Confinement, Couvre-feu, Nouvel An, Réveillon... De nouvelles restrictions en France ?

"Confinement, Couvre-feu, Nouvel An, Réveillon... De nouvelles restrictions en France ?"

"Evidemment que nous pourrions aller au-delà" des mesures restrictives déjà annoncées, a expliqué Gabriel Attal. En Europe, un grand nombre de pays ont déjà resserré la vis...

[Mis à jour mercredi 22 décembre à 9h55] Bientôt un confinement en France? Possible, mais pas pour tout le monde... Gabriel Attal a osé dire le mot. Sur LCI, le porte-parole du gouvernement a dévoilé la logique du pass vaccinal: "On souhaite que les personnes vaccinées puissent vivre quasi-normalement, ça implique que les personnes non-vaccinées vivent, malheureusement, un quasi-confinement. C'est la logique de ces mesures".

Le professeur Alain Fischer a également assumé la volonté du gouvernement, au micro de France Inter: "Il donne un message aux personnes, pour leur dire qu'on ne peut pas avoir une activité sociale sans être vacciné, parce qu'on risque de se contaminer et de contaminer les autres. C'est donc une sorte de semi-confinement des personnes qui ne sont pas vaccinées : ce que l'on peut comprendre, vu, à nouveau, les risques".

Nouvel An : interdictions

L'épidémie de coronavirus n'est toujours pas sous contrôle en France. Si le Réveillon de Noël devrait se dérouler sans ajout de mesures restrictives, le soir du Nouvel An, les concerts et feux d'artifice ainsi que la consommation d'alcool sur la voie publique seront interdits. "On a déjà annoncé des mesures sur le 31 décembre (...) Si on constate qu'il y a une reprise très forte de l'épidémie liée au variant Omicron et un risque, évidemment que nous pourrions aller au-delà", a fait savoir le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Vers l'instauration d'un couvre-feu ?

Alors que plus de 50 000 cas positifs ont été recensés le 20 décembre 2021 dans le pays, des voix s'élèvent pour demander l'instauration d'un couvre-feu. "Ce que l'on peut imaginer, c'est une sorte de confinement partiel que représente le couvre-feu (...) c'est une mesure extrêmement lourde, extrêmement forte mais qui limite les interactions sociales, en particulier dans des lieux à très haut risque de transmission", a détaillé par exemple l'épidémiologiste Antoine Flahault.

Quelles mesures mises en places en Europe ?

Quant à nos voisins européens, ils sont nombreux à avoir déjà passé le cap du resserrement de la vis. Aux Pays-Bas, un reconfinement total de la population a été instauré pour au minimum quatre semaines. Tous les magasins non essentiels, restaurants, bars, cinémas, musées ferment au moins jusqu'au 14 janvier. Les élèves ne peuvent se rendre à l'école jusqu'au 9 janvier.

En Allemagne, dès le 28 décembre, les vaccinés et personnes récemment guéries du coronavirus ne peuvent plus accueillir plus de 10 invités chez eux. Quant aux non-vaccinés, ils ne peuvent inviter que deux personnes d'un seul foyer au maximum. Certains lieux, comme les discothèques, ont d'ores et déjà fermé leurs portes.

En Irlande, le Premier ministre Micheal Martin a annoncé l'instauration d'un couvre-feu à 20 h pour les restaurants, pubs et bars, jusqu'à la fin janvier.

En Suisse, les vaccinés ou guéris de la Covid-19 sont désormais les seuls à avoir accès à l'intérieur des restaurants, des lieux culturels et de loisirs ainsi qu'aux événements en intérieur.

Quant au Danemark, il ferme ses cinémas, ses théâtres et ses salles de concert.

En Belgique, les vacances scolaires ont débuté avec une semaine d'avance pour les élèves de maternelle et de primaire. Les cafés et restaurants doivent fermer à 23h.

Castex : annonces du 6 décembre

Jean Castex a annoncé les nouvelles mesures décidées à la suite du conseil de défense pour juguler l'épidémie de coronavirus, lors de sa conférence de presse du 6 décembre. "L'heure n'est pas à des mesures de jauges, de couvre feu ou de confinement, ce serait disproportionné. En revanche, les circonstances exigent un effort individuel et collectif", a déclaré le Premier ministre.

