avant comme on allume la lumière ! Le bout du tunnel n'est pas à l'horizon.