Protocole sanitaire renforcé à l'école

L'exécutif a finalement décidé de ne pas avancer les vacances scolaires, alors que la piste était envisagée. Mais le protocole sanitaire à l'école doit être renforcé à l'école primaire. Le port du masque en intérieur et en extérieur doit être obligatoire dès l'école élémentaire, et les activités physiques et sportives en extérieur, limitées. 

Télétravail : des efforts demandés

En ce qui concerne le télétravail, le Premier ministre a appelé à l'augmenter au sein des entreprises, lorsque c'est possible. "La cible doit être deux à trois jours de télétravail par semaine sous réserve des contraintes liées à l'organisation du travail et de la situation des salariés", a-t-il expliqué. Et d'ajouter: "Pour la fonction publique, le gouvernement autorise jusqu'à trois jours de télétravail par semaine. Si cela ne fonctionnait pas par la voie de la recommandation, [...] nous serions amenés à passer par celle d'une obligation".

Castex demande de limiter les rassemblements festifs et conviviaux 

Le chef du gouvernement a également appelé à limiter les évènements festifs et conviviaux dans la sphère privée ou professionnelle. "Mon message est très simple : jusqu'aux fêtes de fin d'année, on lève le pied, on arrête, on se protège et on protège ainsi notre capacité à profiter de Noël", a précisé Jean Castex. 

En ce qui concerne les marchés de Noël, le protocole sanitaire devrait limiter la consommation des produits alimentaires aux espaces soumis au contrôle du pass sanitaire. 

Fermeture des discothèques

Mesure la plus drastique, les discothèques doivent être fermées pendant les quatre prochaines semaines, dès le 10 décembre, le port du masque n'y étant pas possible. Quant aux bars et aux restaurants, aucun changement n'a été décidé en ce qui concerne le protocole sanitaire.

Macron donne sa conférence de presse

Tandis que l'exécutif met tout en œuvre pour éviter un nouveau reconfinement à quelques mois de l'élection présidentielle
Emmanuel Macron se prépare à sa conférence de presse du jeudi 9 décembre. Durant cette prise de parole, il énumérera les priorités de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, qui débute le 1er janvier 2022 pour une durée de six mois.

Gabriel Attal : "Rien ne peut être exclu"

Serons-nous confinés à Noël? Gabriel Attal a prévenu au micro de RMC, le 2 décembre: "Rien ne peut être exclu". Toutefois, le porte-parole du gouvernement a tenu à rassurer: "Aujourd'hui, il n'y a aucune raison de penser que les Français ne pourraient pas passer Noël en famille (...) Parce qu'on prend des mesures, parce que la campagne de vaccination et de rappel s'accélère, on peut passer les fêtes. Parce qu'on fait tous plus attention aux gestes barrières, parce qu'on a renforcé le pass sanitaire pour le rendre encore plus incitatif avec un test qui n'est maintenant valable que 24 heures, on peut traverser Noël sans avoir à reprendre de mesures", 

L'Allemagne annonce de nouvelles mesures pour les non-vaccinés

L'Allemagne resserre la vis. Face à la reprise de l'épidémie, le pays d'Outre-Rhin interdit désormais aux non-vaccinés de se rendre dans de nombreux lieux publics, tels que les commerces non-essentiels, les boites de nuit, les restaurants, les stades ou encore les salles de concert. Les jauges sont d'ailleurs de nouveau instaurées à certains endroits, comme lors des grands rassemblements, la fréquentation devra être limitée à 30 % de la capacité totale d'accueil.

"Une semaine de contention" au Portugal 

Quant au Portugal, il a été a annoncé qu'une "semaine de contention", du 2 au 9 janvier 2022, y serait imposée. Les écoles, bars et discothèques seront fermés, et le télétravail sera obligatoire. Toutefois, les restaurants et les commerces devraient être autorisés à ouvrir.

Véran : "Il n'y a aucune fatalité" face au coronavirus

"Oui, La France connaît à son tour une cinquième vague. Oui, elle sera sans conteste, plus forte et plus longue que celle survenue cet été", a déclaré Olivier Véran dans sa conférence de presse du 25 novembre. Mais le ministre de la Santé a tenu à rassurer les Français, assurant qu'il n'y avait "aucune fatalité" face à l'épidémie. "Je ne vous annoncerai ni confinement, ni couvre-feu, ni fermeture anticipée des commerces, ni limitation de déplacement", a promis Olivier Véran. Et d'ajouter: "Nous considérons encore aujourd'hui que nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants".

Véran annonce de nouvelles mesures

Le ministre de la Santé a annoncé que le pass sanitaire ne serait plus actif sans 3e dose, dès le 15 janvier, pour les Français entre 18 et 65 ans. 
Quant au port du masque, il doit être de nouveau obligatoire dans les lieux clos publics, tels que les restaurants ou salles de spectacle. En extérieur, il pourrait également être interdit de se déplacer sans masque lors de grosses affluences, comme "les marchés de Noël ou les brocantes", a-t-il précisé.

Attal veut "sauver les fêtes de fin d'année"

Un conseil de défense s'est réuni le 24 novembre avec Emmanuel Macron. Le 24 novembre, Gabriel Attal, a, lui, alerté les Français lors de sa conférence de presse, appelant à "sauver les fêtes de fin d'année". Trois pistes doivent être explorées pour combattre la nouvelle vague de coronavirus, à savoir un "renforcement des mesures barrières et du port du masque, en intérieur et en extérieur", un "renforcement du pass sanitaire pour mettre davantage de contrainte sur les non-vaccinés que sur les vaccinés" et "l'accélération de la campagne vaccinale". Plus de 30 000 cas de coronavirus ont été recensés le 23 novembre, un seuil qui n'avait pas été dépassé depuis le mois d'août.

Bientôt un confinement ? "On ne peut pas l'écarter"

Un confinement se profile-t-il à l'horizon? "On pensait qu'on en aurait plus besoin. Mais compte tenu de ce qui se passe chez nos voisins proches, on ne peut pas l'écarter", a déclaré le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste, sur BFMTV. Rappelons que l'Autriche a instauré un confinement généralisé et les Pays-Bas, un confinement partiel, avec une fermeture des bars et restaurants à 20h et l'instauration d'un pass sanitaire, entre autres. La Belgique, elle, interdit aux personnes non-vaccinées d'accéder à de nombreux lieux publics, dont les bars et restaurants.

Confinement des non-vaccinés ? Macron tranche

Faudra-t-il confiner les non-vaccinés en France? "Cette mesure n'est pas nécessaire en France. Les pays qui confinent les non-vaccinés sont ceux qui n'ont pas mis en place le pass", a précisé Emmanuel Macron dans La Voix du Nord. Le président de la République a toutefois précisé que la troisième dose pourrait prochainement être nécessaire pour que le pass sanitaire soit valable. "S'il s'avère qu'une troisième dose est efficace et nécessaire pour les autres publics, on l'intégrera dans la logique du pass sanitaire", a-t-il expliqué.
Les chiffres en France ne sont toutefois pas rassurants. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 28 écoles sont fermées, dans le cadre du protocole sanitaire dans le pays, et 20 366 cas de coronavirus ont été recensés le 18 novembre.

Retour du télétravail ?

Le télétravail pourrait-il de nouveau être imposé, face à l'augmentation des cas de Covid-19? "Ce n'est pas envisagé aujourd'hui", a répondu la ministre du Travail Elisabeth Borne sur RMC. "90% des adultes sont vaccinés, nous avons d'autres armes (...) Il y a un protocole sanitaire très strict en entreprise qui impose notamment le port du masque dans les espaces de travail partagé", a-t-elle ajouté avant d'alerter toutefois: "Il y a eu un certain relâchement, j'appelle tout le monde se remobiliser. Nous allons augmenter les contrôles de l'inspection du travail".

L'Autriche confine toute sa population pour 20 jours

L'Autriche passe à l'étape supérieure. Après avoir annoncé un confinement des non-vaccinés dans le pays, le chancelier autrichien Alexander Schallenberg a fait savoir le 19 novembre que l'ensemble de sa population serait confinée dès le 22 novembre. Les vaccinés sont donc également concernés par cette décision, la plus stricte d'Europe depuis la nouvelle vague de Covid-19. Les régions de Salzbourg et de la Haute-Autriche avaient déjà décrété la veille un confinement généralisé pour les habitants de leur région. "Les États fédéraux les plus durement touchés par la quatrième vague tirent le frein d'urgence (...) En collaboration avec les Länder, le gouvernement décidera de nouvelles mesures à l'échelle nationale pour briser la quatrième vague", avait commenté sur Twitter le ministre de la Santé autrichien, Wolfgang Mueckstein.
La vaccination est également rendue obligatoire dès le 1er février. Il s'agit du premier pays de l'Union Européenne à choisir une telle mesure.
Plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays ces derniers jours pour protester contre le renforcement des mesures sanitaires.

Reconfinement des non-vaccinés : Pécresse approuve

Valérie Pécresse n'est pas contre un reconfinement sur le modèle de celui de l'Autriche. La présidente de la région Île-de-France a déclaré le 14 novembre, lors du débat de la droite sur BFMTV et RMC: "S'il y a une recrudescence de la pandémie qui met en danger des vies, je ne reconfinerai pas tous les Français. Les Français qui se sont fait vacciner ont pris leur responsabilité, j'envisagerais le reconfinement uniquement des non-vaccinés". Une opinion que semble partager Xavier Bertrand: "Je ne reconfinerai pas tous les Français parce que certains ne veulent pas se faire vacciner".

La France peut-elle (vraiment) confiner les non-vaccinés ? 

Mais dans les faits, la France pourrait-elle reconfiner les non-vaccinés et laisser les autres circuler librement? Rien n'est moins sûr, selon Jean-Philippe Derosier, professeur en droit public et spécialiste en droit constitutionnel, qui a expliqué à L'Obs: "Pour confiner sa population non vaccinée, le président de la République devrait décréter un retour à l'état d'urgence sanitaire pour un mois, au bout duquel le régime ne se prolongerait que par le vote d'une loi". Pour l'instant, la France est sous un régime "de gestion de la sortie de crise sanitaire", qui permet d'instaurer certaines restrictions, mais pas un confinement ni un couvre-feu.
Mais même dans le cas où la France serait de nouveau sous un régime d'état d'urgence sanitaire, le chef de l'Etat ne pourrait probablement pas confiner uniquement un pan de la population (en l'occurrence les non-vaccinés), à moins de changer la constitution, ce qui parait peu envisageable à quelques mois de l'élection présidentielle. "Le régime d'état d'urgence sanitaire ne permet de différencier les populations qu'en fonction du territoire où elles résident, jamais en fonction de leur statut vaccinal, ni d'autres caractéristiques individuelles, telles que l'âge, par exemple. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le gouvernement a décidé de ne pas confiner les seules personnes âgées lorsqu'il en a été un jour question", a développé Jean-Philippe Derosier.

"Rien ne justifie un nouveau confinement"

"Rien ne justifie aujourd'hui un nouveau confinement", a déclaré Marine Le Pen au micro de Franceinfo, le 15 novembre. La présidente du Rassemblement National a d'ailleurs exprimé son désaccord face à la décision de l'Autriche de confiner les non-vaccinés: "On s'aperçoit que le vaccin est une protection individuelle et pas collective. Il n'empêche pas la transmission du virus. Il n'y a aucune raison aujourd'hui d'envisager quelque confinement que ce soit".

"Il faut tout faire pour éviter un nouveau confinement"

"Il faut tout faire pour éviter un nouveau confinement. Que chacun prenne ses responsabilités", a martelé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, sur BFMTV, le 15 novembre. Malgré tout, en cas où de nouvelles mesures "coercitives" seraient mises en place, il a assuré que l'Etat serait "aux côtés des commerçants, des artisans, des professionnels".
Le ministre de l'Economie a également tenu à rassurer sur la situation: "Il y a un an à la même période, on se demandait comment décaler le Black Friday pour ne pas rassembler trop de personnes dans une période de soldes. Aujourd'hui, la situation est bien meilleure".

"Aucun confinement n'est prévu"

Gabriel Attal a également tempéré, au micro de France Inter, le 16 novembre: "Par définition, on n'exclut rien par principe. Mais aucun confinement n'est prévu aujourd'hui ni de près ni de loin (...) On a une situation qui est moins dégradée que celle de nos voisins européens mais évidemment il y a une vigilance absolue. On peut traverser l'hiver grâce à la couverture vaccinale et grâce au passe sanitaire qu'on a mis en place très tôt".

Un "démarrage de vague"

Olivier Véran a lui aussi décrit la situation sanitaire auprès de Ouest-France: "Nous ne sommes pas encore dans une phase dite exponentielle, mais nous sommes très clairement dans un démarrage de vague. Cette vague est européenne. La France n'y échappe pas, même si nous la subissons de façon retardée et même très retardée par rapport à beaucoup de nos voisins du fait de notre bonne couverture vaccinale et du passe sanitaire".